‹ La symbolique (volume 2)Chapitre 23 sur 37 · XXII · texte numérisé non relu

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Doctrine protestante sur les bonnes OEuvres.

Que devons-nous entendre par bonnes œuvres? quel en est le mérite ? quelle en est la nécessité ? Voilà les questions sur lesquelles nous devons exposer l'enseignement protestant. Que tout cet article ne soit qu'une déduction rigoureuse du nouveau dogme sur la justification , c'est une chose qui par elle-même est de la plus haute évidence ; et nous voyons encore se reproduire le principe

litas quœdam et voluntas bona agnoscitur. Porro iste ipse habitiis justitiae tune absolute in nobis perfectus est , cuni explicat sese , et exerit in sanctas actiones; exercitalionemque continet justitiœ cum ipsa exercendi voluntate conjunctam. Ipso autem fidei initio , aut si spatium non est recte faciendi , licet totam perfectionem justitiae non teneat , idem tamen nobis potest ad salufem , quod absoluta pîenaque justitia. »

fondamental, que la vertu justifiante ne peut détruire le péché 5 ni restaurer riiomme dans tout son être. En un mot, le rapport établi par les réformateurs entre l'amour et la foi , telle est l'idée première qui pénètre toute leur doctrine sur les bonnes œuvres.

Nous l'avons entendu de la bouche de Luther : le péché originel , et avec lui tous ses effets , subsistent encore dans l'homme après sa justification. Aussi à peine le docteur étoit-il entré dans sa nouvelle carrière , qu'il rejeta la possibilité des bonnes œuvres, ajoutant que la meilleure action est même un péché véniel. Cette proposition ayant été censurée par la cour de Rome , Luther ne s'en tint pas là : il en vint jusqu'à soutenir que toutes les prétendues bonnes œuvres , c'est-à-dire , toutes les actions du chrétien sont autant de péchés mortels ; mais qu'ils lui sont remis à cause de la foi \ Mélanchthon enchérit encore sur la doctrine de son maître : il avança que tous nos actes, tous nos efforts ne sont que péchés". Enfin l'apôtre de

1 Luther. Assert, omn. Artic. 0pp. tom. IL fol. 325. b : « Opus bonum optime factum est veniale peccatum. Hic ( articulus ) manifeste sequitur ex priori , nisi quod addeiidum sit , quod alibi copiosius dixi : hoc veniale peccatum non natura sua , sed misericordia Dei taie esse... Omne opus justi damnabile est et peccatum mortale, si judicio Dei judicetur. » Cfr. Antilatom. (Confut. Luth. rat. latom. } 1. c. fol. 406. b. 407 et seq.

^Melanch. Loc. theolog. p, 108 : « Quas vero opéra justifies-

Genève , bien qu'il se servît d'expressions moins violentes , confirma l'enseignement de ses , deux devanciers*.

Ecoutons les preuves apportées par Luther ; elles répandront un grand jour sur notre sujet. Il faut distinguer, dit-il, deux choses dans l'homme justifié : mi serviteur du péché, saint selon la chair ; un serviteur de Dieu , saint selon l'esprit. Ainsi la personne du juste est partie sainte, partie souillée par le mal. Donc les œuvres % fruits d'une volonté pure à la fois et corrompue, sont l'un

tionem consequuntur , ea tametsi a spiritu Dei , qui occupavit corda justificatorum , proficiscuntur , tamen quia fiunt in carne adhuc impura, sunt et ipsa immunda. )> p. 168 : Nos docuimus, justificari sola Me... opéra nostra, conatus nosîros nihil nisi peccatum esse. «

'Calvin. Instit. 1. îï. c. 8. § 59. 1. III. c. 4. § 28.11 s'exprime de même dans son écrit de Necessit. reformandœ Ecoles, OpuscuL \). 430; mais avec beaucoup plus de modération que Luther. Il dit : « Nos ergô sic docemus, semper déesse bonis fidelium operibus summa m puntaiem , quae conspectum Dei ferre possit, imô ctiam quodammodo inquinata esse, etc. 3>

