QUATRIÈME PARTIE.-UHAPITRE IV
introduire dans l’appareil digestif , pour fournir les matériaux nécessaires au développement et à l’accroissement du corps, est d’une extrême importance pour arriver à former une bonne constitution et un bon tempérament.
La qualité et la quantité des aliments doit , en général, être toujours en rapport avec Page , la constitution , le tempérament du sujet et les exercices auxquels il se livre d’habitude.
De ce qui précède il résulte que les conditions dans lesquelles se trouvent les élèves de nos écoles exigent une alimentation des plus réparatrices, propre à combattre ou à atténuer les effets des mauvaises dispositions de leur économie.
Des trois règnes de la nature, il en est deux seulement (jui fournissent à l’homme des aliments; ce sont les végétaux et les animaux. Les corps inorganiques ne peuvent lui servir que de condiments ou de médicaments.
Les substances tirées du régne animal, se rapprochant le plus de la nature de nos tissus, ^jouissent de propriétés nutritives à un plus haut degré que les substances végétales. Elles ont, de plus, l’avantage de former un fluide assimilable à notre économie, et doivent, par conséquent , être choisies de préférence pour devenir la base principale de l’alimentation de nos jeunes sourdsmuets.
Malheureusement nous sommes forcés de blâmer la manière dont le régime alimentaire est réglé dans l’école de Paris.
Les élèves, en été comme en hiver, se lèvent à cinq heures ou à cinq heures et demie. Après avoir procédé à
leur toilette , ils descendent dans les salles d’études où ils travaillent jusqu’à sept heures. Alors ils reçoivent un morceau de pain sec pour déjeuner, et pour toute boisson de l’eau; une demi-heure après, ils se rendent dans les ateliers, où ils travaillent jusqu’à dix heures.
A dix heures, les professeurs ouvrent leurs classes et achèvent à midi leur enseignement du malin. C’est en ce moment que commence le premier repas sérieux du jeune sourd-muet , qui a passé ainsi sept heures de la journée avec un peu de pain et d’eau , pain qu’il n’a ttiêmc pas le temps de digérer.
On nous objectera, sans doute, que c’est là aussi le régime des collèges et qu’on n’y en suit pas d’autre. A cèîa nous répondrons que les élèves parlants des lycées reçoivent, presque tous, des provisions de leurs parents qui, pour la plupart, sont riches, ou qu’ils prennent à l’infirmerie du bouillon, du chocolat, etc., etc., etc. , tandis que les sourds-muets, appartenant, pour le plus grand nombre, à des familles pauvres, ne sauraient se procurer ces agréments de première nécessité.
Nous blâmons, du reste, le règlement des collèges où ce régime est suivi; nous le blâmons comme étant des plus contraires à la santé générale des enfants. C’est pendant ces premières heures de la journée que l’estomac aurait besoin de substances réparatrices. Comment , à fortiori , n’a-t-on pas réfléchi que des enfants comme les sourdsmuets, doués en général de mauvaises constitutions, ne peuvent rester un temps si long à la diète? car nous n’osons pas sérieusement faire entrer en ligne de compte ce misérable morceau de pain qu’on leur a délivré le matin avec permission de boire de l’eau à satiété.