‹ La surdi-mutitéChapitre 97 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE.-CHAPITRE V · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE.-CHAPITRE V

25“ La surdi-mutité , alors même qu’elle est congéniale, n’est pas toujours incurable , ainsi que nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le démontrer. Cette infirmité ne saurait être considérée comme morbide, et c’est pour l’avoir jugée ainsi, trop longtemps, que les moyens empiriques dont on s’est servi pour la combattre , ont donné de si tristes résultats.

Il est donc indispensable de mettre à la disposition du chirurgien, spécialement chargé, dansces établissements, du traitement de la surdi-mutité, tous les agents dont il peut avoir besoin pour développer l’ouïe et l’appareil vocal chez les élèves, et pour leur faciliter l’enseignement de la parole.

26“ Le médecin et le chirurgien des institutions spéciales devront être consultés pour l’hygiène à faire suivre aux enfants , pour les professions à leur donner, et pour les exercices variés de gymnastique auxquels ils devront être tous également soumis.

27“ En attendant des réformes plus larges, il existe dans nos écoles trois catégories d’élèves dont il est utile de s’occuper d’une manière distincte.

La première se compose de sujets auxquels leurs capacités intellectuelles permettent de recevoir une éducation supérieure qui ne saurait leur être refusée.

Cette catégorie pourrait être formée de deux divisions distinctes :

1“ Celle des sujets offrant les conditions requises pour recouvrer l’ouïe et la parole, ou la parole seulement et la faculté de la lire sur les lèvres. {Classe supérieure efentendanls-parlants et de parlants) .

2" Celle des élèves qui, quoique doués d'une intelligence apte à participer à l’enseignement secondaire , n’ont pas été admis à l’étude de la parole, ou qui présentent, soit des vices organiques de l’appareil vocal, soit une altération de la vue qui ne leur ont pas permis d’acquérir la parole et la faculté de la lire sur les lèvres à un assez haut degré pour continuer leur éducation à l’aide seulement du langage articulé. Ces élèves recevraient ce complément d’instruction par l’intermédiaire de la mimique, de l’écriture, etc., etc., et des autres moyens en usage. Toutefois on devrait, à l’égard de ces derniers, les exercer, pendant la durée de cet enseignement supérieur, à l’articulation , de façon qu’ils pussent, à la fin de leurs études , se servir de la parole dans la plupart de leurs relations sociales. {Classe supérieure de sourds-muets.)

La deuxième catégorie se compose de sujets qui ont des dispositions à recouvrer l’ouïe et la parole.

Diverses commissions académiques ont pu se convaincre que, sur 4 ou 5 sourds-muets, un, au moins, est apte à recevoir ce double bienfait , dont il serait inhumain de lui refuser la jouissance.

Il faudrait donner, dans les institutions spéciales, à la culture de l’ouïe et à l’enseignement du langage articulé, tout le développement qu’il comporte, de façon que les enfants demi-muets et demi-sourds-muets qui n’ont pu, à cause de leur infirmité, puiser l’enseignement commun dans une école de parlants, arrivassent, en partie du moins, après avoir reconquis l’usage de la parole, à y entrer pour achever leurs études.

En agissant ainsi, on n’aurait plus à craindre de voir dcg

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