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jours nous avons retrouvé les détails exposés plus haut. Très nettement les deux extrémités de la plaie appartenaient à un plan différent, et, malgré tous nos soins, 1l y avait toujours à leur niveau quelque irrégularité, quelque contusion, due au changement de direction du tranchant.
Sur une certaine étendue, la section de Græfe est extrêmement rapprochée de la racine de l'iris, et cela justement à ses deux extrémités où le canal est très large, la plaie un peu irrégulière : c'est à ce niveau que se sont toujours produits, malgré l'iridectomie, les grands enclavements iriens qui ont fait combattre, puis rejeter universellement le procédé de l’ophtalmolooiste allemand.
Histoire des sections linéaires. — Nous avons dit au début que les sections primitivement désignées sous le nom de « linéaires » étaient usitées pour l'évacuation de cataractes molles; c’est en réalité le premier procédé d'extraction qui ait été pratiqué, déjà avant Daviel.
SAINT-YŸVES (1),en présence de Méry, débarrassa un malade d'un cristallin luxé dans la chambre antérieure ; l’année suivante POURFOUR DU PETIT pratiqua la même opération sur un des malades de Méry; il s'agissait d'un cristallin primitivement abaissé qui s'était introduit entre l'iris et la cornée.
Paizuccr, en 1750, fit dans un cas isolé une incision linéaire à la pique pour extraire une capsule cristallinienne remontée ; mais nous retrouverons son nom à propos des sections à lambeaux qu'il pratiquait habituellement et qu’il contribua même à perfectionner.
Le premier qui ait appliqué d’une façon suivie l’incision dite, alors, linéaire, fut GiBson (2) (1811) ; pour généraliser cette.
(1) SainT-Yves, Mémoires de l'Acad. royale des sciences, 1707. (2) GiBson, Praclical observations on he formation of an artificial pupil in
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méthode il introduisit dans la pratique le morcellement de la cataracte, Cette discission devait se faire quelques semaines avant l'extraction. La plaie de Gibson, située en pleine cornée, à 1 ligne (2 mm. 25) du bord scléral, était verticale. Sa longueur, nous dit Stüber (1), était de 1 ligne (?).
Frrenricx JÆGERr (père) (1813) s’efforça de son côté de rendre pratique l'extraction à la lance.
TrAvERsS (2) (1814), à Londres, alla plus loin; attribuant la suppuration si fréquente du lambeau usité de son temps, à l'étendue de la section, et à la facilité avec laquelle la plaie bâille, il chercha à étendre encore les indications de la plaie linéaire, Au même niveau que Gibson il pratiqua une incision plus longue, à laquelle il donna le nom de « Quarter section ». Elle avait 3 lignes (6 mm. 75) et lui permit d’évacuer les débris des cristallins qu'il luxait préalablement dans la chambre antérieure à l’aide d’une aiguille à réclinaison. |
[Il lui était impossible d’extraire des noyaux un peu volumiueux de cataractes dures, aussi dut-il se contenter pour ces cas de plaies à lambeaux; au bout de quelques années, Travers abandonna presque complètement sa section linéaire.
La même méthode fut préconisée par A. DE GRÆFE (1853). Dans le premier numéro de ses Archives (3) il consacra un article aux avantages de la plaie linéaire sur le lambeau. Mais, citant F. Jæger qui ne faisait que des « extractions partielles », Gibson qui était obligé souvent d'abandonner le noyau dans la
chambre antérieure, il insiste sur l'importance qu’il y a de dia-
several deranged states of the eye, lo which are annexed remarks cn th2 extraction of the soft cataract, and these of the membranous kind through a punclure of the cornea (Hlustr. by plates), chap. III. Londres, 1811,
(1) Srôger, thèse, p. 68.
(2) Travers, Further observations on the calaract. Medico-chirurgical tran-
sactions, V, p. 406, Londres, 1814.
(3) A. v. GRærE. Uber die Linearextraction des Linsenstaares. Archiv fêr
Ophthalm., 1, 1853.
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gnostiquer la consistance des cataractes à opérer, afin de respecter les indications de la plaie linéaire. La section superficielle (verticale et très cornéenne) qu'il décrit avait 2 lignes 1/2, soit 5 mm. 62, la profonde 5 millimètres environ.
