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XLVII

Origine de l'Eglise visible. — Dernière raison de la vérité d'une proposition de foi.

Mais comment, dans la société des fidèles, Luther voit-il une institution visible et tout à la fois tombant sous les sens? ou comment, dans sa pensée , l'église intérieure paroît-elle à la lumière ?

Voici sur ce point les idées du Réformateur. La foi en Jésus-Christ prend racine dans l'intelligence ; ce germe se développe , parvient à la maturité : voilà le disciple du Sauveur. Cependant il n'est encore en rapport qu'avec l'église invisible; il est membre de cette vaste famille qui embrasse tous les adorateurs du Christ. Mais lorsqu'il dit ses pensées , ses sentimens ; lorsqu'il professe sa foi , il se montre chrétien , partisan du Seigneur, à la lumière du jour. Alors rencontret-il la même croyance autour de lui , on voit aussitôt ces fidèles se rapprocher, se réunir, former la société la plus étroite : de ce moment l'Eglise

est devenue visible, d'invisible qu'elle étoit. La foi commune qui les unissoit intérieurement avant qu'ils se connussent , forme désormais la doctrine commune et les enchaîne par un nœud extérieur. Expression du culte public , les sacremens viennent encore jeter de nouveaux liens autour de la communauté.

Telle est la pensée dans laquelle Luther conçut sa doctrine sur l'Eglise. Erasme, dans son écrit sur la liberté, attaqua le côté foible de cette doctrine. Cependant le Réformateur y avoit déjà apporté grand nombre de correctifs ; et pour lors il déclara qu'il n'approuvoit pas ceux qui , dans tous leurs discours, se fondoient sur l'inspiration du Saint-Esprit. En effet, dit-il, la certitude chrétienne repose sur un double fondement, d'abord sur le témoignage intérieur, puis sur les preuves bibliques apportées par les ministres de la parole '. Ainsi les pasteurs sont les représentans de la so-

* Luther de servo arbitrio, opp. tom. III. fol. 182 : « Neque illos probo, qui refugium suum ponunt injactantia spiritus. Nos sic dicimus, duplici judicio spiritus esse explorandos seu improbandos. Uno interiori , quo per Spiritum sanctum vel donum Dei siogulare , quilibet pro se , suaque solius salute illustratus , certissime judicat et discernit omnium dogmata et sensus , de quo dicitur I. Cor. 2, 15 : Spiritualis omnia judicat, et a nemine judicatur. Hœc ad fidem pertinet , et necessaria est cuilibet etiam privato ChristianO. Hanc superius appellavimus interiorem claritatem Scripturse sacrae. — Alterum est judicium externum , quo non modo pro nobis ipsis, scd et pro aliis et propter aliorum

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ciété des fidèles ; donc l'Eglise est visible : mais en même temps ils proclament la doctrine inspirée dans la conscience, ils révèlent et manifestent les enseignemens des saints : donc l'église visible est l'expression de l'église invisible.

Afin de compléter la notion de l'Eglise d'après les luthériens , nous devons faire encore quelques observations. Luther confondit le sentiment intérieur avec le témoignage du dehors , ou , pouf mieux dire , ses principes fondamentaux le conduisirent forcément à cette erreur. Après avoir longuement disserté sur cette question : Comment le fidèle est-il assuré d'avoir pris le vrai sens des Ecritures f il pose ce principe : « Tu dois être certain , dit-il , quand tu peux conclure et dire avec assurance : Voilà la pure et droite doctrine ; je veux vivre et mourir dans cette croyance ; quiconque enseigne autrement, qu'il soit ana-

salutem, certissime judicamus spiritus, et dogmata aliorum. Hoc judicium est publici niinislerii in verbo , et oflicii externi , et maxime pertinet ad duces et prœcones verbi. Quo iitimur, dum iîifirmos in fide roboramus (?) et adversaiios refutamus. Sic dicimus, judice Scriptura, omnes spiritus in facie Ecclesiœ esse probandos. Nam id oportet apud christianos esse imprimis ratum atque firmissimum , Scripturas sanclas esse lucem spiritualem , ipso sole longe clariorem : prffsertim in iis, quae pertinent ad saUitem vel necessitatem. » Luther a dit ceci en 1625, et non lorsqu'il écrivit aux Frères de Bohême. Ces principes ont été la source de ce qu'on a appelé plus tard les prétentions du clergé luthérien. • -ï

