‹ La surdi-mutitéChapitre 76 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE.-CH APURE If · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE.-CH APURE If

ment peu développée parce que rinstrument avec lequel ils pensent et s’expriment est très imparfait ; il manque de précision, il n’a ni conjugaison , ni logique de proposition.

» Les signes ont toujours beaucoup de vague; ils ne sauraient marquer les valeurs des mots analogues, improprement considérés comme synonymes. Rien aussi dans la langue des signes n’est bien défini ; la plupart de ces signes s’appliquent en même temps à des idées tout-à-fait distinctes .

» Nous prêtons par nos langues à la plupart des objets une unité et une simplicité qu’ils ne possèdent pas en réalité, et ceci est un des plus importants avantages de nos langues. Ainsi , pour exprimer un lieu où il y a beaucoup de maisons, d’églises, de rues, de places, le seul mot de ville nous suffit. Dans la langue mimique, il faudrait nécessairement un appareil prodigieux de pantomime. On forme facilement, à l’aide désignés, des descriptions, des tableaux, mais qui ne seront jamais des signes intellectuels.

» Si l’on veut les réduire pour en faire un seul signe, en conservant toutefois tout ce qu’on peut de l’analogie qui auparavant en faisait une sorte de peinture mimée, on égarera avec eux plutôt l’intelligence qu’on ne la conduira, et, réduits, ces signes ne seront compris que par ceux qui les auront appris , de manière que , malgré la petite analogie qu’ils ont conservée , ils auront en même temps tous les désavantages des signes arbitraires. »

» ün jour, dit ce savant directeur, j’assistais à Paris aux prières accoutumées du soir, mimées par un sourdmuet en présence de tous ses condisciples, et, malgré

toute mon attention, je n’en saisissais aucune expression ; j’étais loin d’être étonné , cependant , quand un professeur de l’Institution m’avoua qu’il ne savait pas ce qu’ils disaient par leurs signes, car tel est toujours le langage des signes j vague et obscur, si on s’en sert pour réciter le moindre discours , quelque énergie qu’il ait pour exprimer une passion de l’âme. »

Nécessité de traiter l’ouïe et l’appareil vocal. — Possibilité de’ développer ou de rendre i’oule et la parole.— Création à l’Institution nationale de Paris d’une place de chirurgien pour cette spécialité. — Obstacles à surmonter. — Mission en Belgique et en Allemagne.

De tout ce qui précède que résulte-t-il , sinon que la mimique doit être employée comme un moyen auxiliaire propre à développer l’état moral et intellectuel, mais que , si l’éducation se bornait là , le but serait manqué.

L’éducation du sourd-muet ne saurait, en effet, avoir uniquement pour objet le développement de son intelligence ; il faut encore qu’elle se propose de lui assurer dans l’avenir des rapports avec la société. Comment obtenir ces derniers résultats, si ce n’est en créant des moyens de communications faciles entre le parlant et le sourd-muet , et en dotant ce dernier de la parole toutes les fois que cela est possible. J’ajouterai que c’est un acte de cruauté aussi inexcusable de priver le sourd-muet de la parole et de l’ouïe quand on peut les lui donner , que de ne pas rendre la vue à un aveugle lorsque son affection est susceptible d'être guérie.

Mais que fait-on dans les établissements modèles pour encourager de pareilles tentatives? Bien, ou presque rien.

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