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I. — PROCÉDÉS DE TRACTION

La traction sur le fragment inférieur peut se faire de différentes façons, et certains procédés conviennent mieux à certaines fractures qu’à d’autres, suiva,nt l’étendue et le siège des plaies.

PROCÉDÉS DE TRACTION

1“ Traction par bandes collées. — Gomme nous l’avons vu pour le bras, elle se fait au moyen de deux bandes de finette croisée de Om. 08 de large, collées au moyen de la colle de Sinclair. Elles doivent remonter aussi haut que possible, jusqu’à proximité de la plaie et il faut utiliser la plus large surface d’adhérence possible pour augmenter la durée et la solidité de la traction (fig. 47).

2“ Semelle de Sinclair. — Cette semelle a de- multiples applications car elle permet d’exercer sur le membre inférieur

47. — Traction par bandes collées. — Les bandes représentées ici sont préparées spécialement pour s’adapter aux boucles de la planchette. Noter la bande plantaire collée au pied pour éviter l’équinisme (d’après Blake et Bulkley).

toute la traction nécessaire, en ne prenant point d’appui que sur le pied, qui peut lui-même être placé dans n’importe quelle position.

Elle se compose d’une planchette et d’une pièce métallique en fer réunies par un boulon (fig. 48, D, E, F).

La planchette épaisse de 0 m. 01, longue de 0 ni. 30 et large de 0 m. 10 présente sur ses deux bords latéraux l't échancrures comme le montre la figure 48. A son centre, est percée une fente suffisante pour permettre à la tige du boulon de glisser librement, et de fixer celui-ci à hauteur variable. Longue de 0 m. 10,

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Fig. 48. — Semelle de Sinclair. — A. Triangles en laiton. — B., Bandelettes en flanelle munies de deux triangles. Chaque triangle porte un cordon. Chaque bandelette est el'fllochée. Les cordons des triangles ne sont figurés que sur les trois premières bandelettes. — C. Punaises ordinaires.'— D. Planchette. —

E. Traverse en fer. Noter les deux ergots de chaque côté de l’orifice central. Vue de la face en contact avec la planchette. —

F. Boulon avec écrou à oreilles et rondelle. — G. Coussin en flanelle interposé entre la semelle et la plante du pied.

PROCÉDÉS DE TRACTION 70

la fenle commence à 0 m. 05 du bord inférieur de la planchette.

La ferrure est simplement constituée par une traverse en fer longue de 0 m. 23, large de 0 ra. 015 et épaisse de 0 m. 004. Au milieu, un -erifice laisse passer la tige du boulon, sur laquelle est vissé un écrou à oreille ou à son défaut, un écrou ordinaire. A chaque extrémité, un anneau est rivé pour y Axer une corde de

Fig. 49. — Semelle de Sinclair.

A. Semelle montée vue par la face plantaire, avant d’être

garnie. ^ ^

B. La même garnie, vue par la face libre. — G. Punaises. — D. Planchette. — E. Traverse en fer. - F. Boulon avec écrou à oreille. — G. Coussin en flanelle.

traction. Sur la face qui doit répondre à la planchetle, cette pièce présente deux petits ergots destinés à pénétrer dans le bois sous la pression de l’écrou et à fi.xer ainsi solidement la ferrure à la planchette. La tête du boulon,répond à la face plantaire de la planchette. La tige métallique est fixée sur l'autre face, les ergots contre le bois, et l’écrou est serré avec une rondelle sur la tige métallique Les encoches latérales de la planchette doivent regarder en haut (fig. 49).

Cette semelle ainsi montée doit être garnie. Une épaisseur de coton est maintenue sur la face plantaire par une bande de flanelle de 0 m. 10 de largeur. Axée et bien tendue au moyen de quatre

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irtrnV®"- un coussin en flanelle

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Fig. SO. — Application de la semelle de Sinclair.

A. Pied muni des sept bandelettes. On voit la rangée des sent triangles du bord externe du pied ^

tZoSTr '“'u bandelettes

lemontant au-dessus des malléoles.

«. Le meme pied vu par sa face plantaire pour monirer la double rangée, interne et externe des triangles.

Avant de procéder à la pose, il convient de préparer •

7 bandelettes de flanelle de 0 m. 03 de largeur et deO'm mSe" U P°"^- 'e collage (?ig 4f B)

PROCÉDÉS DE TRACTION

fig 51. Pied muni de la semelle de Sinclair.

