‹ La symbolique (volume 2)Chapitre 4 sur 37 · XXXV · texte numérisé non relu

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dans la christologiè ^ , D'un autre côté, l'église grecque n'est en opposition avec les catholiques dans aucun point concernant la foi**. Nous ne pourrions donc nous en occuper sans parler en même temps des nestoriens et des monophysites , qui sont en contradiction formelle soit avec les catholiques, sôit avec les grecs orthodoxes , soit avec les protestans mêmes. Or le hut que nous nous sommes proposé ne nous permet pas d'entrer dans d'aussi longs détails. D'ailleurs nous n'avons pas jugé nécessaire d'exposer ces différences de doctrine; car, outre que toutes les histoires ecclésiastiques nous offrent, à cet égard, des renseignemens plus que suffisans, il est clair qu'aucun intérêt présent et vivant ne nous conduit à la controverse orientale.

La doctrine des luthériens et des réformés , au contraire , doit être exposée dans tout son jour en

*La christologie traite de la personne de J.C, de l'union des deux natures, de la satisfaction pour nos péchés, etc. (iV. du tr.)

** Beccus ou Yeccus, Léon AUacci, etc., prouvent le sentiment de notre auteur. Les passages et les autorités par eux cités ne laissent aucun doute à cet égard : toujours lesGrecs instruits ont reconnu la suprématie du Pape , toujours ils ont confessé que le Saint-Esprit procède et du Père et du Fils. L'ignorance seule, même dans cette église, a nié ces deux points de doctrine. On peut aussi consulter le comte de Maistre sur ce sujet, {Note du trad.)

ce qu'elle a de contradictoire avec la doctrine de -^; ,: l'Eglise catholique; et, réciproquement, les dogmes ^ affirmés par cette église , doivent être mis en parallèle avec les négations de ces deux sectes. On pensera peut - être que la foi catholique , telle qu'elle a été maintenue contre les réformateurs , pourroitêtre supposée connue d'avance; de même que Plank, dans son exposition comparée, supposa la doctrine luthérienne déjà connue de ses lecteurs. Mais, comme le protestantisme n'a eu d'existence qu'en se posant en contradiction avec l'enseignement de l'Eglise, il ne peut non plus être saisi que dans cet antagonisme ; et voilà pourquoi le dogme catholique , qui est l'antithèse du dogme protestant, doit être sans cesse présent à l'esprit , si l'on veut apprécier ce dernier à sa juste valeur. D'un autre côté, notre travail est aussi adressé aux protestans , et c'est là une raison de plus de donner quelque étendue à l'exposé de nos croyances; car cette classe de lecteurs en ont^iîà une connoissance plus que superficielle? on ne peut le supposer.

Les différentes sectes qui se sont formées au milieu de l'église protestante , les anabaptistes ou les mennonites, les quakers, les méthodistes, les

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scllwedenborgiens , etc., ne doivent pas non plus être passées sous silence. Ces corporations ne sont qu'un développement ultérieur de Tévangélisme primitif, elles n'ont fait qu'en pousser les principes jusqu'à leurs dernières conséquences. Quoique ces sectes ne soient pas toutes nées dans le seizième siècle, noua les considérons cependant comme appartenant à cette époque sous le rapport de la doctrine.

Les socinîens et les arméniens réclament aussi toute attention. Ces hérésies forment l'extrême opposé du protestantisme; car, de même que celuici sortit d'un sentiment exalté et exclusif par conséquent, ainsi ces communions durent leur existence à un rationalisme non moins exclusif, ou du moins elles vinrent s'y résumer. Rejetant ouvertement les bases dogmatiques de la réforme, elles tombèrent d'un extrême dans un autre, tandis que le catholicisme tient le milieu entre les deux abîmes. Au reste, doit-on compter les sociniens parmi les sectes protestantes ? c'est un point sur lequel les protestans mêmes ne sont pas d'accord. On ne peut, à la vérité, considérer le socinianisme comme le pendant du protestantisme orthodoxe; et c'est ce que noq^ avons fait entendre

