‹ La sylviculture françaiseChapitre 4 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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A l'arrivée des Romains, la Gaule né différait pas de la Germanie au temps de Tacite. Les territoires des différents peuples, séparés par de vastes forêtis, en quelque sorte la propriété de tous, étaient exploités en commun, les bois et les terres vagues par la chasse et le pâturage, et les terrains défrichés par la culture, après un partage entre les familles renouvelé fréquemment et souvent même tous les ans,

Les Romains apportèrent avec eux le principe de la civilisation , l'individualisation de la propriété, qui consiste à substituer à la jouissance en commun le partage irrévocable de la terre et le droit absolu d'en disposer.

L'agriculture prit un grand essor, il fallut pourvoir à la conservation des forêts, et le régime forestier s'introduisit.

On distinguait trois principales sortes de forêts : celles qui servaient aux besoins ordinaires, sylvx c3sdu3B ; celles destinées au panage et à la glandée, sylvsB glandiferœ, et celles d'où l'on tirait le bois de

construction, sylva^ mater iariœ. On les appela plus tard taillis, clairs-chênes et hauts bois ou futaies pleines. Ces dernières étaient par excellence les forêts, foras, parce qu'elles n'étaient assujetties ni aux coupes ordinaires ni au pâturage et que l'accès en était interdit. Elles servaient surtout à la chasse, stabula alta ferarum.

Les forêts proprement dites, celles de la troisième catégorie, prirent befruebup d'extension ei devini^nt une entrave pour les populations. Il était difficile d'obtenir d'y prendre les arbres dont on avait besoioi et ces arbres devaient être marqués avant d'être eoupés/

Telle est l'origine du plus ancien mode d'exploitation^ laeoupe par pieds d'arbres^ et du premier mode de martelagei le martelage en délivrance, qui consiste à apposer deux marques^ l'une au corps de l'arbre et l'autre à 1» racine; Celle-ci doit être reproduite à la vériflcatîoQ de l'exploitation, au récolemént, et la souche qui ne porte pas de marque est réputée provenir d'un arbre indûment coupé dont le garde est responsable.

Ce régime administratif des forêts de futaie, que Ton appela plus tard le régime des défends» est fort ancien, et la Bible l'indique dans toute sa pureté au 8® verset du ehapitre II du 2" livre d'Ësdras ^

^ Nehemias, ayant obieau d'Artaxercôs de rebâtir Jérusalem, ajoute : « ie îë ijUpplle [Yé roi) iju'îl hie donne une lettte pouf Azaph, grand

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A partir du V® siècle, les barbares envahirent la Gaule romaine, s'attribuèrent les grandes forêts qui s'étaient constituées comme propriétés privées et celles du domaine, mais ils apportèrent avec eux le droit pour chacun de prendre dans la forêt le bois nécessaire à ses besoins, pourvu qu'il ne coupe ni Tarbre réservé par le propriétaire ni Tarbre à fruits. Les barbares avaient toujours usé de ce droit, qui fut « accepté avec joie et reconnaissance par le pauvre romain *. »

De l'antagonisme de ce droit primordial de la jouissance en commun et du droit absolu de propriété, principe de la civilisation, résultèrent les droits d'usage et un nouveau mode de martelage, le martelage en réserve.

Pour fixer les droits d'usage et en affranchir les forêts, il a fallu plus de dix siècles, et les compétitions nées de ce formidable conflit ne sont pas encore entièrement apaisées. Les préventions contre les forêts, les défiances réciproques des populations et de l'administration, le caractère des anciens forestiers.

maître de la forêt du roi, afin qu'il me soit permis d'y prendre du bois pour couvrir les portes des tours du temple, les murailles de la ville et la maison où je me retirerai. »

^ Après l'annexion de l'Alsace- Lorraine, le droit au bois mort a été rétabli, moyennant une faible prestation en argent, dans les forêts du domaine. Ce droit, semblable à celui des Burgondes, mais moins étendu, puisqu'il n'atteint que les forêts du domaine, a été accueilli par les habitants pauvres de manière à faire comprendre ce qui dut se passer douze ou treize siècles auparavant.

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qui sont surtout des légistes, et la lenteur des progrès de la sylviculture s'y rattachent évidemment.

De la nécessité pour le propriétaire de désigner les arbres qu'il se réservait est né le martelage en réserve, qui ne se généralisa qu'à l'abolition du régime des défends par la mise en coupe réglée des forêts de futaie.

La méthode des coupes par contenance est le point de départ de l'art forestier, qui grandit à mesure qu'étaient supprimés les droits d'usage.

Tous les efforts de l'administration furent pendant longtemps exclusivement employés à l'affermissement de la propriété forestière. Ce n'est que plus tard qu'ils s'élevèrent dans leur objet par leur tendance plus directe vers l'amélioration des forêts et la régularisation de leur revenu.

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