A. Pied droit vu en dedans.

La planchette est fixée par la série des cordons de chaque triangle. Noter le tampon de coton insinué entre le coussin et ■ la semelle, pour combler Pespace dû à la concavité de la voûte plantaire.

La traverse en fer repose s\

A, A' Cordons de traction.

B Le même pied montrant l’extrémite distale d une attelle de Thomas, îi laquelle doivent être attachés les cordons de traction.

r les tiges de l’attelle.

Pour placer la semelle voici comruent il faut s’y prendre :

Le pied est préparé comme d’habitude, et la colle est étendue au pinceau sur toute la plante, le dos et les bords du pied, jusqu’aux malléoles, les orteils exceptés.

Les bandelettes sont alors mises en place assez rapprochées les unes des autres, en ayant soin de bien les tendre ; les deux triangles de chaque bandelette correspondent, l’iin au bord interne, l’autre au bord externe du pied. Les bandelettes sont alors coupées à la longueur voulue, car il faut veiller à laisser libre la peau du dos du pied ; jamais les bandelettes ne doivent se rejoindre ; autrement, on enlève à la peau son élasticité et l’on s’expose ainsi, à des eschares sous l’influence de la traction (fig. bO, A et B).

En ayant soin, comme l’indique également la figure (oO, A), de remonter les bandelettes collées au-dessus des malléoles, la traction s’exerce directement sur l’extrémité de la jambe et non par rintermédiaire des articulations du tarse ou de ta tibio tarsienne. A chaque triangle est attaché un cordon.

Au bout d’un quart d’heure, la semelle est appliquée contre la ’ plante du pied : les cordons correspondant de chaque côté, passés dans les encoches, sont noués sur la face libre de la planchette. Il faut autant que possible exercer sui' chaque bandelette une traction égale et la modifier si le blessé ressent une gêne quelconque (fig. .bl, A et B).

Le'pied rendu ainsi solidaire de la semelle, peut tourner autour du boulon comme axe, alors que la ferrure est maintenue horizontale en reposant sur les branches de l’attelle. L’ensemble constitue une véritable articulation à rotule, permettant tous les mouvements possibles. L’immobilisation est obtenue par le blocage de l’écrou.

La hauteur, et par conséquent la llexion plus ou moins prononcée du pied, s’obtient en montant ou en descendant la planchette grâce au jeu du boulon.dans latente.

Pour régler le degré de rotation exteimp ou interne, la planchette est inclinée autour de l’axe constitué par le boulon.

Enfin, survant que l’on tire plus ou moins, par les cordons de traclion, sur l’une ou l’autre des extrémités de la traverse en fer, on place le pied en abduction ou en adduction.

’ Les cordons de traction attachés aux deux anneaux de la fer-

PROCÉDÉS DE TRACTION

rure, sont, soit fixés à l’extrémité de l’attelle, soit reliés à une corde supportant un poids.

Ce qu'il faut pour poser une semelle de Sinclair

Une semelle coinplMe comprenant la planclielte, la ferrure et le boulon.

Une fiande de (lanelle de 0 m. 45 X 0 m. 10 pour la garniture.

Coton.

i punaises.

7 bandelettes de flanelle de 0 m. 03 de largeur et de 0 m. 35 de long, à bords effilochés.

14 triangles en laiton (anneaux de rideaux de 0 m. 02 de diamètre façonnés à la pince).

IV morceaux de tresse ou coulisse de 0 m. 30 de long.

Solution de bicarbonate de soude à 30 pour 1.000.

Colle de Sinclair.

.3“ Patin de Sinclair. — Dans le cas, où une-plaie du pied ne permet pas l’emploi de la senjelle, le patin, qui est basé sur le même principe, n'utilise que la plante du pied pour la traction (fig. S2)

Une tige en feiiillard épais do 0 in. 002, large de 0 m. 012, longue de 0 m. 28 est coudée deux fois à angle droit en baïonnette à chacune de ses extrémités; la première branche courte mesure 0 m. 013, la seconde plus longue 0 m. 043. La partie intermédiaire, i-ectiligne de cette tige mesure par conséquent 0 m. 16 ; elle présente une fente longue de 0 m. 13 et large de 0 m, 003 pour recevoir un boulon de 0 m. 004 à oreilles.