îlième'. » Ainsi le Réioimateur fait de la certi*tude subjective le plus îiaut critère de la vérité chrétienne , il oublie que le Verbe étant devenu le docteur des hommes, a fondé une autorité vivante pour rendre éternellement témoignage à sa parole.

Au demeurant, cette doctrine du sens intime fut inspirée à Luther par le passage de l'Apôtre : « Quand un ange du Ciel vous annonceroit un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé , qu'il soit anathème \ » Mais saint Paul , à qui le Seigneur lui-même avoit apparu , à qui plusieurs révélations spéciales avoient été faites ; saint Paul se trouvoit dans une tout autre position que le chrétien ordinaire. Sans doute la fermeté de la conviction religieuse est la marque d'une âme vraiment croyante; mais la plus grossière erreur ne peut -elle pas aussi prendre possession de l'homme, et l'enchaîner comme par une force magique ? Si le docteur de Saxe ne connoissoit dans l'histoire aucun exemple semblable, cette foule de sectaires et de frénétiques que sa voix appela sur le monde, de-

^ Luther, ^luslegung des Briefes an die Gai. : Commentaire surl'Epître aux Galates. V" partie, p. 31. Dans son écrit aux Frères de Bohême , Luther enseigne souvent aussi la même doctrine.

-Galat. I. 8;

voit seule lui faire apercevoir cette vérité.

Zwingle ne diffère du maître que dans l'expression. Il dit : « L'expérience personnelle , » le témoignage et l'onction de l'Esprit saint ^ » voilà le critérium de la vraie doctrine. La foi » n'est point une science, continue-t-il , car ce » sont précisément les savans qui tombent le » plus souvent dans l'erreur. En conséquence la » foi n'est pas soumise à l'examen; elle est au- » dessus de toute discussion '. »

Ici le réformateur de Zurich annonce une vérité reconnue par les écrivains catholiques ; mais il en fait une bien fausse application. Nous aimons à le dire , la foi dans Jésus-Christ se rend témoignage à elle-même; elle élève et vivifie la connoissance de Dieu ; elle pénètre l'intelligence , les sentimens, l'homme tout entier; elle fait naître la plus profonde sécurité, les consolations les plus pures , d'ineffables douceurs ; elle donne pouvoir sur le péché et sur la mort. Oh ! celui qui possède la dqctrine du Sauveur, éprouvera qu'elle accorde ce qu'elle promet , qu'elle est véritablement ce pour quoi elle se donne , force de Dieu. Mais réciproquement, de ce que tel ou tel dogme entretient et nourrit l'âme, il ne s'ensuit pas qu'il

* Zwingl. Comment, de vera et falsa relig. opp. toni. M. fol. 195.

soit conforme à l'Ecriture , ni même qu'il ne la contredise point. Que de choses ne disoit pas au cœur de Luther la nouvelle justification? mais lorsqu'en conséquence il la proclamoit enseignement du Christ et des apôtres , il substituoit ses affections à la parole de Dieu. De même, parmi les sectaires de Calvin, la prédestination raviva le sentiment religieux, produisit une vigueur étonnante, un enthousiasme sans mesure, et souvent aussi un fanatisme furieux qui ne pouvoit s'assouvir que sur un tas de ruines. Mais faut-il conclure de là que cette doctrine ait été enseignée par le Sauveur? Non sans doute, pas plus qu'il ne faut rejeter les sacremens parce que Zwingle, quand il s'en approchoit, ne se sentoit point saisi par la vertu de Dieu. Et quand ces trois réformateurs éprouvoient . dans leur conscience que jamais ils n'avoient fait une bonne œuvre , quelle en est la conséquence , sinon qu'ils sont à plaindre et qu'ils dévoient commencer par réformer leur conduite ; sinon qu'ils érigèrent leurs affections, leurs pensées particulières en règle générale? Jésus -Christ est le seul modèle que nous puissions et que nous devions suivre : nulle créature ne peut prétendre à ce titre. L'Eglise luthérienne est l'esprit incarné de Luther, et c'est précisément pour cela qu'elle a des idées, si étroites et si mesquines.

