‹ La surdi-mutitéChapitre 28 sur 86 · OREILLE MOYENNE · texte numérisé non relu

OREILLE MOYENNE

Tympan. — La membrane du tjnnpan peut ne présenter aucune modification pathologique, mais elle est souvent le siège des lésions les plus variées. Tantôt, elle est épaissie, adhérente à la paroi interne de la

l1) Cité par Mygïnd. Deaf Mutism., 1801.

(2) Cité par Mygind.

(*) Cité par Mygind.

(4) Hartmann/— Deaf Mutism., 1830.

(■s) Cité par Mygind.

(6) Cité par Mygind.

(7) Kerr Love. — Deaf Mutism. Glasgow, 1896, p. 95.

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caisse; tantôt, elle est dans une situation horizontale; tantôt, on constate des perforations ou des dépôts calcaires dans son épaisseur. Muller (99) (*) et Moos (67) ont signalé une ossification complète de cette membrane.

s lésions s'observent aussi bien chez les sourds de naissance que chez ceux qui doivent leur infirmité à des maladies de l'enfance. On a invoqué cet argument pour affirmer que la surdité congénitale était due à des affections de l'oreile survenues pendant la vie intra-utérine. Mygind combat cette opinion et n'ajoute qu'une importance minime à ces lésions tympaniques. Il pense que les oreilles des sourds-muets sont plus sujettes que celles des personnes normales aux inflammations banales et que ce sont les restes de ces processus morbides qu'on trouve dans les autopsies de sourds-muets de naissance.

Paroi interne de la caisse. — C'est sur cette paroi que se trouvent la fenêtre ronde et la fenêtre ovale qui font communiquer la caisse du tympan avec l'oreille interne.

Dans les cas de surdi-mutité acquise la fenêtre ronde manque très souvent ou est en partie obstruée par du tissu osseux. Ces lésions sont exceptionnelles chez les sourds-muets de naissance.il est probable que cette disparition de la fenêtre ronde est due à un processus ossifiant

(l) Les chiffres placés à la suite des noms propres indiquent les numéros d'ordre des relations d'autopsie figurant dans le tableau XII.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

résultant de l'inflammation de l'oreille moyenne, qui se serait ensuite propagée à l'oreille interne. Ce fait n'est pas douteux dans les cas qui reconnaissent pour cause occasionnelle une rougeole ou une scarlatine, mais s'explique plus difficilement lorsque c'est une méningite qui a provoqué la perte de l'ouïe. Dans une des dernières séances de la Société cTotologie de Paris (*), M. Lermoyez a communiqué quelques observations qui jettent un peu de lumière sur cette question. Il a vu. chez un de ses malades, une méningite cérébrospinale se produire quelques jours après Féclosion d'une otite moyenne assez banale, sans phénomènes inflammatoires graves et qui avait été bien traitée par les moyens ordinaires. Rien ne permettait de supposer qu'elle lut due à une propagation du processus de l'oreille moyenne aux méninges. De plus, la ponction lombaire et l'examen bactériologique ont révélé la présence des méningocoques. de sorte que le diagnostic de méningite cérébro-spinale était incontestable. Se basant sur ce cas et sur d'autres dans lesquels le point de départ lui a paru être l'un des sinus de la face, M. Lermoyez a émis l'hypothèse que la porte d'entrée de cette affection devait être recherchée dans l'oreille ou dans les fosses nasales. Il pense que l'examen de ces régions donnera des résultats positifs au début de la méningite cérébro-spinale. Si les faits signalés par M. Lermoyez sont confirmés, on aura la certitude que le processus inflammatoire, dans cette affection, suit Q)Arch, inlern. de laryngologue \v -, 1000, p. 140.

la même marche que dans la rougeole ou la scarlatine. et ainsi se trouvent expliquées les lésions constatées sur la paroi interne de la caisse, sans qu'on ait besoin d'invoquer, ainsi qu'on l'a fait jusqu'à ce jour, une propagation en sens inverse.

Dans la moitié des cas environ où Ton a trouvé une obstruction de la fenêtre ronde, il existait en même temps une fermeture de la fenêtre ovale soit par du tissu osseux, soit par du tissu fibreux. Uankylose de rétrier a été aussi très fréquemment constatée.

