‹ La Surface de Section des Plaies Faites en Vue de l'Extraction de la Cataracte et de l'IridectomieChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il ne saurait entrer dans notre programme d'étudier tout ce qui a été écrit sur l'opération de la cataracte, ni même toutes les incisions qui ont été proposées, depuis que l’abaissement fut remplacé par l'extraction. Nous avons été obligé de nous limiter à un point spécial, notre titre ne promet pas plus.

Nous nous permettons de croire cependant que les conclusions à tirer de ce travail ne seront pas purement théoriques, car dans une intervention aussi délicate où, plus que partout ailleurs, la première intention est nécessaire à cause du but optique, tout détail peut avoir son importance.

L'exemple de nos deux maîtres, qui cherchent toujours à se rendre un compte exact de ce qu’ils font, nous confirme dans cette idée.

Nous avons eu la rare bonne fortune de rencontrer chez eux des principes chirurgicaux identiques, non seulement dans les idées directrices, mais même dans le détail; et quand nous avions entendu l’un nous recommander de ne jamais faire deux choses à la fois : « 11 s’agit de rendre au malade la vue pour le reste de ses jours, n’essayons pas de gagner des minutes en un moment aussi décisif » ; l’autre nous faisait la même recommandation en une phrase concise et expressive : « N'escamotez jamais vos opérations. »

Il serait oiseux d’insister longuement sur les différences qui séparent les conditions actuelles de la chirurgie de ce qu'elles

étaient autrefois, grâce aux deux grandes découvertes qui ont contribué à remanier si complètement la pratique des opérations : la notion des germes pathogènes d’abord, et l'antisepsie et l’asepsie qui en sont les conséquences ; puis l’emploi des anesthésiques généraux et locaux.

Si la sécurité quasi absolue qu'elles Ro a donné un essor inoui à la chirurgie, elle a créé aussi un nombre infini de chirurgiens; et alors que jadis la personnalité, le tempérament, l'habileté, décidaient de la vocation, aujourd'hui chacun peut opérer, et obtient des résultats souvent meilleurs que ceux des anciens maîtres.

L'importance du manuel opératoire a, par suite, considérablement diminué, la chose est certaine. Ce serait cependant une grave erreur que de la méconnaître complètement ; et dans notre chirurgie oculaire, en particulier pour ce qui est de l’opération qui nous occupe, elle est encore très grande.

Pour l'extraction de la cataracte, qui intéresse tant de tissus divers et si faciles à infecter, l’asepsie apporte un secours inestimable, pour le plus grand bien des malades, et des oculistes; mais il ne faut pas perdre de vue les deux points suivants : le champ opératoire (culs-de-sac, bords palpébraux, orifices lacrymaux) est, quoi qu'on fasse, impossible à aseptiser d’une façon complète; et l’on peut dire que le chirurgien qui fait par exemple une kélotomie, ou qui opère une appendicite à froid, jouira d’une sécurité absolue, alors que l’oeuliste, même s’il est sûr de lui-même, de ses aides, de ses instruments, de ses solutions, n'aura jamais la certitude d’opérer sur un champ aseptique : allons plus loin : il sera toujours sûr du contraire.

Puis, dans la grande chirurgie, l’anesthésie générale sup-

prime presque complètement le facteur « malade » : le spécia—

liste, lui, en opérant une cataracte, doit compter avec le carac-.

tère, et même l'intelligence de son malade qui n’est anesthésié que physiquement et encore incomplètement, et s’il jouit d'inap-

préciables avantages dont se passaient les anciens, le cito, tuto el Jucunde de ceux-ci a gardé pour lui toute sa valeur.

Nous avons pratiqué, sur un très grand nombre d’yeux humains, les principales incisions préconisées jusqu’à ce jour, de façon à nous rendre compte des surfaces de section en les colorant à la fluorescine, ainsi qu'un certain nombre de plaies variées, observant les aspects qu'elles donnaient; nous n’en parlons pas longuement au cours de cette étude, nous contentant de nous en inspirer.

Des coupes faites parallèlement à l’iris nous donnèrent les tranches des plaies simples. Quelques lapins nous ont permis d'étudier la cicatrisation tant des plaies défectueuses que des lambeaux conjonctivaux.

Enfin toute une série de préparations provenant d’yeux opérés par M. Rochon-Duvigneaud et montées par M. le docteur Bouzitat, de Bourges, nous ont apporté un autre champ d'étude. Elles sont d'autant plus intéressantes que les sections cornéennes ont été faites sans idée préconçue et dans un but tout différent du nôtre. Nous adressons ici tous nos remerciements à M. Rochon-Duvigneaud pour les explications qu'il a bien voulu nous donner, et à M. Bouzitat pour l’empressement avec lequel il a mis à notre disposition ses préparations. Nous en reproduisons quelques-unes avec leur autorisation.

Nous n'avons pas voulu donner à la partie géométrique de cette étude une importance inutilement grande ; malgré toute la précision qu’il convient de donner à la plaie, il ne faut pas aller

trop loin dans la voie des calculs.

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