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une instruction supérieure; l’inspecteur médical tiendra compte principalement du degré d’intelligence de l’élève, de la possibilité de lui rendre l’ouïe et la parole, ou la parole seulement et la faculté de la lire sur les lèvres.
7“ En évaluant le nombre des sourds-muets français à 22,000, soit i sur -1,500 habitants pour la population entière, qui est de 35,401 ,761, le chiffre des enfants de 5 à 12 ans, formant le 5' environ de ces infortunés, donnerait un ensemble de 4,400, de l’éducation et de l’instruction desquels le gouvernement aurait à s’occuper.
8” Enportantà 100 le nombre des élèves, garçons et filles, qui composerait chaque internat, 22 internats suffiraient amplement, et le chiffre total du budget de chacun pourrait réunir les éléments de prospérité qu’une institution moins considérable ne permettrait pas d’atteindre sous le double rapport de l’enseignement intellectuel et professionnel.
9° Nous n’avons porté le chiffre des élèves à admettre dans chaque internat qu’à 100, attendu que nous estimons que l’autre moitié, au moins, pourrait terminer son éducation dans des écoles primaires mixtes, ou dans des externats spéciaux affectés à cet enseignement.
lO’ D’après notre plan, il faudrait, dans toutes les villes dont la population s’élève de 15 à 20,000 habitants, établir un externat de sourds-muets, qui recevrait les filles et les garçons, mais dans lequel les sexes seraient constamment séparés, si ce n’est dans les petites localités, en faveur desquelles des exceptions pourraient être admises, attendu que le nombre de filles sourdes-muettes est inférieur à celui des garçons dans la proportion à peu près de 3 à 5. S’il existait un internat spécial dans la localité, on y annexerait l’externat, Dans les villes dont la popu-
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lation est plus considérable, on établirait un nombre d’cxternats en rapport avec celui des élèves aptes à l’instruction et on les disséminerait de manière à en rendre la fréquentation facile, et à ce que l’éducation supérieure pût y être donnée.
11“ Les enfants seraient admis dans ces divers établissements à cinq ans, et même dans un âge plus tendre, toutes les fois que cela serait possible.
Il faudrait que l’âge d’admission dans les institutions ne fût pas limité , comme aujourd’hui, à quinze ans, mais toléré jusqu’à vingt pour les internats , et facultatif pour les externats.
12“ Le nombre des élèves confié à chaque profeseur dans les externats et internats de sourds-muets, ne devrait pas dépasser dix à quinze.
13. Ils pourraient terminer leur éducation dans les externats , y recevoir même une instruction supérieure ou être envoyés par les inspecteurs dans les établissements spéciaux.
14“ Dans les externats, on associerait, autant que possible, l’apprentissage d’une profession à l’éducation intellectuelle et morale.
15“ De même , dans les internats , aussitôt que leur âge et leurs forces le permettraient, les élèves seraient exercés aux professions jugées le plus en rapport avec leur goût, l’état de leur santé, leur condition sociale, et les plus propres à améliorer leur constitution physique.
Les professions qu’on choisirait de préférence pour les filles comme pour les garçons , seraient celles où les yeux ont à jouer un rôle plus actif, et qurprometlraient aux sourds-muets un avenir plus heureux.
16“ Le temps des études, soit professionnelles, soit
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intellectuelles, ne devrait pas être limité à tel ou tel nombre d’années comme aujourd’hui , mais basé sur la capacité et les progrès de chaque élève; on veillerait surtout à ce que, au sortir de l’externat ou de l’internat, il fut assez instruit, assez exercé, pour pouvoir entrer dans un atelier comme ouvrier, et vivre du produit de son travail.
17° Les ateliers du gouvernement et les emplois dont il dispose, sont assez nombreux , assez variés, pour qu’il soit possible d’y admettre les sourds-muets dont les études sont terminées.
18° A moins d’empêchements sérieux ou d’incapacité notoire , il serait à désirer que cette porte leur fût toujours ouverte. Dans ce dernier cas , le malheureux inhabile à exercer une profession , devrait obligatoirement retomber sous la protection de l’État.
19° Il faudrait que l’entrée des hospices ne fût jamais refusée aux sourds-muets infirmes , à ceux qui sont âgés de soixante ans, à tous ceux, enfin , qui ne sauraient pourvoir à leur existence. La commune, le département et l’État se diviseraient par égales portions cette dépense. Si la première se trouvait dans l’impossibilité d’y faire face, elle resterait à la charge des deux autres.
Pour ce qui concerne les sourds-muets des colonies , elle incomberait par moitié à la charge de la commune et de l’État.
20° Les jeunes gens qui aspireraient à devenir professeurs de sourds-muets dans les externats ou internats spéciaux , devraient se présenter munis d’un diplôme de bachelier-ès -lettres et d’un certificat constatant qu’ils ont passé deux ans au moins dans ces établissements , comme élèves-professeurs.
21° Les instituteurs qui, dans les villes, se destineraient à la direction, soit des. écoles mixtes de parlants et de sourds-muets, soit des externats spécialement affectés à cet enseignement, devraient être tenus, s’ils n’a, valent pas été attachés à un externat ou internat spécial, d’aller passer une année dans un de ces établissements, avant d’obtenir le brevet de capacité nécessaire pour aspirer à ces fonctions.
22° Quant aux instituteurs des communes rurales, ils recevraient, pendant la dernière année de leur séjour à l’école normale primaire, les notions indispensables à cet enseignement.
23° Une commission, composée d’un inspecteur des études, d’un directeur d’institution spéciale, et de trois professeurs de sourds-muets, désignés par le sort, procéderait à l’examen des candidats qui se destinent à «it enseignement et aspirent au brevet de capacité. Ce n’est que muni de ce brevet, qu’on aurait droit aux places de chefs d’institutions et de professeurs dans les externats et les internats qui relèveraientdu Gouvernement.
24° Il serait admis, en principe, dans toutes ces écoles, externats ou internats, que l’enseignementdela parole serait général et obligatoire pour tous les élèves qui se montreraient susceptibles de profiter de ce bienfait;que la mimique et la dactylologie n’y seraient employées que comme moyens transitoires, aptes à favoriser les premiers développements moraux et intellectuels de l’élève ; mais que tous les efforts dans les classes, les études, les ateliers, les récréations, etc., devraient tendre à ce qu’il pût, à la fin de son éducation , se servir de la parole dans toutes ses relations sociales.