Quant à Zv^ingle, il expose dans un jour entièrement faux la doctrine protestante. Dans son écrit intitulé : Fidei chrisîianœ exposit. ad regem chrisHaniss. Gall. 0pp. tom. II. p. 658 , il dit : « Fidem oportet esse fontem operis. Si fides adsit , jam opus gratum est Deo : si dcsit , perildiosum est , quicquid fit , et subindenon tantum ingratum, sed et abominabile Deo.... Et ex nostris quidam ttocjOkoô^ws adseruerunt (?) , omne opus nostrum esse abominationem. Qua sententia nihil aliudvoluerunt, quam quod jam diximus! ? « Jamais Luther n'a voulu cela , car autrement il n'y auroit plus de contrariété dans cette matière.

-Luther. Assert, omn. Ariic. n. 31. opp. tom, ÎI. fol. 319<

et l'autre tout ensemble. Mélanclitlion enseigne également que jamais le fidèle ne peut se dégager de ce dualisme : Toujours, dit-il, et lors même qu'il est pénétré par la vertu d'en haut, toujours il reste dans l'homme deux natures, la chair et l'esprit'. Or la chair, suivant les réformateurs, c'est non-seulement le corps , mais c'est tout l'homme, toutes ses facultés, tout son être, à l'exception des nouvelles forces qu'il a reçues du CieP.

A présent ou jamais nous devons l'entendre. L'Esprit du Christ est trop foible pour renouveler, purifier, consacrer le fidèle, pour mettre dans nos cœurs un amour parfait, capable d'œuvres agréables à Dieu. Aussi , dès les premiers jours de la réforme, cent fois ses auteurs répétèrent que l'homme ne peut accomplir la loi , pas même après sa régénération \ Luther s'exprime avec une admirable naïveté. Comme les catholiques lui objectoient que Dieu ne commande pas l'impossible,

* Melancht, Loc. theol. « Ita fit ^ ut duplex sit sanctorum natura , spiritus et caro. »

2 Loc. cit. p. 138.

3 Melancht. Loc. theolog. p. 127 : « Maledixit lex eos, qui non universam legem semel absolverint. At universa lex nonne summum amorem erga Deum, vehementissimum metum Dei exigit ? a quibus cum tota natura sit alienissima , utut maxime pulcherrimum pharisaeismum praestes, maledictionis tamen rei sumus. )>

qu'ainsi nous pouvons l'aimer de tout notre cœur , il répondoit : « Commander et faire sont deux ; commander c'est bientôt dit ; mais obéir n'est pas si tôt fait. C'est donc mal raisonner que de dire : Dieu nous a commandé de V aimer ; donc nous pouvons r aimer ' . »

L'impossibilité de soutenir cette doctrine, sa contradiction manifeste avec l'Ecriture sainte , la pernicieuse influence qu'elle exerçoit sur les mœurs de ses partisans, mais surtout les objections des catholiques ; tout cela peu à peu amena quelques correctifs qui ont été consignés dans les derniers écrits de Mélanchthon , et même dans les confessions de foi publiques'. Cependant on resta toujours dans la réforme loin , bien loin du but que l'Eglise universelle montre à ses enfans.

Si maintenant on demande quel est le mérite des bonnes œuvres , ou plutôt quel est le mérite de la volonté droite , du cœur sanctifié , de l'observation de la loi par l'amour, on voit que les protestans doivent résoudre cette question d'une tout autre manière que les catholiques. En effet.

1 Auslegunddes Briefes... (Commentaire sur VEpître aux Gai. ) endroit cité, p. 233.

2 Apolog. IV. de Dilect. et implet. legis, § 50. p. 91 : « Ha'c ipsa legis impletio , quœ sequitur renovationem , est exigua et immunda. » § 46. p. 88 : « In hac vita non possumus legi satisfacere. »

par cela seul que les réformateurs nioient la libre coopération à la grâce, ils dévoient forcément rejeter toute espèce de mérite ; l'idée même en devenoit à jamais impossible. D'un autre côté , la vertu justifiante, d'après leur doctrine, n'enfante pas la sainteté dans l'âme du juste : donc ils ne pouvoient faire éclore le salut comme un fruit de la sainteté inhérente au fidèle. Aussi, entre le ciel et la vertu , de même qu'entre la justification et la sanctification , ils assignent une distance immense, infinie'.