Aux deux extrémités de cette pièce ainsi coudée, sont rivées sur les branches de 0 m. 013, deux disques en tôle de dimensions différentes : l’un, répondant k la partie antérieure du pied, présente 0 m. 073 de diamètre, l’autre, au talon, 0 m. 033 de diamètre. Cette pièce rappelle, comme son upm l’indique, le patin que l’on visse à la chaussure.

Comme à la semelle, une traverse en fer longue de 0 m. 21, large de 0 m. 012, épaisse de 0 m. 002, pereée d’un orifice au milieu pour le passage du boulon, se fixe dans toutes les positions sur le patin. Avec un fort serrage et des rondelles on arrive à un blocage suffisant.

Pour poser le patin, on découpe une semelle en tarlatane

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Fig. 52. — Patin de Sinclair. (Pièces détachées et patin monté). A, A'. Disques en tôle pour l’ayant pied (A) et le talon (A').

c! Boulon à weuîe démonté. Noter Ip deux crans d’une des rondelles venant s’engager dans la glissière du patin.

G'. Le même boulon monté.

Fig. 53. — Patin de Sinclair appliqué (D’après Sinclair). — Le patin est scellé dans une semelle phUrée collée à la plante du pied.

plâtrées. Lorsque le tout est bien sec, cette semelle doublée de flanelle est collée à la plante du pied.

Plus simplement, si l’on ne veut pas utiliser le patin, on peut, en faisant le moulage du pied, incorporer dans le plâtre une série de cordons de chaque côté de la semelle plâtrée. Ces cordons sont alors noués autour de la planchette de la semelle précédemment décrite après le collage de la semelle plâtrée à la plante du pied.

Traction par la Méthode d’Hennequin. — Elle s’applique seulement aux fractures de cuisse. On entoure le membre jusqu’à mi-cuisse, d’un épais pansement de coton cardé. On comprime légèrement avec une bande de toile.

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apprêtée des dimensions du pied, un peu plus large cependant, pour lui permettre d’empiéter légèrement sur la périphérie du pied, comme le montre la figure 53.

On fait un moulage avec du plâtre, en plaçant une flanelle entre la peau et la semelle ; le moulage est de cette façon facilement enlevé, et la flanelle adhère à la semelle plâtrée ainsi obtenue. Le patin est alors scellé au moyen de bandelettes

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Puis on recouvre ce pansement, le genou étant en flexion,

Eig. 54. — Ruban métallique et son conducteur (D’après Ghutro).

de tarlatane mouillée ou d’u

Fig. 55. — Position du ruban métallique par rapport au squelette et aux tendons (D’après Ghutro).

mince bandage plâtré pour maintenir le tout en place.

On prend une écharpe, pliée de façon à obtenir un lac de 1 m. 50 de longueur et de 0 m. 15 de largeur; on décrit lalors autour de la cuisse et du genou, un 8 de chiffre, la cuisse . étant embrassée dans la boucle supérieure du 8 et le croisement répondant au creux poplité. (Voir plus loin fig. 88).

5“ Etrier de Finochietto. — Ce procédé consiste à exercer la traction directement sur la face supérieure du calcanéum, au moyen dVme lame métallique passée entre

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le tendon d’Achille en arrière, et l’articulation tibio-tarsienne en avant (fig. 55).

Le modèle le plus courant est l’étrier de Ghutro, qui se compose d’une pièce recourbée en fer à cheval et d’une lame d’acier flexible dont les extrémités viennent se visser à celles du fer à cheval (fig. 54).

On pratique au niveau du bord supérieur du calcanéum une petite incision verticale de chaque côté du talon ; puis, • avec une broche spéciale qui porte la lame métallique, on traverse l’espace sus-calcanéen en utilisant les deux incisions. La broche est alors détachée, et la lame recourbée par ses deux extrémités est fixée à l’étrier. La traction est exercée sur l’étrier qui présente sur sa convexité un anneau pour la corde (fig. 56).

Il est utile de bien immobiliser le pied et l’étrier avec un pansement de tarlatane apprêtéé, pour diminuer les mouvements toujours douloureux. Le premier pansement peut être refait au bout de quelques jours, et n’est renouvelé ensuite qu’à de larges intervalles. Cette trac tion peut supporter sans inconvénient 10 et 12 kilogs.

L’étrier ne doit être employé que lorsque la plaie n’est pas à proximité du pied, dans la crainte d’une infection toujours possible.

