Chapitre tv
L'examen, pendant la vie. des organes auditifs des sourds-mnets donne au point de vue anatomique des renseignements peu précis. Bien que le conduit auditif et la face externe du tympan soient accessibles à nos moyens d'investigation, on ne peut que rarement affirmer que les lésions obsen'ées sont d'importance capitale ou accidentelles et parement fortuites.
Les examens post-morlem sont indispensables pour arriver à une connaissance approfondie de toutes les modifications pathologiques de l'oreille moyenne, de l'oreille interne, du nerf auditif et de l'encéphale.
Je n'ai jamais eu l'occasion de pratiquer des autopsies de sonrds-muets. Je devrai donc me contenter, dans cette étude, de faire une revue des travaux publiés sur ce sujet. Il existe, dans la littérature médicale, plus de
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150 relations de nécropsie de sourds-muets, et cependant bien des points restent encore obscurs. Un grand nombre de ces examens ont été faits à des époques déjà anciennes où les notions anatomiques et physio~ logiques étaient incomplètes, alors que le microscope n'était pas employé d'une manière courante dans ces sortes de recherches. En outre, certains auteurs, obéissant aux idées physiologiques qui avaient cours ou qui leur étaient chères, n'ont pas fait des examens complets. Tel qui a décrit avec soin les modifications pathologiques de l'oreille moyenne n'a prêté aucune attention aux lésions du labyrinthe; tel autre a étudié minutieusement les atrophies du nerf auditif ou de quelques circonvolutions cérébrales et n"a même pas regardé les organes auditifs. Cependant, il faut dire que dans ces quinze dernières années, les travaux de Moos, Myoind, Scheibe, Uchermann ont établi des faits incontestables et résolu un grand nombre de questions.
Le travail d'ensemble le plus complet sur ce sujet a été publié par Myoind, en 1889, dans le Zeitschr. f. Ohrenheilk., puis cette étude a été reprise et complétée en 1894 par le même auteur dans son livre sar la surdimutité. C'est à cette étude et aux autopsies publiées depuis son apparition par Uchermann, Scheibe, SeppiLLi, Manouvrier, eto-, que nous emprunterons la plupart des détails qui vont suivre.
Les premières autopsies de sourds-muets remontent au xvii* siècle. On trouve dans un livre de Théophile
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BoNET, paru en 1679, trois relations d'examens anatomiques de sourds-muets par Mersennus, Bonet et Bailly, qui signalent l'absence de l'enclume et l'atrophie de la chaîne des osselets, sans aucun détail sur l'oreille interne. A la fin du xviii' siècle et au commencement du XIX*, MoNDiNi, H.vroHTON, Reimarcs, AcKERMANN, etc. publient des recherches plus précises, mais cependant incomplètes. Il faut arriver à 1826, aux travaux de Ibsen et MACKErnANH, Bochdalek, Hyrtl, etc, pour trouver des notions complètes et pour voir établie l'importance des lésions labyrinthiques. On pourra, parla lecture du tableau XII, suivre les étapes successives qui ont marqué l'acquisition de nos connaissances anatomo -pathologiques sur ce sujet.