LA MÉTHODE
Dans le jardinage^ la révolution des coupes étant plus courte que dans le tire et aire, les dififérences de fertilité et de peuplement se compensent mieux, et les conditions moyennes de production sont plus égales d'une division à la suivante. Mais cette sorte d'égalisation n'est qu'apparente et peut être incessamment troublée par les effets plus ou moins heureux de la coupe sur les différentes nuances de peuplement que renferme chaque division.
Dans la pratique de la méthode allemande, on conseille de donner aux affectations des contenances inversement proportionnelles à la fertilité. Mais, à supposer que l'on y parvienne *, les éléments de la fertilité ne peuvent se séparer de la consistance du peuplement. Cette consistance même est autant la cause que la résultante de la fertilité. C'est par elle que les éléments de la fertilité sont mis en jeu;
* On ae doane pas de règle à cet effet.
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elle leur donne en quelque sorte la vie, qui se manifeste par l'accroissement. La consistance du peuplement dépend du forestier, qui ne peut se rendre compte de sa pratique et l'améliorer que par la connaissance de l'accroissement et des conditions dans lesquelles il se produit.
L'accroissement dont la donnée est nécessaire en sylviculture est lui-même une résultante de causes souvent inconnues, agissant simultanément dans le phénomène de la végétation que Ton décrit sans l'expliquer. Cette donnée ne peut donc être théorique et dépendre de quelque principe abstrait; elle ne peut être qu'expérimentale et provenir de constatations directes, non seulement sur l'ensemble, mais encore sur chaque division de la forêt, et il importe même d'augmenter dans une certaine mesure le nombre de ces divisions pour arriver à des notions plus certaines.
De ces constatations directes, des comparaisons et des études dont elles peuvent être l'objet, résulteront sans doute des données scientifiques réellement utiles, non qu'elles puissent jamais remplacer la donnée expérimentale de l'accroissement, mais parce qu'elles élèveront l'horizon des connaissances forestières.
La constatation directe de l'accroissement peut se faire avec toute méthode de traitement et en indiquera les côtés défectueux. Elle est d'ailleurs infiniment plus simple que tous les expédients imaginés
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pour y suppléer. Si la méthode allemande est tombée dans l'arbitraire, qu'elle se proposait d'éviter, c'est qu'elle ne s'est pas préoccupée de la constatation du fait de l'accroissement. C'est pour le même motif que le tire et aire, qui en abandonne l'appréciation au coup d'œil du forestier, n'a pu assurer la conservation et l'amélioration des forêts. C'est encore parce que le jardinage y supplée dans une certaine mesure en limitant le champ d'appréciation du forestier, qu'il donne de meilleurs résultats que les autres méthodes. La proportion du matériel à enlever est d'autant plus faible que la coupe revient plus souvent, que sa révolution est plus courte. Avec les révolutions de dix ans, le forestier vit assez longtemps pour voir le résultat de ses opérations et acquérir une expérience personnelle, c'est-à-dire une notion plus exacte de l'accroissement et des conditions dans lesquelles il se produit.
La nouvelle méthode a pour but de rendre ces notions plus certaines par la constatation du fait même de l'accroissement et des conditions dans lesquelles il se produit. Cette constatation sur laquelle elle repose est faite d'une manière positive; elle est indépendante de toute appréciation personnelle, sans exclure l'individualité, qui apparaîtra toujours dans l'application de la méthode.
Elle consiste :
1** A abréger autant que possible la période de
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révolution des coupes, qui doit être de cinq ou six ans, à partager la forêt en un nombre de divisions plus grand que celui des années de la période, et à déterminer au début de chaque période l'accroissement de la futaie, c'est-à-dire de tous les arbres audessus d'un minimum de grosseur fixé, 0"60 de circonférence à l'^SS de hauteur, par exemple;
2® A exploiter dans chaque période un volume égal à l'accroissement constaté pendant la période précédente, et chaque année le S*" ou le 6* de ce chiffre, selon la durée de la période;
3"* A affecter à chacune des années de la période un nombre entier de divisions tel que le total de leur accroissement pendant la période précédente soit autant que possible égal au chiffre de la coupe annuelle;
4"* A marteler la coupe en délivrance, en se conformant, pour le choix des arbres, aux indications fournies par les données de l'accroissement.
Dans les calculs d'accroissement, comme au martelage, on ne tient compte que du volume de tige des arbres de futaie.