Pour apprécier toute l'opposition des symboles sur le point qui nous occupe , il suffit de se rappeler l'affaire de Georges Major, célèbre professeur à Wittenberg. Major voyoit avec douleur que parmi les siens on négligeoit entièrement la pratique des vertus chrétiennes. Il crut opérer un changement salutaire , en enseignant que les bonnes œuvres sont nécessaires pour le salut. Quant au reste, c'est à peine s'il se rapprocha d'un pas vers la doctrine catholique. En effet il n'établit aucun rap-

* Solid. Declar. ÏV. § 15. p. 672 ; « Intérim tamen diligenter kl hoc negotio cavenduin est , ne bona opéra articulo justificationis et salutis nostrae immisceantur. Propterea hae propositiones rejiciuntur : bona opéra piorum necessaria esse ad salutem, etc. j» III. de fidei justitia , § 20. p. 658 : « Similiter et Renovatio seu Sanctificatio , quamvis et ipsa sit beneficium mediatoris Christ» et opus Spiritus sancti , non tamen ea ad articulum aut negotium jiistificationis coram Deo pertinet : sed eam sequitm'. >'

port intime , nécessaire entre la sanctification et k glorification ; seulement il représenta les œuvres comme une condition sans laquelle on ne peut obtenir le ciel '. Cependant on se souleva de toute part contre sa doctrine; alors Amsdorf, l'ancien ami de Luther, publia un livre pour montrer que les bonnes œuvres sont nuisibles au salut'. De

^ Voici la différence qu'établit Marheineke entre la doctrine antique et le nouvel enseignement. Les protestans , dit-il , rejettent la nécessité des bonnes œuvres ; tandis qu'elles sont , d'après les catholiques , la condition sine quâ non pour arriver ao salut. Ici l'auteur, on le voit assez, prête à l'Eglise le sentiment de Georges Major. La condition sine quâ non, dit Mélanchthon (Frotemat. diaîectices, Witîenb. 1650. p. 27G.}, n'est pas la condition intrinsèque d'un effet ; mais elle est ce en l'absence de quoi l'effet ne peut avoir lieu. Faisons une supposition : un roi promet la main de sa fille au chevalier qui aura fait douze fois le tour d'une grande place ; dans ce cas la condition n'est pas en alliance intime avec son effet. Mais voici, au contraire, une comparaison qui peut s'appliquer au dogme catholique. Un pèie promet sa fille à celui qui l'aimera et qui en sera aimé; cet amour réciproque est la condition intrinsèque du mariage, c'est quelque chose qui tient à son essence.

2 Voici le titre de cet ouvrage apostolique : Niklas von Amsdorf, dass die propositio... ( Nicolas d'Amsdorf : Que la proposition, les bonnes œuvres sont nuisibles au salut, est une proposition juste , vraie, chrétienne , prêchée par saint Paul et par saint Luther), 1559. 4. Notre docteur soutint sa proposition à peu près dans le même sens que Luther a pu soutenir cette thèse : fides nisi sine ullis , eiiam minimis operibus, nonjustificat, imô non est fides. (0pp. tom. L p. 523). Après ce qui a été dit jusqu'ici , on doit facilement concevoir le sens de cette thèse ; d'ailleurs elle est immédiatement suivie de celle qu'on va lire : Impossibile est, fidem esse sine assidui^, mullis

son côté , le livre de la Concorde descendit aussi dans la lice ; et tout en désapprouvant la doctrine d'Amsdorf 5 il ne rejeta pas moins renseignement de Major; car, dit ce symbole, il est incompatible avec les propositions : La foi seule justifie, nous devenons justes sans les œu9res\

Mais si les bonnes œuvres ne sont pas nécessaires au salut, sont-elles du moins nécessaires en général ? Ici les luthériens ont donné différentes réponses ; mais la seule possibilité de cette question , dans un système dogmatique , suppose déjà une étrange confusion d'idées. Dans plusieurs passages, la confession d'Augsbourg, ainsi que l'Apologie , dit que les bonnes œuvres sont nécessaires"; mais quelle idée devons-nous attacher à ce mot ? Voilà ce qu'il n'est pas facile

etmagnis operibus. Ces deux thèses renferment des expressions violentes , exagérées au-delà de toute mesure : c'^st d'après notre exposition qu'on doit les apprécier. L'éditeur des OEuvres de Luther dit que c'est dans les thèses de ce réformateur qu'on trouve le plus facilement sa véritable doctrine ; ce que nous avons trouvé très vrai.

