‹ La suture intestinale; histoire des différents procédés d'entérorraphie. Cours de médecine opératoireChapitre 4 sur 56 · L. Heistcr, dans sa Chirurgie (2), au chapitre VI, traitant · texte numérisé non relu

L. Heistcr, dans sa Chirurgie (2), au chapitre VI, traitant

( 1) Ritsch. Mémoire sur un effet peu connu de l'étranglement dansla hernie intestinale.— Mêrnoires'deV Académie royale de Chirurgie, Paris, 1768,t.IV,p. 173-179.

(8) Lqren'Z Heister. Chirurgie, etc.. Nùrnberg, 1763. [Cil. VI {Von den terlct-

des plaies de l'intestin et de la suture intestinale (Darmnaht), dit que, pour les petites plaies, il ne faut rien faire de chirurgical et se borner à la saignée, au repos, et à la

diète, etc. Pour les grandes plaies, au contraire, il recommande la Kiirschnernaht (i), c'est-à-dire la suture des pelletiers, exécutée avec un fil de soie ou de lin, une aiguille simple droite à pointe doublement tranchante {Fig. 21). Il conseille, remarque intéressante, au

chirurgien et à son aide

Fiq.2l. — Suture du Pelletier, d'après Heister. , , ,-;. .

(Senn). de ne toucher 1 intestin

qu'avec une petite pièce de lin (Stùcklein-Leinwand), c'est-à-dire ce que nous appelons aujourd'hui une compresse !

D'après lui, on peut utiliser la Sutura nodosa {Fig. 22), ou la Knopfnath (suture des boutonnières), et laisser sans danger les fils noués, c'est-à-dire les nœuds, dans le ventre. C'est la première fois que nous rencontrons une affirmation de ce genre ; malheureusement le texte n'est pas très explicite sur ces sutures perdues.

A ce propos, il parle d'un procédé nouveau de traiter ces lésions : c'est d'attirer l'anse lésée vers la plaie de l'abdomen et de l'y fixer par une anse de fil passée dans le mésentère méthode de Palfin, qu'il ne nomme pas. — Au chapitre VII de son ouvrage, il aborde le traitement des sections complètes de l'intestin ; mais il rejette la suture et conseille l'anus contre nature.

Fig. 22. — Sutura nodosa de Heister. — Légende : A,A\ plaie; B, B, fils noués.

allusion évidente à la

zten Darmen und der Da/rmnath, p. 90). — Ch. VII {Von dem ganz zerchnittenen Bar m, p. 95)].

(1) La Figure 1 de von Frey a été prise dans le livre d'Heister.

Le procédé de Sabatier, d'après Sabatier lui-même {De la Médecine opératoire, Paris, Béchet jeune, i832, Edit. L.-J. Sanson cl L.-.T. Bégïn, t. III, p. 584), cst un peu différent de celui de Ritsch, mais parfaitement antérieur au procédé de ce dernier (i).

On traverse d'abord la carte avec une anse de fil avant de l'introduire dans l'intestin ; puis chacun des chefs de l'anse perfore de dedans en dehors le bout intestinal lui correspondant {Fig. 23). Il est inutile de tordre l'anse de fil (comme le voulait Ritsch, d'après Sabatier); V affrontement suffit, sans invagination, grâce aux adhérences qui se développent {Fig. 24).

Fia. 23. — Schéma du procédé de Sabatier. — Traversée de la carte. — Légende : I, intestin; C, carte avec le fil /', passant dans l'intestin.

Ambroise Bertrandi, au chapitre Plaies de l'Intestin de son Traité des Opérations de Chirurgie (Traduction de Sollier de la Romillais. Paris, 1769,

p. 14), a décrit un procédé de suture nouveau. L'aide saisit un des angles de la plaie ; le chirurgien qui fixe l'autre prend une aiguille droite, armée d'un fil simple. Il perce alors une des lèvres à quelque distance de la plaie, à une ligne 1/2 ou 2 lignes du bord de la blessure. L'aiguille ressort à la même distance de l'autre côté. Elle traverse à nouveau l'intestin à 2 ou 3 lignes de l'endroit où elle vient de sortir pour venir reparaître de l'autre bord de la plaie, au même niveau que le premier

Fig. 24. — Suture sur carte avec affrontement par le procédé de Sabatier. (D'après Senn. Anse de fil tordue par erreur).

(1) Sabatier (Zoc. cit.) dit : « Ritch, qui avait suivi un de mes cours d'opérations, a décrit, d'après moi (dans le 4e vol. des Mém. de l'Acad. de Chir.), un procédé que j'enseignais depuis longtemps. »

point ; et ainsi de suite jusqu'à ce que la suture soit terminée.

De cette façon, tous les points d'entrée de l'aiguille sont sur

la même ligne de chaque côté.

C'est là ce qu'on a appelé la Suture transgressive. C'est en

réalité une suture à points passés, une sorte de suture en surjet à capitons {Fi g. 20).

Les lèvres de la plaie intestinale sont alors dégagées et

laissées sanglantes, de façon à ce qu'elles adhèrent aux parties voisines. Les deux bouts de fil sont placés au dehors, de façon à ce que ce lil puisse être retiré.

Au dire de von Frey, cette suture aurait été proposée par Petit, recommandée par de Garengeot,

Fig. 25. — Suture de Bertrandi mais faite, avec Bertrandi, seule-

pour petite plaie (D'après von . . . „ . , n . .

Frey). ment par Sabatier et mcherand(i).

