‹ La suture intestinale; histoire des différents procédés d'entérorraphie. Cours de médecine opératoireChapitre 17 sur 56 · II. — Bobines et Tubes résorbables en os décalcifié · texte numérisé non relu

II. — Bobines et Tubes résorbables en os décalcifié

H. Liltlewood (i), chirurgien anglais, lit l'opération proposée par Senn dès septembre 1887, en la modifiant toutefois, et en utilisant un embryon de bouton anastomo tique, intermédiaire entre les plaques de Senn et la bobine de Sachs.

Cette bobine permet d'éviter les perforations dues aux quatre aiguilles, d'opérer plus vite, et d'assurer une bonne ouverture entre les parties intestinales réunies. C'est une bobine d'os décalcifié, qu'on place dans l'ouverture de deux plaques de même substance, de façon à ce que les ouvertures desdites plaques demeurent bien en face {Fig. 192). Les parois intestinales sont de plus ainsi en contact très uniforme. On utilise

des fils de soie, attachés à chacune des ouvertures, pour maintenir liées ensemble les diverses parties de l'appareil.

Fig. 192. — Bobine anastomotique de Littlewobd.

Francesco Spallitta, élève du Laboratoire de Physiologie de l'Université de Païenne, est l'auteur d'une méthode de suture intestinale (2), qui d'ailleurs ne parait avoir été expérimentée que sur des animaux. Le but poursuivi, — qui n'est pas nouveau, puisque Amussat y avait déjà songé ! — , était d'éviter le contact de la suture avec le contenu intestinal, d'abréger et de faciliter la cicatrisation : ce qui est plus difficile. Il a employé un tube osseux, long de 5 à 7 centimètres,

(1) Littlewood (IL). A successful case of sigmoidostomy (Senn's method) for intestinal obstruction due to malignant diseuse of the hepatic fieœure of the colons; with some remarks on intestinal anastomosis and a description of a modification of Senn's bone plates. [Paper read bef'ore the Leeds and West Riding médico-chirurgical Society, 4 décembre 1891]. — Lancet, London, 1892, vol. I, avril 16, 864-866.

(2) Fr. Spallitta. Sopra un metodo di sutura intestinale. — î?; 'forma niedica, Napoli, 1892, VIII, pt. 2, 855-858 (Pas de Fig.). — Atti d.r. Accad. d. se. vned. in Palermo (1892). Païenne, 1893, 47-52.

et épais de 4 à 5 millimètres, qu'il a fait décalcifier (Fi g. 193). Après en avoir introduit les deux extrémités dans le bout stomacal et le bout anal, pour le fixer en place, il passe deux fils de catgut dans le milieu du tube, selon le diamètre longitudinal, la partie moyenne du tube étant également distante des fils qui sont aux deux extrémités opposées. Il arme d'aiguilles les quatre bouts des fils et les passe entre la muqueuse et le tube ; puis il perfore la paroi de dedans en dehors, à quelque distance du point de section, et noue ces fils deux à deux, à la manière de Denans, ou à peu près (Fig. ig4)- On complète par une suture circulaire à points

Fig. 193. — Le tube de Spallitta.

(D'après Derocque). — Cette figure ne correspond pas à la description du texte même de l'auteur, en ce qui concerne le placement des fils.

Fig. 194. — Schéma du mode d'emploi du tube de Spallitta. (D'après notre interprétation personnelle).

séparés et séro-muqueux. Les tubes et les fils sont placés, au préalable, dans une solution phéniquée. — Ultérieurement, Spallitta a remplacé le tube osseux par des tubes en gomme, de même capacité, et cela avec succès. Les autopsies ont montré qu'il y avait réunion parfaite, sans aucune saillie à la face interne. L'auteur reconnaît d'ailleurs que cette manière de procéder n'est pas nouvelle ; mais il affirme qu'il la croit très bonne.