^ Solid. Declar. IV. § 15. p. 672 : « Simpliciter pugnant cum particulis exclusivis in articulo Justificationis et Salvationis. » § 25. p. 676 : « Intérim haudquaquam consequitur, quod simpliciter et nude asserere liceat , opéra bona credentibus ad salutem esse perniciosa. »

2 Solid. Declar. IV. § lo. p. 670 : « Negari non potest, quod in Augustana Confessione , ejusdemque Apologia haec verba saepe usurpentur atque repetantur : bona opéra esse necess aria, etc. »

de déterminer. Peut-être veut-on dire que la foi se montre toujours par quelques actions. Au reste, la vertu ne demeure pas entièrement sans récompense : le livre de la Concorde lui assure des avantages temporels , et une plus grande rémunération dans le séjour des bienheureux '. Ainsi la foi seule mérite le ciel absolument, mais les œuvres méritent encore quelque chose de plus.

Avec combien plus de pénétration , plus de profondeur les scolastiques n'ont-ils pas déterminé la relation des œuvres à la foi par rapport au salut' ? Qu'est-ce donc que la foi vive ? Les œuvres encore renfermées dans le cœur; et les œuvres sontelles autre chose que la foi manifestée ? Ainsi les œuvres et la foi ne sont qu'un ; seulement leur mode d'existence est différent. Or c'est de ce point de vue que les catholiques expliquoient les endroits de l'Ecriture où le ciel est promis tantôt à la foi , tantôt aux œuvres ; et Luther cherche lui-même à réfuter, d'après ces principes, l'objection tirée des nombreux passages qui attribuent le salut aux vertus chrétiennes. En effet, le Réformateur dit que la foi et les œuvres ne sont qu'un SQ\A gâteau; que ces deux choses, vu leur unité

1 Loc. cit. 1. IV. § 25. p. 676.

^ Voy. par ex. Heinrich Schmicl : der Mysticismus de.^ Mitlelalters ( Le mysticisme dit, moyen âge par Henri Sclimid ) , Jena 1824. p. 345 et suir.

inséparable , échangent leurs attributs. Ainsi les Livres saints , continue-t-il , attribuent à la divinité en Jésus-Christ les qualités de la nature humaine , et réciproquement \ ^ .

Mais comment Luther ne vit-il point qu'en donnant cette réponse , il se plaçoit sur le terrain des catholiques , et mettoit au néant le dogme posé par lui : La foi justifie sans les œuwes? Car admettez-vous que la foi et les œuvres ne forment qu'une unité , que ces deux choses sont aussi étroitement enchaînées que le principe et la conséquence , que la cause et l'effet, de ce moment vous ne pouvez plus dire : La foi justifie sans les œuvres; de ce moment la foi n'a de valeur qu'autant qu'elle agit par l'amour : conséquence qui renverse de fond en comble toute la doctrine protestante sur la justification. Voilà comment le docteur s'enlaça dans ses propres filets : ici il attribue la vertu justifiante à la foi dirigée par l'amour ; et suivant tout son système , il ne doit l'attribuer qu'à la foi comme organe , à la foi qui s'attache uniquement aux mérites de Jésus-Christ % Seulement de ce

* Luther. Ausleg. des Brief. an die Gai. end. cit. p. 145.