§ XLVIÏI.

Point capital de la controverse dans la doctrine sur l'Eglise.

Présentement nous pouvons ramener à une expression claire et précise îa différence entre les symboles. Les catholiques enseignent : L^église visible existe d'abord, puis vient l'église invisible; c'est la première qui forme la seconde. Les luthériens disent , au contraire : L'église visible sort de l'invisible ; la seconde est le fondement de la première.

Cette contrariété , si petite au premier coup d'œil , implique une énorme différence. Quand l'Evangile vint éclairer le monde , le royaume de Dieu n'existoit qu'en Jésus-Christ et dans l'idée divine. Ce furent les apôtres qui , les premiers , reçurent la nouvelle de ce royaume ; mais elle leur fut annoncée par la parole externe, par le langage humain; elle passa du dehors dans leur intelligence. Lorsque le Fils de Dieu fait homme eut formé ses apôtres, il leur donna îa mission extérieure de semer au loin la doctrine du salut. Alors on voit les ouvriers évangéliques traversant des contrées où régnoit, non pas le souverain Dominateiir, mais le prince des ténèbres. ïnstru-

mens du Christ qui aglssoit en eux,iîs apportèrent l'image de l'homme céleste dans des cœurs qui jusque là n'avoient reflété que celle de l'homme terrestre. Or, de même qu'ils avoient été envoyés par le Sauveur, à leur tour ils envoyèrent des disciples qui portèrent plus loin la divine parole ; et c'est ainsi que , dans tous les siècles, de l'église visihle a découlé l'invisible. Telle est aussi la marche qu'entraînoit l'idée de la révélation chrétienne : institution positive et permanente , enseignement déterminé dans ses dogmes et ses préceptes, elle nécessitoit un ministère vivant et parlant, auquel pussent se rattacher tous ceux qui désireroient la connoître.

Le système inventé par Luther est tout différent. Le sens chrétien ( interior charitas sacrœ Scripturœ), dit-il, existe d'abord; puis vient la doctrine extérieure ( exterior charitas sacrœ Scripturœ); l'Eglise est la société des saints dans laquelle se trouve la vraie prédication de l'Evangile.

Ainsi donc les saints existent avant tout, ensuite ils prêchent. Mais d'où viennent -ils? Qui les a enfantés , qui les a nourris ? voilà ce que nous cherchons en vain; nous ne voyons pas même comment ils sont devenus disciples du Sauveur ! D'abord, selon Luther, tous les chrétiens sont prêtres ; puis de ce sacerdoce universel , naît le sacerdoce particulier. Mais n'est-ce pas, au cou-

traire, le sacerdoce général qui sort du particu-^ lier? Jésus-Christ, sans doute, n'est pas né des apôtres, ni les apôtres de leurs disciples. Le chef existe avant les membres, le père avant les enfans ; nulle société ne se forme de bas en haut. Et quelle est la dernière raison de la certitude évangélique ? Cest , répond l'architecte de la réforme , un acte de la conscience , c'est l'inspiration du Saint-Esprit ; comme si l'Evangile étoit un phénomène du sens intime, comme si le Verbe ne s'étoit point fait homme , comme si par conséquent sa parole ne devoit point être attestée par le témoignage du dehors. Dans l'esprit de Luther, l'autorité visible se transforma en une autorité invisible; le hoyo^ extérieur en la voix intérieure du Christ et de son Esprit. Si , reportant ses idées en arrière , le docteur de Saxe eût appliqué sa notion de l'Eglise au Médiateur, il auroit pu se passer de Jésus-Christ vivant au milieu de nous , il auroit pu se passer de la révélation positive; bien plus, il l'eût rejetée comme destituée de tout fondement. Le christianisme repose tout entier sur le Fils de Dieu fait homme. Aussi le prophète du XVF siècle voulut-il, en conservant la parole écrite , maintenir l'idée d'une révélation extérieure ; mais l'impossibilité d'affermir sa doctrine sur cette base le força toujours, à l'égard des catholiques, de se retrancher dans la voix de