assez clairement , lorsque nous avons dit qu'il a , sur le christianisme , des vues directement opposées à celle des réformateurs. Cependant, comme les protestans n'ont pas encore congédié^ selon l'expression de M. Hahn, les rationalistes de leur communion, on ne voit pas pourquoi ils ne pourroient y admettre les sociniens. Quiconque abandonne l'Eglise catholique ; quiconque parmi nous renonce à la foi de ses pères , qu'il croie ou ne croie pas, qu'il soit tombé jusque dans les dernières erreurs du socinianisme , n'importe ; la société lui ouvre les bras avec joie. Après cela , seroit-il juste que nous fussions intolérans au nom des protestans ? Pourrions-nous refuser aux sociniens la satisfaction de voir réalisés , du moins dans cet écrit , des vœux qu'ils forment depuis si long-temps. Quant aux rationalistes , nous ne devons point nous en occuper dans notre exposition ; car leurs principes n'étant professés par aucune assemblée religieuse , nous ne pourrions les présenter que comme les opinions de mille individus , nais non pas comme la doctrine d'une corporation particulière. Le rationalisme n'ayant pas de symbole, ne peut prétendre à la moindre place dans la Symbolique, M. Rœhr, à la vérité, a formulé une con-

fession de foi avec des débris de ce système ; mais que son écrit ait été reconnu par aucune église , voilà ce que Testimable auteur ne nous apprend pas.

Enfin , nous ne nous arrêterons point à examiner la doctrine des saint - simoniens , attendu qu*on ne peut nullement les compter parmi les communions chrétiennes. Pour qu'une secte mérite d'obtenir cette place d'honneur, il faut au moins qu'elle glorifie le Christ comme ayant élevé l'humanité au plus haut point de développement religieux ; de manière que tout ce qui dans la suite a été pensé et senti en fait de religion, ne soit tout au plus que le fruit du germe dévie donné par lui. Pour la même raison nous ne parlerons non plus ni des carpocratiens ni des mahométans ; car les uns plaçoient Orphée , Pythagore , Socrate, Platon sur la même ligne que Jésus-Christ ; tandis que les autres élèvent le prophète arabe au-dessus du fils de Marie, Il en est de même des saint- simoniens. A leur jugement, le christianisme ne renferme pas la pleine conception de l'idée religieuse ; le christianisme , pour eux , c'est un passage , une phase nécessaire pour arriver à ce qu'il leur plaît de nommer religion absolue; religion dans laquelle

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toutes viendront se résumer comme en leur complément. Se plaçant au-dessus du christianisme, les saint-simoniens se placent hors de lui.

3" La définition donnée plus haut fixe les limites dans lesquelles doit se tenir la Symbolique, en traçant le caractère des assemblées religieuses qui sont l'objet de ses recherches. Ne traitant que des contrariétés dogmatiques , elle se horne à exposer les différentes doctrines ; elle ne s'occupe ni de la liturgie , ni de la discipline , ni surtout des rapports qu'a telle église avec telle société politique. A cet égard , la Symbolique se distingue des traités de liturgie comparée, de la statistique ecclésiastique^ etc. La règle que nous venons d'énoncer ne peut souffrir que peu d'exceptions.

4^ Enfin la même définition indique les sources où doit puiser la Symbolique. Il est clair que les symboles des différentes églises doivent avant tout fixer nos regards, et c'est de là que la science a pris son nom. Cependant il ne faut point négliger d'autres écrits qui peuvent donner des éclaircissemens désirables , nous faire entrer plus avant dans le sujet. En conséquence les liturgies, les prières , les hymnes en usage dans le culte , pourroient être invoquées par l'écrivain, car

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elles sont également l'expression de la croyance commune. Mais , nous ne devons point l'oublier,, le sentiment et l'enthousiasme a son propre langage, bien éloigné delà précision dogmatique. Aussi n'avons -nous apporté en preuve aucune hymne de l'église protestante, quoiqu'on puisse en tirer souvent un grand parti, et que plusieurs expriment le dogme avec la plus rigoureuse exactitude. Nous avons usé de la même retenue à l'égard des prières , des liturgies reçues dans Féglise catholique ►