Fred. Bowermann Jessett (1) a utilisé, en 1892, un appareil qui se rapproche davantage des boutons anastomotiques actuels. Il est constitué par deux tubes, A et B, d'os décalcifié,

(1) Frédéric Bowermann Jesset. New metlwd ofperforming enterorraphy. — Brit. med. Journal, London, 1892, vol. 1, 2 avril, 703-704 (Fig.).

qui, réunis, forment un cylindre creux G, dont le plus grand diamètre correspond à l'union des deux parties, et qu'on peut appeler les tubes mâle, A et femelle, B {Fig. ip,5). Les fils de ces tubes, pourvus d'aiguilles, passent à travers les parois intestinales. On les lie, après avoir retiré les

aiguilles, et les coupe {Fig. 196). Le bout inférieur glisse sur le bout

Fig. 195. — Appareil de Frédéric Bowermann Fig. 196. — Les Fig. 197. — Les

Jessett. ( D'après Deroeque). — A, tube ■mule; tubes de Jessett tubes de Jessett

B, tube femelle; C, les deux tubes emboîtés en place. (D'a-

l'un dans l'autre. près Jessett).

en place dans l'intestin. (D'après Jessett).

supérieur sur une hauteur de 6 à 8 millimètres {Fig\ 197), et quatre sutures de catgut maintiennent cette petite invagination.

A. W. M. Robson (de Leeds) (1) a préconisé une bobine, très analogue au double bouton de Sachs. C'est aussi un tube d'os décalcifié ; mais il a la forme d'une vraie bobine {Fig. 198, 199 et 200). Son emploi est simple

(1) Robson ("A. W. M.). A method of performing intestinal anastomosis by means of decalcified bone bodies [Read in the section of surgery at. the annual meeting of the British médical Association, heldat Nottingham, july 1892]. —

Fig. 198. — Bobine en os décalcifié de Robson. — A, face supérieure ; B, bobine vue de côté.

et rapide {Fi g. 201 à 204). On utilise seulement deux sutures continues : l'une inuco-muqueuse {Fig. 201) ; l'autre séro-séreuse {Fig. 2o3) ; et on évite de laisser, comme dans le procédé de Senn, de larges plaques dans l'intestin. Cette

Fig. 199.— ! Vue de face et dimensions en largeur de la bobine de Robson (Robson).

Fig. 200. — Coupe schématique verticale de la bobine de Robson.

(Dimensions diverses en pouces).

méthode est très sûre, car l'on a une ouverture très suffisante pour les matières intestinales et obtient la continuité des muqueuses « Lors d'anastomose latérale, il est évident qu'il faut éviter de faire des incisions trop larges sur l'intes-

Fig. 201. — Suture intestinale de Robson. — Coupe de l'intestin montrant la position delà bobine.

Fig. 202. — Bobine de Robson, au moment de la mise en place dans l'enté rorraphie circulaire. — a, fil à suture.

tin. Robson a exécuté par ce procédé la gastro-entérostomie, l'anastomose latérale, l'implantation latérale, la pylorectomie, l'entérorraphie bout à bout, et même la cholécystentérostomie.

Brit. med. Journal, London, 1893, 1er avril, i, 688-689 (6 Fig.). — De l'emploi des tubes d'os décalcifié dans la chirurgie de l'intestin, de l'estomac et des voies biliaires. — Sem. méd., Paris, 1892, XII, 485,

Voici comment procède Mayo Robson. Une première suture séreuse est appliquée sur le demi-cercle postérieur de l'intestin et une suture marginale également placée sur ce demi-cercle postérieur (Fig. 201). On introduit alors la

Fig. 203. — Procédé de Robson.

Suture mueo-muqueuse.

Fig. 204. — Procédé de Robson.

Suture séro-séreuse.

bobine et pratique une suture marginale en surjet sur le demi-cercle antérieur (Fig. 202 et 2o3). On termine par une suture séreuse , continuant le demi-cercle postérieur sur la partie antérieure {Fig-. 204), plus ou moins analogue à celle d'Appolito.

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