QUATRIÈME PARTiE.-CHAPlTRE V. m
enfants, entrés rfemi-mwers dans les institutions spéciales du gouvernement, en sortir à peu-prés entièrement muets, et ne pouvant plus se servir dans leurs relations que du langage mimique.
La troisième catégorie se compose de sujets qui, bien qu’incurables sous le rapport de l’audition, présentent des dispositions à acquérir la parole et à la lire sur les lèvres d’autrui, de façon à pouvoir rentrer dans la société, au sortir des écoles, privés de l’ouïe, mais ayant la faculté de parler.
A cette classe il faudrait donner par le tact des notions physiques, morales et intellectuelles du son, suivant les principes que nous avons posés.
28“ Les instituteurs ruraux qui dirigeraient des écoles mixtes de sourds-muets et de parlants, recevraient de leur commune une allocation qui ne pourrait s’élever à moins de 450 fr.
20“ Dans les grandes villes, les appointements de l’instituteur placé à la tête d’un externat de sourds-muets ne pourraient pas être inférieurs à ceux d’un instituteur communal de première classe.
30“ Dans les villes où l’instituteur tiendrait une école mixte, il recevrait une allocation qui serait, au moins, de 200 fr. et qui pourrait être portée à un chiffre supérieur, selon le nombre des élèves.
31“ Dans les villes où siègent les trois facultés de médecine et dans celles même où il existe des écoles secondaires, les étudiants pourraient être admis à visiter les établissements spéciaux de sourds-muets une, fois par semaine, et à puiser dans les leçons du docteur dirigeant
190 LliGlSLATIOiN.
ie iraitementde ici surdi-mutilé , les moyens de prévenir et de combattre cette infirmité.
Ainsi, ies écoles spéciales ne seraient plus seulement destinées à l’éducation élémentaire et complémentaire des élèves et à la formation des professeurs de sourds-muets, mais elles deviendraient des cliniques affectées au traitement et à l’enseignement médical de cette infirmité, où les médecins étudieraient une science qu’il leur est impossible d’acquérir ailleurs.
L’Institution de Paris, conservant toujours son caractère d’école centrale, serait, tout à la fois, une institution élémentaire et d’enseignement supérieur pour les élèves sourds-muets, et un élablissementdestiné àformer des professeurs et des médecins pour cette spécialité.
32° Le gouvernement exigerait que tout médecin, désirant être attaché à un établissement de sourds-muets, présentât des certificats prouvant qu’il a étudié, une année au moins, dans une clinique spéciale pour la surdité et la surdi-mutité, ou suivi les cours qui se feraient dans les institutions de sourds-muets; on exigerait, en outre, une connaissance assez étendue de la langue de ces infortunés pour pouvoir communiquer avec eux.
33® Le médecin devrait examiner tous les enfants des écoles, désigner ceux que l’état de leur santé ne permettrait pas de soumettre à l’articulation, et travailler à rétablir l’ouïe et à développer l’appareil vocal et auditif chez tous ceux qui s’en montreraient susceptibles.
En guérissant les lésions organiques du sourd-muet, le médecin rendrait moins pénible la tâche du professeur d’articulation et conduirait l’enfant à l’usage d’une parole facile et claire.