Chopart et Desault, dans leur Traité des Maladies chirurgicales et des Opérations qui leur conviennent (Paris, 1779, t. II, p. i54), donnent des renseignements i rit ér es sants sur la façon de traiter les plaies del'intestin. Dans les cas de lésions légères, on passera une anse à travers le mésentère (La Peyronie). Si la plaie a 4 lignes et plus, on fera une suture à points passés, à la manière de Bertrandi et Petit. Si l'intestin est presque divisé, on invaginera le bout supérieur dans l'inférieur, d'après Ramdhor et Louis, et fixera la partie invaginée par un fil {Fig. 26 et 27).

On doit disposer le lil en anse au i/3 moyen de la plaie (1) Von Fbby, Loc cit., p. 12,

Fig. 26. — Suture de Chopart et Desault. — Méthode d'invagination partielle pour plaie transversale incomplète. (D'après

Senn).

et le passer dans les deux bonis de dedans en dehors.

Dans les cas de section totale, une carte roulée {Fig. 28J1,

trempée dans de l'essence de térébenthine, soutiendra les

deux bonis. La disposition adoptée pour la carte n'est pas la

même que dans les procédés de Ritsch et de Sabatier. On prend un iil long et souple, ciré,

Fif/. 21. — Suture de Chopart et Desault. — invagination partielle terminée. (D'après Senn).

Fia. 28. — Manière de passer le fil dans la carte roulée, d'après Ritsch-Chopart( Schématique;.

armé d'une aiguille à chaque bout. Le fil entre et sort aux deux extrémités d'un même diamètre. A l'une, il pénètre d'abord de dehors en dedans ; puis il va de dedans en dehors, de dehors en dedans, et de dedans en dehors, de façon à sortir à l'autre extrémité du diamètre. Le fil, situé sur le diamètre transverse de la carte, doit passer à travers le bout supérieur de l'intestin au milieu de l'espace compris entre le mésentère et le bord convexe {Fig'.

29 et 3o) ; on passe, en outre, une anse du iil dans le mésentère.

Ces tils ne sont pas noués ; on fait une anse qu'on tord. Watson (1), au lieu d'une carte, a recommandé l'emploi

(1) Watson. IntesHnwm reunlo uuper cyllndrum ex Ichthyocolla, — Med, communicationHf London, 1790, vol. II, p. 3Q0<

y;lh 99. — Invagination de Ritsch, modifiée par Chopart et Desault, pour plaie complète de l'intestin. (D'après von Frey).

d'un cylindre d' Ichthyocolle , sur lequel il réunit l'intestin.

Benjamin Bell (A System ofSurgery, Edimburg, 1787, t. V) (Wounds ofthe alimentary canal, chap. 36, sect. 12, p. 274) décrit la suture de Ledran et la Glover's suture ou surjet, la suspension des plaies complètes à la paroi

Fig. 30. — Invagination de Chopart et Desault pour plaie complète. (D'après Senn).

d'après Palfin (Fig. 3i); puis

une modification de la suture

du gantier pour les plaies

incomplètes (Fig. 3a). Cette

modification n'amène pas de

rétrécissement intestinal, car

les bords de la plaie sont maintenus en place ; mais le lil

doit empêcher la réunion et favoriser les inoculations (1).

Pour les sections complètes, Bell invagine le bout supérieur dans l'inférieur et suture sur un support, soit du carton mince, soit du papier, soit un petit cylindre de suif (Fig. 33). Il fait alors deux séries de sutures :

l'une près du bord de la section; l'autre un pouce

au-dessus (Fig. 34). Ces sutures, bien entendu, ne sont pas

fermées ; on retire les fils ultérieurement. A son dire, les

Fig. 31. — Fixation d'une plaie complète à la paroi. Procède de B. Bell. (D'après Senn).

Fig. 32. — Suture du Gantier modifiée de B. Bell. (Glover's suture). (D'après Senn).

(1) La Figure, que donne von Frey (Fig. 14) pour ce procédé, paraît être inexacte.

mouvements péristaltiques, la sortie du chyle, permettent de distinguer le bout supérieur de L'inférieur.

Fig. 33. — Invagination de B. Bell.

Support. (Vue en coupe). (D'après von Frey ).

Fig. 34. — Invagination de B. Bell. (Vue de face). Sutures nouées par erreur.

(D'après Senn).

Larfey (i) déclare que la suture lui paraît le meilleur procédé. Il faut rapprocher exactement les bords de la plaie, mais uc comprendre dans la suture que peu de tissu intestinal pour éviter le rétrécissement du canal. On doit, à son avis, utiliser la suture à points par dessus. C'est une suture du pelletier, double, exécutée en sens opposé pour chaque fil, c'est-à-dire à points alternatifs. Pour l'exécuter plus facilement, on doit prendre deux fils cirés et cératés, de couleur différente. (Fig. 35).

Ces fils doivent être longs, pour pouvoir être Fig.25.extraits aisément plus tard, et les bouts doivent être laissés hors du ventre (2).

(1) Laerey. Observation sur une 'plaie du bas ventre avec lésion de l'intestin grêle, précédée de quelques referions sur. les plaies des intestins eu général. — Revue médicale, historique et philosophique, 1K20, 5 juillet, 1"° année, 4° livr., p. 77-96.

(2) L'observation, qu'a rapportée Larrey dans ce mémoire, ne prouve rien, quant au procédé de suture employé ; elle montre seulement que le blessé, atteint au bas ventre et présentant une lésion de l'intestin grêle, était doué d'une certaine résistance !

Suture par le procédé de Larrey.

(D'après Senn).

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