CHAPITRE II L.A mëtmode
La méthode française, dite méthode des coupes par contenance, ou simplement méthode par contenance, consiste à fixer la révolution des coupes, c'est-à-dire le nombre d'années après lequel on peut revenir sur le même point et y trouver autant à prendre avec la coupe qu'à l'exploitation précédente ^ à partager la forêt en un pareil nombre de divisions égales, à affecter à chacune des années de la révolution une de ces divisions ou assiettes, à suivre les coupes de proche en proche et sans interruption, et à les ramener périodiquement dans chaque assiette au terme de la révolution.
Cette méthode s'applique aussi bien aux taillis qu'aux futaies. Si l'on ne fait pas de réserves à la coupe, la forêt est en taillis simple ; si l'on fait des réserves, elle est en taillis composé, et plus on aug-
< Liv. XVI, t. XI, art. !•' et 13 du C. de Henri III. Lyon, 1559. — Liv. I, ch. XXII des Edits et Ord. des rois de France. Saint-Yon, Paris,
Digiti
mente le nombre des réserves, plus on approche de la futaie pleine.
Dans le taillis simple, les coupes sont d'âge gradué de proche en proche. Dans le taillis composé, les réserves successivement faites à chaque exploitation forment une sorte d'étage de végétation composé d'arbres de différents âges et surmontant le taillis d'âge gradué. Dans la futaie pleine, les rejets de souche sont peu nombreux ; des semis naturels, recrûs de futaie, remplacent le taillis.
A chaque exploitation, on fait coupe rase dans le taillis simple. Dans le taillis composé, on réserve un certain nombre de brins de l'âge de la coupe, et Ton exploite en même temps que le taillis une partie de la futaie. Dans la futaie pleine, on ne coupe non plus qu'une partie de la futaie ; le recrû est réservé de droit, on l'éclaircit ensuite * ; les futaies qui ne doivent pas s'exploiter sont marquées en réserve.
La coupe de futaie se fait d'après le même principe dans la futaie pleine et dans le taillis composé; elle doit être équivalente à l'accroissement et effectuée de telle façon qu^ le peuplement se retrouve, à la lin de la révolution, dans le même état qu'auparavant.
* Saint-Yon, page 324.