CHAPITRE IV
SUSPENSION DES MOIGNONS
La méthode de suspension chez les amputés n'est intéressante que pour les moignons de cuisse ou de jambe car tout en facilitant les pansements elle maintient le membre surélevé.
D’autre part, grâce à l’ingénieux dispositif de Sinclair, on peut exercer une traction sur le moignon lui-même pour réduire une fracture concomitante. C’est ainsi que nous avons eu l’occasion de
Fig. HO. — Attelle de Thomas modifiée pour la suspension des moignons et permettant la traction en cas de fracture concomitante. — Noter l’anneau fixé, par des liens élastiques au cadre de l’attelle, et par l’intermédiaire duquel s’opère la traction (D’après Sinclair).
voir plusieurs blessés amputés de la jambe avec fracture de cuisse ouverte ou fermée du même côté. Il y a donc grand intérêt pour
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1 avenir, à rendre à ces blessés difficiles à appareiller, une cuisse aussi normale que possible.
On prend une attelle de Thomas dont on coupe l’extrémité inférieure à 0 m. 30 au-dessous du niveau du moignon. A chaque extrémité des tiges est rivée solidement un cari’é en feuillard de 0 m. 22 de côté.
On prend également un cercle, en fer rond de 0 m. 008, de 0 m. 20 de diamètre extérieur, qui servira pour la traction.
Quatie bandes de finette sont alors collées sur le segment inférieur du membre jusqu’à 0 m. 15 environ de la plaie du moignon : une antérieure, une postérieure, une externe, une interne. Ces bandes sont fixées au cercle en fer rond avec des épingles, et ce cercle, qui permet de tirer également sur chacune des bandes, est relié au cadre carré, par des cordons ou des liens élastiques (trois suffisent en général). On obtient ainsi la traction désirée et le moignon qui apparaît au fond du cône, formé par les bandes de traction, est pansé avec la plus grande facilité. Le cadre carré sert en môme temps de support à l’appareil qui
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peut ainsi reposer sur le lit ou être suspendu, à volonté (fig. 110').
Bryan a récemment conseillé, ainsi que Makins, la suspension et la traction pour les moignons non suturés. On é\'iterait ainsi la rétraction des parties molles, et lors de la réamputation, la résection osseuse se trouverait réduite au minimum (1).
l'ig. 112. — Extension continue pratiquée sur un moignon d'amputation dupiembre supérieur (D’après Bryan). — Noter la suspension à un appareil « Balkan » placé perpendiculairement au lit.
Les figures 111 et 112 montrent la façon d’appareiller simplement un moignon de bras ou de jambe. Le pansement, facile, ne nécessite pas la suppression de la traction, pendant sa durée.
(1) G. W. G. Bryan. Le traitement secondaire des moignons d’amputation. Journal of the Royal Army Medical Corps, no3, mai 1916, pages 673-67S.