la conscience ' ; tandis qu'à ses adversaires protestans , qui s'appuyoient également sur le témoignage de l'Esprit, il opposoit la parole externe, et jusqu'à l'autorité permanente de l'église visible '. Or de là les fluctuations du Réformateur entre l'église visible et l'église invisible , entre la parole

1 C'est ce qu'on vit clairement à la conférence de Ratisbonne tenue en 1541. Les protestans étoient tombes d'accord sur ce point, que l'interprétation de l'Ecriture appartient à l'Eglise. IMais, par ce dernier mot , devons-nous entendre l'établissement extérieur fondé par Jésus-Christ ? Non , dit alors j^îélanchthon : ce terme désigne seulement les saints, c'est-à-dire les fidèles en qui Dieu seul a enfanté la foi.

2 Luther dit dans une lettre à Albert de Prusse : « Ce dogme (delà présence réelle) n'a point été inventé par les hommes; mais il est fondé sur l'Evangile, sur les paroles précises et indubitables de Jésus-Christ. Depuis le commencement jusqu'à cette heure , il a été uniformément cru et prêché par toute la terre. Les Pères de l'église grecque et de l'église latine y rendent témoignage , il repose sur la croyance unanime et sur la pratique constante de tous les siècles. Quand nous n'aurions point d'autres preuves , cette tradition de toutes les églises devroit seule nous suffue pour rester fermes dans cet article , et peur repousser les allégations des sectaires. Car il est dangereux et terrible d'écouter et de croire quelque chose contre le témoignage unanime , contre la foi de l'Eglise chrétienne , contre la doctrine qu'elle a enseignée par tout le monde dès le commencement , depuis quinze siècles. Si c'étoit un nouveau dogme , et qu'il ne remontât pas jusqu'au berceau de l'Eglise chrétienne; ou s'il n'avoit point été uniformément conservé dans toute la chrétienté , dans le monde entier, il ne seroit pas aussi dangereux ni aussi terrible de le révoquer en doute. Mais depuis l'origine et aussi loin que s'étend le christianisme , il a été proclamé d'une voix unanime. Celui donc qui ose le mettre en question , nie la sainte Eglise chrétienne. Or nier l'Eglise, c'est condamner Jésus-Christ, et

extérieure et la parole intérieure; de là les disputes interminables parmi ses disciples sur le point de savoir si les confessions de foi forment autorité ou non; de là enfin la controverse sur cette autre question , si Luther a enseigné la visibilité ou l'invisibilité de l'Eglise. Le fait est qu'il a tour à tour soutenu et combattu ces deux sentimens.

Quant à la question : si les symboles ont une autorité décisive, l'esprit de Luther a remporté la victoire la plus complète ; seulement ses disciples sont parvenus au même résultat par une

les apôtres , et les prophètes. Car ce sont eux qui ont fondé cet article de notre foi : Je crois l'Eglise chrétienne. Et le Seigneur dit (Malth. XXVÏIÏ. 20) : Je suis avec nous jusqu'à la consommation des siècles; et saint Paul (I. Tim. 3, 15) : l'Eglise est la colonne et le fondement de la vérité. Par conséquent, si Dieu ne peut mentir, l'Eglise ne peut errer. Et cela, Monseigneur, ce n'est pas mou sentiment à moi ; c'est l'avis du Saint- Esprit qui connoît les cœurs et toutes choses beaucoup mieux que nous. En effet , l'Esprit divin nous enseigne cette doctrine par son organe ; saint Paul nous dit (TiT. III. 10, 11): Fuyez celui qui est hérétique, après l'avoir repris une ou deux fois, sachant que celui qui est en cet état est perverti et qu'il pèche, puisqu'il est condamné par son propre jugement. »

