‹ La surdi-mutitéChapitre 99 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE. -CHAPITRE V · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. -CHAPITRE V

34“ Dans tous les établisscnienls destinés à l’éducation des sourds-muets l’appareil auditif et l’appareil vocal seraient cultivés avec soin par un médecin toutes les fois que cela serait possible.

Les instituteurs habitueraient les élèves qui ont conservé un reste d’audition et ceux qui ont recouvré l’ouïe, à développer cet organe au moyen de mots , de phrases , et, plus tard, de conversations échangées entre eux par l’oreille. {Exercice mutuel d’audition de la parole.)

Il serait nécessaire, pour obtenir cesrésiiltats , de consacrer plusieurs heures, au moins, chaque jour, aux exercices d’articulation, en suivant l’exempîe des écoles d’Allemagne où elle est cultivée avec le plus de succès.

35° Un cours de droit usuel serait annexé à tout établissement spécial dans lequel est donnée une instruction supérieure. Il rendrait à ces infortunés l’immense service de les instruire de leurs devoirs et de leurs droits (1).

36“ Un cours d’hygiène usuelle serait aussi d’une grande utilité dans ces mêmes établissements (2).

3““ Toutes les charges créées par ce vaste système d’enseignement spécial seraient supportées en tiers par l’État, le département et la commune.

38° Dans le cas où cette dernière se verrait dans l’ira-

(1) Un premier cours de ce genre a éléfalt avec succès, en 1849, dans noire clinique, aux sourds-muets adultes, par M . Puybonnieux, professeur de l’Institution nationale de Paris, chargé de cette partie de l’enseignement complémentaire créé par notre société d’assistance.

(2) Nous avons ouvert, l’année dernière, pour la première fois, un cours de ce genre pour les sourds-muets adultes; et l’empressement qu’ils ont mis î» le suivre, nous a prouvé qu’il répondait à un besoin.

possibilité de payer le tiers auquel elle est imposée, ce tiers serait acquitté par l’État et le département.

39“ En supposant 22 institutions spéciales, renfermant chacune 100 élèves , on aurait un chiffre total de 2,200 individus et, en admettant que chacun des élèves coûtât 500 fr., la dépense entière de cet enseignement ne dépasserait pas 1,100,000 fr. Nous estimons que l’autre moitié de ces infortunés aptes à l’éducation la recevrait , soit dans les externats de sourds-muets, soit dans les écoles mixtes , ou que les parents pourraient acquitter le prix de leur pension.

En accueillant même l’hypothèse inadmissible qu’aucune famille ne consentît à ce sacrifice, et que 2,200 autres enfants, placés dans les externats, ou les écoles mixtes, coûtassent, en moyenne 50 fr. chacun, à la première dépense nous aurions à en ajouter une seconde de 110,000 fr., ce qui en élèverait l’ensemble à une somme de 1,210,000 fr.

40“ La pension des internats, évaluée, en moyenne, à 500 fr, par élève , pourrait être supérieure à ce taux dans les grandes villes, et inférieure dans les petites localités. De cette différence résulterait une compensation qui ne changerait rien au chiffre que nous avons fixé.

41“ De même, dans certains externats, l’instruction pourrait souvent revenir à moins de 50 francs , et nous en avons eu la preuve, à Paris même, dans celui qui a été fondé par notre société d’assistance.

42“ Actuellement les deux Institutions de Paris et de Bordeaux, avec celles des départements, contiennent ensemble de 15 à 1,000 sourds-muets seulement; elles coûtent au budget général de l’État une somme annuelle

Page 1