HÉRÉDITÉ DISSEMBLABLE
« La maladie nerveuse qui se transmet se transforme, a dit Legrand du Saulle (*); c"est ainsi qu'on voit se succéder, dans les mêmes familles, la manie, la mélancolie, l'imbécillité, l'idiotie. » « On risquerait de se faire une fausse idée de l'hérédité, écrivait Morel (2), si on ne l'envisageait au point de vue de ses transformations qui offrent un champ si vaste au pronostic et au traitement des maladies nerveuses. » « Les maladies du système nerveux., dit Féré (3). qu'elles se manifestent par des troubles psychiques sensoriels ou moteurs, offrent entre elles des affinités nombreuses, des points de contact multiples: et bien que dans ces dernières années, les études tant cliniques qu'anatomo-pathologiques aient multiplié les espèces, on peut dire qu'elles constituent une famille indissolublement liée par les lois de l'hérédité. Cette grande famille morbide n'est point complètement isolée des autres groupes pathologiques: mais ses alliances avec les dégénérescences et
Legraxd du Saulle. — La Folie héréditaire. Paris. 1873, p. ?. - Morel. — Traité des maladies mentales. Paris, 1860, p. 115. <") Férl. — La famille névropathique. Paris, 1893, p. 8.
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les maladies de la nutrition ne fonl qu'a fatalité de son évolution. I nrtont leur gravité
dans l'hérédité qui nous a eng - considmaladies du système nervefç dans leur ensemble, rassembler les membres te famille;
chacun d'eux, s'il est encore fécond, pe U les re\ duiretou8s et il indispensable - rde.
Il serait facile de multiplier les citations auteurs qui ont traita de la transmission h-réditaiie
es maladies nerv )ur affirm
qu'elle se fait d'une manière extrêmement variée. D une même famille de névropathes. 0:1 peut trouve) formes les plus dissemblables de maladiedans des vénérations success v -
Est-on autorisé à ranger la surdi-mutité famille névropathique ? Féré n'hésite pas à 1 « La surdi-mutité, dit-il ('), qui coïncide souvent Fépilepsie. soit chez l'individu, soit dans la famille. reconnaît souvent pour origine le même ; : ----- qui a provoqué les convulsions infantile- . R ver-Colla 1 avait déjà émis l'opinion <• que n'est pas - : l'aliénation proprement dite qui peut ^'engendre: hérédité. Les lésion^ cérébral-.- de tout gen:-. I tions nerveuses dont le siège et la nature sont mal connus, cerf aines maladies congénitales des org sens exercent parfois la même intluence. Moreau.
Fere. — La famille névropaUiiqu f r
Royer-Collard. — Rapport ;.. aie de médecine sur un
rapport de M. le D" Baillarger, intitulé : * Recherche- de la folie. » 1547. p. 10.
de Tours, reconnaît que la surdi-mutité a des rapports avec la folie, les convulsions, l'hystérie. Fépilepsie, le strabisme, les paralysies, les névralgies, les fièvres cérébrales, l'apoplexie, l'excentricité, les tics, le bégaiement et l'asthme.
Sauveur, en commentant une statistique dressée en Belgique, en 1835, avait reconnu que 5 0/0 des sourdsmuets avaient des parents ou des collatéraux atteints d'idiotisme ou d'aliénation mentale, et, en outre, 1 0/0 comptaient dans leurs familles des personnes atteintes d'épilepsie.
Lemcke a trouvé des cas de folie dans 33 familles sur 405 qui ont produit des sourds-muets, soit en moyenne 8 0/0. Mygind. dans ses recherches sur les sourds-muets du Danemarck, est arrivé à des résultats à peu près identiques. Ayant recherché les antécédents de 553 sourds-muets nés de 514 ménages, il a constaté des cas de folie clans 36 familles ayant donné naissance à 39 sourds-muets. Elle serait deux fois plus fréquente dans les cas congénitaux crue pour les surdi-mutités acquises. Lemcke, dans ses statistiques du Mecklenbourg-Schwerin, n'aurait trouvé à ce point de vue aucune différence entre les surdi-mutités acquises et les surdi-mutités congénitales.
Si l'on consulte le tableau VIII, où j'ai résumé mes observations, on peut voir que, dans les 81 familles des sourds-muets de naissance, la folie se rencontre 5 fois; 3 fois c'est la branche maternelle qui est atteinte (une fois la mère seulement, une autre fois la mère et un
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oncle maternel, une troisième lois, un oncle maternel). Dans les 2 cas fournis par la branche paternelle, on