Que les écrits particuliers des réformateurs aient aussi une grande importance pour la Symbolique, c'est une chose qui est par elle-même de la plus haute évidence. Nous devons sans cesse recourir à ces ouvrages , si nous voulons pénétrer l'essence du protestantisme, et l'apprécier à sa juste valeur. De même les théologiens catholiques reconnus pour leur orthodoxie, surtout l'histoire du concile de Trente, fournissent des éclaircissemens satisfaisans sur les articles de notre symbole. Cependant, il ne faut pas confondre les sentimens d'un ou de plusieurs docteurs avec la croyance de leur église. Cette règle doit être observée même à l'égard des réformateurs; de

telle sorte que l'on ne présente jamais, comme doctrine protestante , les opinions qui se trouvent à la vérité dans leurs écrits , mais qui n'ont pas reçu une sanction formelle et publique. Au surplus , on ne doit pas se servir de la même manière des ouvrages des catholiques et de ceux des réformateurs. L'importance du sujet exige ici quelques développemens.

Les réformateurs ont, avec la doctrine de leurs partisans , de tout autres rapports que les docteurs catholiques avec l'enseignement de leur église. Luther, Zwingle et Calvin sont les auteurs des opinions reçues parmi les leurs ; mais il n'y a aucun dogme catholique dont on puisse attribuer l'origine à quelque théologien. Comme tout le corps de doctrine qui donne aux sectes protestantes une vie particulière , a été , dans sa forme primitive, enfanté par Luther; comme tous ses disciples tiennent de lui l'existence et se nourrissent de sa plénitude , c'est aussi en lui que nous devons puiser la vraie intelligence de ses principes. Les impressions particulières qui le conduisirent à son système, ou qui du moins en accompagnèrent la naissance ; les vues générales dans lesquelles il embrassoit tout l'ensemble, en même

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temps qu'il traçoit la base sur laquelle s'est élevé tout l'édifice ; les preuves apportées en faveur de sa doctrine , et qu'il trouvoit soit dans la raison , soit dans ses sentimens : tout cela est d'un haut intérêt pour qui veut pénétrer scientifiquement dans l'essence du protestantisme, et s'emparer de l'idée mère de laquelle découlent tous ses dogmes. Les nouvelles croyances sont tellement liées avec leur procréation dans l'esprit de Luther, tellement enchaînées avec les passions qui remplissoient son âme , que l'on ne peut , en aucune manière, séparer les unes des autres. Aussi-bien le dogme n'a -t- il de valeur et de vérité, que celle que lui prêtent les causes qui l'ont produit. Assurément nous n'attribuerons pas aux sectes séparées les points de doctrine non consacrés par leurs symboles; mais cette règle, toute rigoureuse qu'elle est, ne détruit point ce que nous venons de dire. En général les protestans se contentèrent des dogmes que l'esprit de Luther alloit enfantant successivement ; puis , séparant ces produits de leur base vivante , ils les rendirent incompréhensibles à la science : car les peuples , pour l'ordinaire , se paient de dogmes flottans , sans liaison , sans ensemble. Or la science doit

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combler ce vide en reposant l'édifice sur ses fondemens ; et , pour remplir cette tâche , il faut qu'elle consulte les écrits de Luther, et jusqu'à certain point ceux des autres réformateurs.

Les théologiens catholiques se trouvent dans une tout autre position. Comme le dogme qu'ils commentent n'a point été créé par eux, il faut bien distinguer ce qu'ils ont de particulier d'avec le dogme universel ( d'avec le dogme enseigné par Jésus-Christ et les apôtres , et défini par l'Eglise). De même que la foi existoit avant les explications qui en ont été données, de même elle peut exister indépendamment de ces explications. Cette distinction entre le particulier et le général implique une société parfaitement constituée , et en même temps fondée sur l'histoire et la tradition. Aussi ne peut - elle être faite que dans l'Eglise catholique , et même nous devons dire qu'elle y est nécessaire ; car l'unité , dans son essence, n'est pas l'uniformité. L'activité individuelle , dans la spéculation comme dans la pratique , n'a de bornes que celles qu'elle trouve dans les vérités universelles : tant qu'elle ne menace ni de les bannir ni de les renverser , un libre champ doit être laissé à ses efforts.

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