2 Luther fait aussi ce raisonnement : les bonnes œuvres sont les fruits de la vie nouvelle , de l'esprit supérieur. Donc elles ne peuvent rendre juste devant Dieu; mais il faut au contraire, pour qu'elles soient bonnes , que déjà l'homme soit juste. Tischreden, Jena 1603. p. 171 : « Que les bonnes œuvres ne méritent ni la grâce, ni la vie, ni le salut , c'est ce qui ne peut être

point de vue , Lullier pouvoit décoaynr ioute îa fausseté de son enseignement. Jamais TEcriture sainte n'auroit promis aux œuvres le salut éternel , si la foi instrumentale justifioit seule , indépendamment des vertus religieuses et morales. Si donc les Ecritures nous disent : Une éternité de bonheur est réser{>ée à la foi non moins qu'aux œuf^res qui en découlent, évidemment il s'agit de cette foi même que les catholiques appellent foi formée par la charité» Aussi Lutîier abandonna-t-ii bientôt la réponse dont il s'agit ; car , de son autorité souveraine, il ordonna de ne plus parler des œuvres lorsqu'il est question de la foi justifiante ', c'est-àdire 5 de ne plus voir dans la foi et les œuvres un seul gâteau, mais deux choses essentiellement

sujet à contestation ; car les œuvres ne sont point îa renaissance spirituelle, mais seulement elles en sont les fruits. Ce n'est point par les œuvres que nous devenons chrétiens , justes , saints , enfans et héritiers de Dieu ; tout au contraire , il faut que la miséricorde divine en Jésus-Christ nous ait justifiés par la foi ; il faut que nous ayons été régénérés , transformés dans tout notre être , pour être capables de bonnes œuvres. Que l'on insiste sur la régénération, sur les substantialia , l'essence du chrétien , et le mérite des œuvres pour le salut est tué , réduit en poudre. y> Vaines paroles jetées en l'air: car l'Eglise enseigne aussi que les œuvres ne méritent pas la régénération, mais qu'elles sont les fruits de la vie nouvelle enfantée par l'Esprit saint. Toutefois , comme elle conçoit l'arbre et ses fruits sous une seule idée , eile ne pouvoit dire que la vie nouvelle mérite le ciel indépendamment des bonnes œuvres.

^Jusîeg. des Br. an die Gai. p. 7 4. SoJid Dcclar. liî. de

dilTérentès. Quant au livre de la Concorde, il n'entra jamais dans l'idée du gâteau; mais il ne promit à la vertu que des récompenses temporelles 5 et un fleuron de plus dans le ciel.

Comment MM. Reinhardt et Knapp ont-ils pu croire cette doctrine capable d'opposer une digue aux passions ? comment ont-ils pu la trouver conforme à l'Ecriture , puisqu'elle promet le ciel aux bonnes œuvres , purement et simplement ' ? (Voy. par ex. Mattli. 25. 31 et suiv. )

fid. justif. § 26. p. 660 : « Etsi conversi et in Christum credentcs liabeot inchoatam in se renovationem , sanctificationem , dilectionem , virtutes et bona opéra : tamen haec omnia nequaquam immiscenda sunt articulo justificationis coram Deo : ut Redemtori Christo honor iliibatus maneat, et cum nostra nova obedientia imperfecta et impura sit, perturbatae conscientiae certa et firma consolatione sese sustentare valeant. »

* Luther, {Tischredeii. Jena 1603. p. 176.) explique , avec une profondeur sans égale , le rapport établi par l'Ecriture entre le salut et les bonnes œuvres. Il faut voir , dans cet admirable passage, comment le Réformateur savoit torturer le sens des Livres saints. Qui le croiroit? Les récompenses promises à la vertu ne sont , à son jugement, que des moyens pédagogiques ^ sans aucune relation à la vie intérieure. Voici ce passage : « En 1542 (par conséquent dans son âge mûr, peu de temps avant sa mort) le docteur Martin Luther dit : ^ Il en est de la justification devant Dieu , comme d'un fils qui , héritier des biens paternels , y succède non pas à cause de ses mérites , mais bien sans mérites ni œuvres quelconques. Cependant son père lui commande de faire ou d'exécuter ceci ou cela , lui promet aussi un présent ou un don, afin qu'il s'y porte de meilleure grâce, qu'il le fasse plus facilement, plus volontiers, avec plus de joie. De même il lui dit t si tu es sage, obéissant et soumis, si tu étudies avec appli-

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