FRACTURES DE L’AVANT-BRAS
Comme pour le bras, les fractures de l’avant-bras devant réellement bénéficier de la suspension (fractures des deux os avec large plaie, en particulier) peuvent être traitées, soit dans l’attelle de Thomas, soit par la méthode de Blake.
1“ Attelle de Thomas. — L’appareillage est tel que nous
MEMBRE SUPÉRIEUR
1 avons décrit, mais nous avons vu que la traction se faisait sur l^avant-bras au moyen de deux bandes collée ; l’une externe, 1 autre interne pour maintenir la main en supination.
Dans la double fracture du radius et du cubitus, c’est la position de choix pour la main. Si, en effet, pour le cubitus cela importe peu, il faut, dans la fracture du radius, comme l’a bien montré Destot, éviter le décalage, si l’on veut conserver l’intégrité des mouvements de pronation et de supination.
11^ est, en effet, démontré que dans les fractures des deux os de l’avant-bras, les deux fragments supérieurs sont en supination complète, alors que les fragments inférieurs se mettent en pro-
Fig. 42. — Traction par le gant collé. — Noter les deux fentes de la planchette qui se trouve maintenue et appliquée à l’extrémité de l’attelle par les cordons de traction des doigts. Dimensions de la planchette ; longueur 0 m. 25. Largeur 0 m. 08.
nation. On conçoit que si la consolidation se fait ainsi, la pronation et la supination sont impossibles, puisque les fragments supérieurs et inférieurs sont respectivement, dans cette position vicieuse, à bout de course.
C’est donc en supination que la main doit être placée, dans le traitement des fractures de l’avant-bras.
Ceci est également vrai pour la fracture isolée du radius.
Si la plaie ne permet pas la traction collée par bandes, on devra employer le gant de coton collé et faire la traction sur chacun des doigts (fig. 42).
^ Pour cela, on prend un gant de coton blanc ordinaire, et à l’intérieur de chaque doigt on place un bouton d’un diamètre un
FRACTURES DU RRAS
peu plus large que celui du doigt. A chaque boulon sont attachés deux fds ou deux cordons destinés à la traction.
La main est lavée et passée à la solution de bicarbonate de soude ; on met le gant bien tendu pour éviter les plis et par-dessus, on applique la colle suffisamment liquide pour la faire pénétrer à travers le tissu ; on tamponne avec du coton, et on laisse sécher. Les fils de chaque doigt sont alors attachés à une planchette, présentant cinq encoches snffisamment écartées pour que les doigts ne se touchent pas. On fait autant que possible une traction égale sur tous les doigts et celte planchette est fixée à l’extrémité inférieure de l'attelle de Thomas. Elle doit avoir environ 0 m. 2o de longueur et 0 m. 08 de largeur. On peut la fixer à l’attelle comme le montre la figure 42.
Ce que nous venons de dire s'applique, bien entendu, également aux fractures du radius seul.
Pour les fractures isolées du cubitus, il y aura toujours avantage à employer quelque temps la suspension, surtout si la plaie* est importante.
2» Appareillage de Blake. — La méthode habituelle de suspension et traction de l’avant-bras estindiquée par la figure 43. L’avant-bras est suspendu dans une sorte de berceau, qui consiste en deux barres rondes, en fer, de 0 m. 40 de longueur chacune, eide 0 m. 008 à 0 m. 009 de section. Elles sont réunies l’une à l’autre par deux tiges de diamètre plus faible, tiges accessoires, recourbées, et rivées à leurs extrémités, dans quatre trous pratiqués dans les barres parallèles. L’écartement entre les deux barres parallèles est de 0 m. 1S environ. Mais cette distance peut être augmentée en modifiant la courbure des tiges intermédiaires. Les deux tiges arquées passent audessus de l’avant-bras. Ce dernier est suspendu à l’aide de bandes obtenues en cousant ensemble deux épaisseurs de mousseline non blanchie (fig. 45).
Les extrémités amincies de ces bandes sont passées au-dessus des barres parallèles du berceau, et sont attachées, soit avec des épingles de sûreté, placées extérieurement, soit avec des pinces métalliques (pinces à dessin ordinaires). De cette façon, elles sont ajustables au membre qu’elles ont à soutenir.
Lorsque des pansements humides ou l’irrigation continue sont
MEMBRE SUPÉRIEUR
Fig. 43. — Dispositif- de Dlake pour les fractures de l'avant- Iras. — Berceau, muni des bandes destinées à recevoir et à soutenir l’avant-bras blessé. La traction est faite par bandes collées. La contre-extension est obtenue par une bande d llennequin (D’après Blake et Bulkley).
