TECHNIQUE OPÉRATOIRE
Préliminaires. — Les notions bactériologiques
acquises dans les chapitres précédents nous ont montré comment, seul parmi tous les microbes infectant, les plaies de guerre, le séreptocoque pouvait être un obstacle à la réalisation favorable de la suture primitive. Nous avons appris à le reconnaitre et, nous souvenant maintenant que les conditions nécessaires et __ suffisantes pour la réussite de la suture primitive sont,
d’une part, l'abscence de streptocoques, et d’autre part, la suppression du milieu de culture; il nous reste à étudier comment, pratiquement, il est possible dans une plaie donnée, de réaliser la suppression de ce milieu de culture. Nous sommes donc amené à envisager à présent ce que doit être l’exérèse chirurgicale,
ses limites, son étendue et les moyens pratiques pour
la réaliser. .
La suppression du milieu de culture, l’exérèse chirurgicale, nécessitent de la part de celui qui est appelé à l’exécuter une éducation chirurgicale, une technique opératoire acquise par une expérience de longue date, des notions précises et vécues de l’anato-
mie pathologique des plaies de guerre : à cette seule
condition il pourra, dans une plaie donnée, assigner des limites aux parties à sacrifier, improviser, comme
cela arrive le plus souvent, les dispositions opératoires
nécessaires et appropriées à chaque cas particulier. C’est une chirurgie qui doit être faite par un chirurgien de carrière, c’est une opération chirurgicale et non pas un épluchage, terme impropre, insuffisant et faisant naître dans l’esprit des idées contraires à la réalité qui impose d’une manière impérieuse; non pas. une chirurgie de (tripatouillage), si l’on peut dire, mais
une chirurgie méthodique « à ciel ouvert », une chirurgie de section : voir clair toute l'étendue de l'attemte traumatique, enlever largement en faisant la part des conditions anatomo-topographiques, de l’intégrité fonctionnelle et de la restauration future, ce sont là les conditions essentielles à remplir. Il ne. | faut enlever n1 trop n1 trop peu, mais il faut enlever suffisamment. :
Danger de la suture primitive avec une exérèse insuffisante. — L'importance d’une exérèse bien faite est capitale. S'il est vrai et nos observations le démontrent, exemples entre autres observations, D nt OATS AN nr ST Ste a,
n° 7.445, etc.; s’il est vrai, disons-nous, que, avec
une exérèse chirurgicale bien faite, quelle que soit la valeur pathogène du microbe, sauf bien entendu le streptocoque* on obtient une réunion de la plaie opératoire nous ne saurions, par contre, trop insister sur les dangers considérables que peut faire courir au blessé une exérèse chirurgicale insuffisante même dans un terrain microbien relativement peu virulent. Nous allons développer ici les conditions dans lesquelles à notre avis 1l est nécessaire de se comporter pour réaliser une bonne exérèse chirurgicale suppri-
- mant le milieu de culture. Ces considérations sont
d’ordre général et d’ordre spécial.
1 Ces numéros correspondent aux numéros des registres médicaux de l’Auto-chir. n° 12.
? Pourtant, ainsi que nous l’étudierons à propos des plaies à streptocoques il y a lieu de considérer l'influence de l’exérèse et la ‘possibilité même, lorsqu’elle a été réalisée de façon totale, de permettre la suture. (CF, in Etude clinique des plaies à streptocoque.)
LPS