Nous n’envisageons ici l’étrier que comme procédé d’extension, dans la méthode de suspension.

Fig. S6. — Vue de l’appareil en place (D’après Ghutro).

Pour l’emploi général de la méthode de Finochietto, nous renvoyons à la technique de Ghutro (1).

Tout récemment, Paschoud (de Lausanne) a proposé de remplacer l’étrier de Finochietto, par un crochet pins simple et d’une application plus facile (2).

6“ Broche de Steinmann. — La broche de Steinmann

Fig. 57. — Broche de Steinmann.

A. Broche perforant de part en part les condyles fémoraux.

B. Tiges séparées réunies par une articulation et fixées dans chacun des condyles.

est un procédé analogue au précédent, mais qui ne s’adresse qu’aux fractures de cuisse en permettant de tirer directement sur te fragment inférieur. Les deux condyles fémoraux sont tra-

( 1 ) P. Ghutro. — Traitement des fractures du membre inférieur par l’extension continue au moyen de l’étrier de Finochietto. — Presse Médicale n» t3. ‘1 mars 1916. Page 101.

(2) Modification à Tétrier de Finochietto au moyen du crochet de Paschoud. Bulletin de la Société de chirurgie de Paris, n" 11, 20 mars 1917, page 753.

PROCÉDÉS DE TRACTION

versés par une solide tige d’acier aux extrémités de laquelle on fixe des lacs extenseurs. La tige est enfoncée directement à travers les parties molles, sans incision préalable, au moyen du maillet ou du perforateur sur lequel on la monte ; cette introduction est peu douloureuse et peut être faite sous anesthésie locale (1) (fig. 37, A).

On peut éviter de traverser de part en part les condyles en employant deux tiges perforantes, réunies par une articulation, qui ainsi se placent et s’enlèvent séparément (fig. 37, B).

La traction ainsi obtenue est tellement directe que 3 kilogs suffisent en général à la réduction de la fracture, mais les mêmes contre-indications que pour l’étrier de Finochietto subsistent. Il en résulte, qu’avec les plaies habituelles de cuisse, ce procédé de traction ne peut être que très rarement employé.

7° Traction sur vis de Willems. — Cet appareil qui repose sur le même principe que celui de la tige de Sleinmann est destiné à l’extension continue des fractures du fémur et de celles des os de la jambe (2).

Il se compose (fig. 38) de deux vis, munies à rune de leurs extrémités, d’une mèche pour en faciliter l’introduction et à l’autre, d’un crochet par lequel on les saisit pour les faire pénétrer.

(1) Lenormant {Presse médicale septembre 1910). Extension continue par l’enclouage des os.

(2) Appareil à extension sur vis : Ch. Willems. Presse médicale, no 69 du 13 décembre 1917.

Fig. 59. — Appareil appliqué pour fracture de ci à la suspension (D’après Willems).

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Sur le pas de vis, circule un écrou dans lequel s’accroche une chaînette. Les deux chaînettes aboutissent à un étrier aux deux extrémités duquel elles se fixent au moyen d’un tourillon.

Un troisième tourillon porte le crochet d’attache de la corde de traction.

Pour les fractures du fémur les vis sont introduites dans la partie toute supérieure des condyles, qui confine à la diaphyse. Elles sont poussées à une profondeur de 2 à 3 centimètres (fig. 59).

Pour les fractures des os de la jambe, les vis sont placées au-

dessus des malléoles à environ 2 centimètres de profondeur (fig. 60).

L’écrou est amené jusque près de la peau, afin que la traction soit juxta-cutanée.

Gomme pour les deux méthodes précédentes, on peut dire que dans les fractures de guerre, nombreux sont les cas où la crainte d’infection empêche l’emploi de l’extension par les procédés sanglants.

8“ Guêtre.— Cette guêtre est confectionnée avec deux épaisseurs de mousseline non blanchie ; elle est lacée sur l’extrémité

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inférieure de la jambe et porte latéralement deux rubans de traction destinés à des boucles montées sur une planchette. Celte guêtre n’est pas appliquée directement sur la peau, mais sur une épaisse couche de coton enroulée préalablement autour de la cheville.

Elle est à utiliser dans tous les cas où la multiplicité et

l’étendue des plaies rendent impossible le collage de bandes de traction.' Elle peut permettre la traction, même par dessus un pansement (fig. 61).

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