Le promontoire manque parfois ; cette disparition semble d"un assez grand intérêt, car elle peut indiquer parallèlement une absence congénitale du limaçon ; lorsque le promontoire existe, si l'on ne trouve pas en même temps la eochlée. il y a lieu de supposer qu'il s'agit d'un cas de surdi-mutité acquise. Cependant, quelques autopsies montrent que cette coïncidence n'est pas constante : une seule fois, on trouve signalée l'absence simultanée du promontoire et du limaçon, et encore, dans ce cas f Schallgruber 90 . la description très courte ne permet pas de tirer de conclusions certaines.

Les autres parois de la caisse peuvent être le siège de lésions ou de dépôts résultant des processus inflammatoires les plus divers pus. cbolestéatomes, etc. : mais ces lésions n'ont qu'un intérêt descriptif.

La chaîne des osselets est aussi très souvent le siège de modifications pathologiques qui sont la conséquence des suppurations de l'oreille moyenne. L'absence con-

ANATOMIE PATHOLOGIQUE l'il

génitale de tous les osselets est tout à fait exceptionnelle. Le seul cas où elle est signalée est celui de Montain (6); et certaines contradictions (aspect normal du tympan et absence du marteau) qui existent d;ms cette relation d'autopsie ne permettent pas d'y ajouter une créance absolue. Itard a cité deux cas dans lesquels tous les osselets manquaient, mais il s'agissait de processus destructifs très accentués qui expliquent facilement cette disparition.

L'enclume manque souvent,, soit seule, soit en même temps que rétrier. C'est l'osselet, du reste, qui disparaît le plus facilement dans les suppurations de la caisse, surtout lorsque le marteau qui le supporte est absent lui-même.

L'absence de Yètrier a été signalée fréquemment: sauf dans un cas de Michel, où elle résulte certainement d'une malformation congénitale, il est probable que cette disparition est due à des processus inflammatoires survenus pendant la vie.

h 'atrophie de la chaîne des osselets a été observée par plusieurs auteurs et semble provenir, dans la plupart des cas, de malformations congénitales. Des atrophies partielles ou des déformations de l'un ou de plusieurs osselets ont aussi été signalées plusieurs fois.

L'ankylose de la chaîne des osselets se rencontre avec une grande fréquence dans les autopsies de sourdsmuets ; elle ne diffère pas de celle qu'on observe dans la surdité progressive due au catarrhe chronique de

l'oreille ; il est peu probable que cette ankylose, si elle n'est pas accompagnée de lésions labyrinthiques, puisse causer la surdi-mutité.

Les muscles de la caisse du tympan manquent parfois, mais seulement dans les cas où l'on trouve des destructions étendues de celte région. Lorsque l'oreille moyenne n'est pas profondément atteinte, on ne constate aucune atrophie ni aucune lésion de ces muscles.

La corde du tympan manquait dans certains cas qui s'accompagnaient de délabrements étendus de la région. Triquet et Michel, cependant, ont signalé son absence chez 2 sourds-muets congénitaux qui n'avaient jamais eu de suppuration de l'oreille. Il est probable qu'il s'agissait d'une anomalie et que ce filet nerveux suivait un autre trajet.

Les cellules mastoïdiennes sont souvent le siège de lésions diverses (infiltration purulente, cholestéatomes, ossification de la cavité) résultant de la propagation des maladies de la caisse du tympan. Gomme ces cellules n'ont aucun rôle dans l'audition, leur anatomie pathologique n'offre ici qu'un intérêt accessoire. Il faut cependant signaler le cas de Michel qui a trouvé une absence totale de ces cellules coïncidant avec celle du limaçon et qu'il attribue à un arrêt de développement.

La trompe a'Eustache était, dans quelque cas, complètement fermée par du tissu osseux ou par du tissu fibreux.

En résumé, des lésions de l'oreille moyenne ont été constatées dans la moitié des cas de surdi-mutité con-

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génitale cl dans les deux tiers environ des surdimutités acquises. Ces modifications pathologiques semblent presque toujours résulter de processus inflam matoires on destructifs et ne présentent rien de parti culier. Elles seraient, d'une manière générale, insufïi santés pour produire seules la surdi-mutité. Cependant, l'ossification des deux fenêtres labyrinthiques, qui a été signalée dans quelques observations, paraît capable d'entraîner une surdité assez grave pour se compliquer de mutité; mais il faut dire que lorsque cette ossification a été constatée, on a toujours trouvé en même temps des lésions des organes de l'oreille interne.

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