Bouillon fétide, streptocoques
— -perfringens.
mn mesentericus,
09e 20, — Streptocoques, pyocyantques, pneumobacille. 3 août. — Streptocoques, pyocyaniques.
5° Enfin, i y a des cas où la suture est suivie d'une réaction générale pour ainsi dire nulle, mais il y a une réaction locale, tardive, caraetérisée par la désunion spon- {anée.
Chez ces blessés, après une période qui va souvent jusqu'à l'ablation des fils, dixième jour, la suture paraît devoir tenir mais, un beau jour, spontanément, elle cède sur une plus ou moins grande étendue : la suture, suivant l’expression de Tissier, s'ouvre comme un livre.
Cas. — C..., Joseph, 6.989.
Blessé le 27 juillet 1917 à 4 heures.
Opéré le 27 juillet 1917 à 21 heures 15, soit dix-sept heures quinze après la blessure.
Large plaie infectée de la région scapulaire gauche.
Opération. — Extirpation en bloc de la plaie, peau et muscles, sus- et sous-épineux. On constate une fracture de l'épine de l’omoplate. Ablation du tissu osseux fracturé, à la pince-gouge, lavage à l’éther, suture totale.
Suites. — 8. Réunion per primam sauf au niveau de la partie supérieure de la suture,
Le 17, désunion spontanée de la suture qui s’est ouverte comme un livre.
Examen bactériologique :
28. — Petits bacilles cuti-communis, bouillon trouble, grumelleux, gros bacilles en grappes, chaînettes douteuses. 29. — Chaïnettes de streptocoques, grappes et bacilles. 30. — Longues chaïînettes à grains fins enroulées. En
résumé, perfringens, staphylocoque, streptocoque.
Ainsi, voici une vaste plaie cutanéo-musculo-osseuse nettement infectée macroscopiquement avant l'opération, laquelle, cependant, grâce peut-être à une exérèse chirur-
gicale large, n’a été suivie d'aucun accident immédiat, a réuni par première intention. La désunion spontanée en livre (Tissier), caractéristique des plaies streptococciques, s'est produite le vingtième Jour.
Cas. — B..., Louis, n° .676.
Blessé le 4 novembre 1917 à 20 heures.
Opéré le 5 novembre 1917 à 11 h. 30, soit quinze heures trente après la blessure.
Plaie de l'avant-bras droit et de la région dorsale.
Opération. — Extirpation en bloc d'une plaie musculaire, longue de cinq travers de doigt et large de trois, avec éclatement et sphacèle des muscles, éther, suture. Désunion spontanée après l’ablation des fils le douzième
jour. | Le prélèvement bactériologique avait décelé du strepto-
coque et du staphylocoque.
REMARQUES. — Comme dans l’observation précédente vaste plaie Imfectée contenant du streptocoque, l'exérèse chirurgicale semble avoir été suivie d’une réunion per primam. La désunion survient le douzième jour, alors que l’on avait pu espérer au moment : de l’ablation des fils que la suture tiendrait.
En terminant cet exposé des formes cliniques de l’évolution des sutures dans les plaies à streptocoques, nous devons signaler une observation qui offre un très grand intérêt, parce qu’il s’agit d’une plaie pénétrante du crâne avec projectile intracranien et esquilles intracérébrales dans lequel l'examen fait avant l'opération avaitrévélé du streptocoque et qui a évolué avec la plus grande simplicité. Pas de réaction géné-
rale, réunion par première intention, aucun symptôme cérébral. Ce blessé a été suivi par nous pendant trois mois,
OBSERVATION. -— G..., Jean-Baptiste, n° 7.044.
Blessé le 29 juillet 1917 à 12 heures.
Opéré le 30 juillet 1917 à 10 h. 30, soit vingt-deux heures trente après la blessure.
Plaie du cuir chevelu, région pariétale gauche.
Opération. — L'exploration montre un projectile encastré dans l'os, fracture de la table interne, ouverture des méninges, deux esquilles dans le cerveau. Ablation de tous les tissus traumatisés, cutanéo-musculo-ostéo-méningocérébraux ; alcool dans la plaie cérébrale, suture totale.
Cicatrisation parfaite, auenn symptôme cérébral, aucun phénomène inflammatoire,
Examen bactériologique :
31 juillet. — Longues chaïnettes fines de streptocoques dans l’eau de gélose.
En réfléchissant sur ces modalités cliniques, on peut se demander pourquoi telle plaie plutôt que telle autre comporte des accidents ou des incidents généraux ou locaux et pourquoi, en somme, étant donné une infection causée par un microbe analogue, du moins en apparence, le streptocoque, elle puisse comporter une évolution différente.
Trois hypothèses nous paraissent pouvoir être formulées à cet égard. On peut se demander si la simplicité plus ou moins grande des suites dans ces plaies pourtant streptococciques n’est pas due à la perfection de l’exérèse chirurgicale, On conçoit, en effet, qu'il y a
= des cas d'espèces permettant une ablation plus ou moins correcte, plus ou moins complète, plus où moins facile.
Dans une deuxième hypothèse, on peut faire intervenir une résistance spéciale de l’individu, peut-être une vaccination relative, antécédente au traumatisme qui, au cours d’une affection streptococcique antérieure, aurait déjà habitué l’organisme à se défendre contre ce microbe.
Enfin, en troisième lieu, ne pourrait-on pas se
demander si à ces réactions générales et locales variables ne correspondraient pas des streptocoques de virulences diverses.
: Ces considérations sur les modalités cliniques différentes de l'infection streptococcique semblent, en apparence, contredire la formule de Tissier sur le rôle pathogène du streptocoque. En fait, nous pensons qu’elles doivent être envisagées comme devant apporter une certaine restriction à son catégorique : « Toute plaie à streptocoque doit être désunie. »