Srôger père (1856) (1) vante également une méthode très analogue, mais encore pour des cataractes molles (diabétiques).
Il y avait donc toujours un point que les chirurgiens ne pouvaient dépasser, malgré leurs efforts: les noyaux au-dessus d'un certain volume ou d’une certaine consistance ne pouvaient profiter des avantages de ces ineisions.
Et pourtant DESMARRES qui cherchait déjà à perfectionner les procédés à lambeaux, de Græfe lui-même, et d’autres encore, sentent le besoin d’étendre toujours davantage le domaine de la plaie linéaire.
Il fallait chercher le remède d’abord dans l'agrandissement de la plaie, puis dans les instruments destinés à l'extraction de la lentille.
DE GRÆFE (2), en 1859, s’attacha au premier point: il déplaça son incision vers la périphérie. Elle ne pouvait cependant plus être très rigoureusement linéaire à cause du peu de profondeur de la chambre antérieure. Combinée à l’iridectomie, que sa situation imposa à son auteur, elle lui permit l'extraction de cataractes à noyau dur, mais à masses corticales abondantes. Les dimensions qu'indique de Græfe”sont de 3 lignes 4/2 (7 mm. 87) pour l’externe et 6 mm. 75 pour l’interne ; il l’agrandissait parfois suivant les besoins à 3 lignes 3/4, soit 8 mm. 43.
(Le second point, sur lequel nous n'avons pas à nous étendre,
(1) Srôser, De l'extraction de la cataracte par incision linéaire... Compte rendu de la clinique opht. de la Faculté de Strasbourg, année 1855-1856. Strasbourg, 1857.
(2) À. v. GR&rE, Uber zwei Modificationen der Staaroperation. 4rchiv für Opht., V, 1, pp. 159-185, 1859.
inspira ScHurr-WALDAU, qui introduisit et perfectionna l'usage de ses curettes.)
La plaie, à partir de ce moment, fut insensiblement faite de plus en plus périphérique, et de plus en plus grande ; Bow- MAN (1) à l’aide d’une lance, d'un angle de pointe de 50°, incisait le limbe en haut, mais son « Wundcanal » était déjà sensiblement parallèle au plan de l'iris. Crircaerr, DE GRære lui-même, arrivaient ainsi à intéresser le quart, voire le tiers de la circonférence cornéenne.
Quelques chirurgiens modifièrent un peu le procédé anglais. Quapri (2) poussait sa lance vers le cristallin, et se tenait par conséquent plus près du principe de la linéarité, MAcNAmaRA (3) plaçait sa plaie en pleine cornée, à 1/8 de ligne du limbe. Il n'attachait pas « une grande importance à la direction des bords de la plaie ».
Quoi qu'il en soit, de Græfe s’aperçut que, depuis qu’on avait abandonné la section franchement intra-cornéenne, on taillait en réalité des lambeaux, de hauteur petite, il est vrai, mais bien rapprochés déjà des 150 à 180° de circonférence de ceux généralement en usage. Ils s’en différenciaient cependant encore par leur moindre tendance au bâillement spontané, et c'est pourquoi le nom de linéaire leur était resté. Nous verrons plus loin à quoi était due cette particularité.
Revenant alors au principe méme de la linéarité, de Græfe le définit comme nous l'avons vu p. 20, et se rendit compte qu'en un point aussi périphérique que l’exigeait le but poursuivi, une plaie linéaire par simple ponction ne pouvait absolument
pas avoir la longueur nécessaire.
(1) Bowman, On extraction of cataract by a traction instrument, with iridectomy. Ophthalmic Hospital Reports, IV, 4, p. 332. 186.
(2) Quanrr, Rendiconto delle malattieoculari curate dal, 1, 1, 1864 al31, XIT, 1865. Giornale d'ottalm. italiano. IX, 113, 1866. Annales d'ocul., LVIT, juin 1867, p. 259.
(3) MacNaMaRA, Linear extraction of the lens. Opht. review, 11, 1867. Annales d’oc., LIX, 1868, p. 75.