CHAPITRE II
OWXIOS DE l’abbé LACORDAIRE sur les SOURDS-HEETS. — SUPÉRIORITÉ DE LA PAROLE SCR LA mMIQCE.— LA MÛIIQDE JCCÉE PAR l’aBBÉ CARTOS. — NÉCESSITÉ DE TRAITER l’oCÏE ET l’aPPAREIL VOCAL. — POSSIBILITÉ DÉ DÈVÈLÔPPÉR 00 DÉ
RENDRE l’oUÏE ET LA PAROLE. - CRÉATION A l’iNSTITDÎIOS NATIONALE DE
PARIS d’dNE place DE CHIRCRGIEN POOR CETTE SPÉCIALITÉ. — OBSTACLES A SORMONTER. — MISSION EN BELGIQCE ET EN ALLEMAGNE.— TEMPS A CONSACRER
A l’ÉTCDE DE LA PAROLE. - OTILITÉ DES EXTERNATS PÔCR LES SOORDS-
MCETS. — ORGANISATION TICIEDSE DES GRANDES INSTITÜTIONS SPÉCIALES. — IS- TLDENCE DE l’iMITATION ET DE l'hABITCDE SUR l’AGOCISITION DE LA PAROLE. — eOELQlES EXEMPLES.
Opinion de M. l'abbé Lacordaire ,sur les sourds-muets.— Supériorité de la parole sur la mimique.
Si nous demandons l’extension de la parole dans l’édàcalion du sourd-muet, ce n’est pas que nous ajoutions une foi plus explicite qu’elle ne mérite aux paroles d’un célèbre dominicain, M. l’abbé Lacordaire, qui s’exprimait ainsi, en avril 1836, dans ses conférences de Notre-Dame : « L’intelligence du sourd-muet est en rapport seulement avec le monde visible. Il peut, sans doute, recueillir. Combiner des images, mais il ne possède pas d’idées générales, car ce n’est que par l’intermédiaire de la parole (pie les idées éternelles dèseendent de Dieu dans l’inlelligcnce humaine ! ! . »
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Mais ce qu’il faut bien considérer, c’est qu’au sortir de l’Institution nationale, la langue mimique ne peut être utile aux sourds-muets que dans leurs rapports, soit avec les membres de leur famille, soit avec des amis qu’ils voient journellement ; et qu’à cette époque, ces malheureux préfèrent à tout autre ce langage qui est le seul dont ils ont fait usage durant le temps de leurs études.
Cette habitude, cette disposition tend à les éloigner de plus en plus et les éloigne, en effet, de la société des parlants. Et puis, on s’étonne des préjugés que les parlants nourrissent à l’égard des sourds-muets ? Mais ne serait-il pas plus logique, plus humain, de délier la langue à ces derniers dans nos établissements et de les préparer à entrer dans la société, pourvus du langage articulé dont ils ont besoin tout le reste leur vie? Par là leurs relations deviendraient plus faciles et plus nombreuses.
Nous ne contestons pas à la mimique son rôle, son utilité dans l’édueation du sourd-muet; seulement nous voulons qu’elle ne serve que comme moyen de développer l’intelligence , et que la parole soit le but principal vers lequel se dirigent ses études.
La mimique jugée par l’abbé Carton.
Voici comment M. Carton , directeur de l’Institution des sourd -muets de Bruges, apprécie et juge la mimique (1):
* Les sourds-muets pensent, dit-il, et s’expriment d’abord avec des signes ; et leur intelligence est ordinaire-
(1) M. l’abbé Carton, L« sourd-muet et l'aveugle, pag. 5i.