‹ La surdi-mutitéChapitre 88 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE.— ÜIAPITRE IV · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE.— ÜIAPITRE IV

Aussi voyons-nous souvent ces malheureux pâles , étiolés , souffreteux , venir le matin, au moment de notre service, se plaindre à nous de douleurs d’estomac que leur occasionne la mauvaise digestion de ce morceau de pain arrosé d’eau.

Nous espérons que , prenant en considération ce que nous croyons de notre devoir d’exposer ici , l’administration de l’établissement s’empressera d’apporter un remède aux vices hygiéniques que nous signalons , en faisant donner , chaque matin, un potage à ces pauvres enfants.

L'n autre repas a lieu le soir à sept heures et demi. Nous voudrions que des viandes rôties ou grillées , du bœuf ou du mouton, formassent la majeure partie des mets servis à nos élèves, et que les légumes, les ragoûts, les viandes bouillies leur fussent donnés en moins grande quantité.

Habitation. —Infirmerie.— Sœurs de charité. .

Il ne nous reste plus, pour achever cette question d’hygiène , que de dire un mot de l’habitation.

L’Institution de Paris , sous le rapport du site où elle s’élève , réunit , sans contredit , les meilleurs conditions hygiéniques. Les dortoirs des garçons sont vastes et bien aérés. Nous aimerions seulement à voir des divisions plus nombreuses établies dans ces grandes salles , de façon que les plus jeunes élèves ne continuassent pas à être confondus avec ceux d’un âge plus avancé. Deux divisions ne nous paraissent pas suffire. -

Si nous passons à la maison des filles , nous trouvons que dans un certain dortoir les üls sont trop rapprochés,

et les plafonds d’un mètre trop bas pour pouvoir offrir à nos jeunes sourdes-muettes toutes les conditions hygiéniques désirables. Nous savons bien que l’administration s’est occupée à placer ici des bouches d’appel pour remédier, autant que possible , à ces vices de construction ; mais cela ne nous paraît pas encore suffisant.

L’infirmerie de l’Institution doit , d’année en année , depuis son origine, être confiée à des religieuses ; nous appelons, de tous nos vœux, cette réforme qui , à notre avis, ne saurait souffrir un plus long ajournement. C’est à ces saintes femmes, qui consacrent leur vie au soulagement des malheureux et des malades, que doit appartenir, de préférence, le soin de veiller à la santé de ces pauvres enfants que leur infirmité rend si dignes d’intérêt. Continuer à les confier à des mains mercenaires , c’est prendre trop peu de souci de leur santé.

L’économie que l’administration prétend réaliser en se privant des soins vigilants des bonnes sœurs, n’est pas à nos yeux une excuse admissible.

L’Institution de Bordeaux, nos lycées, nos collèges, bien d’autres établissements encore moins considérables que le nôtre, ont leurs infirmeries tenues par des religieuses. Comment l’établissement modèle de Paris fait-il exception à la règle générale ?

Tous ces points divers sont, on le voit, à réglementer; mais les jours s’écoulent, les abus se perpétuent, il faut, sans retard, changer cet état de choses.

Un mot maintenant , avant d’aller plus loin , sur la position du sourd-muet avant son entrée dans les Institutions , pendant les années qu’il y passe, et dans celles qui s’écoulent après qu’il en est sorti.

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