Fig. 4-4. — Même dispositif que figure 43. — La traction est faite sur chaque doigt par bandelettes agglutinatives (D’après Blake et Bulkley).
Fig. 45. — Attelle de Blake ' pour fractures de l’avantbras. — Dimensions ; fer rond de 0 m. 008, tiges latérales 0 m. 40. Ecartement des tiges 0 m. 15. Arceaux rivés dans les tiges en fer rond de 0 m. 005 (attelle interchangeable).
FRACTURES DU BRAS
nécessaires, on emploie des bandes semblables, mais en tissu caoutchouté, à double face. Si la plaie le permet, la traction est pratiquée . avec des bandes collées à la partie inférieure de l’avant-bras.
Sinon, dans les plaies situées bas, on obtient une très bomie traction en se servant du gant dont nous avons parlé précédemraènt. On peut également (fig. 44) exercer sur chaque doigt, une traction au moyen d'un anneau maintenu avec des bandelettes de leucoplaste adhésif. Un poids d’un kilo et demi environ suffit.
telle pour la place du bras. Les tiges sont l’une supérieure, l’autre inférieure (Appareil interchangeable). (D’après Miss Cassette).
Fig. 46.'— Appare.il de Gaasette, pour fraclurea de l'avantbras. — L’extension est faite au moyen de deux bandes collées : l’une sur la face anté- ' rieure, l’auti’e sur la face postérieure de l’avant-bras. La contre-extension se fait sur le bras par un bracelet lacé.
Noter 'la dépression de l’al-
II faut prendre grand soin d’interrompre la traction deux fois par jour, afin de pouvoir pratiquer la mobilisation active et passive des petites articulations des doigts. La supination extrême est rarement nécessaire. Un degré un peu moindre suffit à empêcher l’union entre les deux os de l’avant-bras.
Dans les cas d’œdème considérable, il .est parfois utile de suspendre l’avant-bras en position verticale, soit à l’aide du gant, soit à l’aide de bandes collées.
MEMBRE SUPÉRIEUR
3° Appareil de Gassette. — Cet appareil permet d'exercer sur les deux fragments supérieur et inférieur, une traction élastique en sens inverse. Il offre en outre l’avantage de ne pas immobiliser le blessé au lit. Il se compose d’une attelle métallique, ayant la forme d’un rectangle allongé. Chaque extrémité présente une encoche pour l’extension et la contre-extension. Pour éviter le balancement du membre, l’attelle est fixée à une ceinture disposée autour de la taille du blessé. Près de l’une de ses extrémités, cette attelle est déprimée en demi-cercle ; l’avant-bras et la main sont placés en semi-pronation, maintenus par les tractions élastiques entre les tiges qui sont l’une supérieure, l’autre inférieure (fig. 46). Cette attelle peut servir pour l’un ou l’autre côté.
RÉSECTIONS DE L’ÉPAULE
L’emploi de la suspension semble ici beaucoup moins indiqué que pour les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus. La traction n’est en effet pas nécessaire ; elle peut même être nuisible, car il faut permettre à la tonicité du deltoïde de maintenir en contact l’extrémité osseuse de l’humérus sectionné et la cavité glénoïde. Il suffit d’immobiliser suffisamment l’épaule. Oii y parvient facilement avec une gouttière, ou même, avec une simple écharpe de Mayor. Néanmoins, Blake ^conseille de suspendre le bras en abduction presque à angle droit, mais sans traction. L’appareillage est le même que celui décrit pour les fractures du tiers supérieur de l’humérus (fig. 37).
RÉSECTIONS DU COUDE
Ici encore la suspension n’est pas nécessaire. Sauf exception, les autres appareils (gouttières, attelles, appareils plâtrés) lui sont préférables. Une gouttière en aluminium ou une attelle métallique coudée à angle droit maintiennent d’une façon parfaite, l’articulation en flexion, position de choix à donner, en général, aux résections du coude.
Blake préfère suspendre le coude, comme les fractures basses de l’humérus (page 63) mais sans traction naturellement.
En tous cas, il ne faut pas oublier que dans les résections souspérioslées du coude, la mobilisation doit être pratiquée de façon très précoce ; l’appareillage n’est donc que de, très courte durée.
MEMBRE INFÉRIEUR