Le passage suivant est aussi remarquable : « Nous reconnoissons que , dans le papisme , il y a beaucoup de bien , qu'il y a même tout le bien chrétien, le vrai baptême, le vrai sacrement de l'autel, les vraies clefs et le véritable pardon des péchés, la vraie prédication , le vrai catéchisme. Je dis que sous le Pape est le véritable christianisme , ou pour mieux dire la fleur du christianisme. » Ensuite Luther tire les conséquences de ces principes contre ses adversaires.

autre roie. Luther fut entraîné par le mysticisme le plus absurde ; le sentiment fougueux , l'imagination fébrile , étoientpour lui la règle suprême : tout ce qu'il éprouvoit dans son âme, il le proclamoit dogme de foi. Ses sectateurs , au contraire , ont été dominés par l'élément intellectuel : après avoir érigé la raison en souveraine , ils ont mis dans la bouche du Sauveur tout ce qu'enfantoit leur esprit particulier. Comme c'est la conviction personnelle qui décide de ce qui est fait historique , bientôt l'Evangile a été enveloppé d'une foule de contradictions. Ainsi la révélation qui ne s'interprète point elle-même , qui n'a pas assez de clarté pour amener de soi les esprits à l'unité de croyance ; la révélation, dis-je, ne nous révèle rien, se contredit et se réfute à chaque page ^.

" On ne lit pas sans étonnemcnt les exégètes protestans d'Aïlemagne. Voici quelques-unes de leurs interprétations. Quand les bergers , dans les champs de Bethléem , furent illuminés par la gloire du Seigneur, ils ne virent que la lumière d'une lanterne qu'on leur avoit portée aux yeux. Si Jésus conjura Forage, c'est qu'il prit le gouvernail d'une main habile ; et bien loin de marcher sur les flots , il se promenoit sur la grève. Cinq mille hommes furent rassasiés dans le désert , on le reconnoît ; mais ils avoient apporté du pain dans leurs poches. Les morts ressuscites n'étoient que des léthargiques ; les possédés délivrés, que des enthousiastes , des personnes d'une imagination malade. Lorsque le Sauveur sortit du tombeau, il n'avoit pas encore vu la mort , et il s'étoit dérobé k la faveur d'un nuage, quand ses disciples crurent qu'il étoit monté au ciel. Enfin la foudre tomba aux côtés de Paul , et il s'imagina être enveloppé de la lumière ce-

Nous le répétons , jamais Luther n'a compris ces paroles : le Verbe s^est fait chair. Je Verbe s'est fait homme. Pour lui , cela veut dire seulement que , durant quelque trente années, Jésus- Ciirist a vécu visiblement parmi les hommes : il s'imagine qu'avec lui sa parole a disparu ; heureux que nous sommes qu'elle ait été tracée sur le papier, avant son extinction totale. Si le docteur eût compris toute l'incarnation du Fils de Dieu , il auroit reconnu dans l'Eglise une institution permanente , destinée à faire l'éducation du genre humain* Mais c'est à peine si , dans tous ses écrits, nous remarquons quelques vestiges de cette vérité ; et quand il l'eût entourée de toute sa lu^ mière, il ne seroit pas moins impossible de la concevoir dans son système. Comment arrivonsnous à l'Ecriture sainte? pourquoi faut- il que l'homme soit instruit par l'homme ? voilà ce que nous ne comprenons pas mieux, selon ses principes , que les menaces, les exhortations pour en-

leste. Voyez Theodul's Gastmahl. Le docteur Thiess compte quatre-vingt-cinq commentaires différens sur la parabole de l'économe infidèle*, et cent cinquante sur ce texte : Mcdiator autem unius non est: Deus autem unus est^. (De l'incompatibilité de la puissance spirituelle et profane , p. 17, note 14. ) ( Note du trad, )

'Luc. XVI, 1 et sulr.

2 Gai. ni, 20. ' ,,

gendrer la vertu dans les cœurs : car ce père de la réforme ne dit-il pas cent fois que Dieu S€ul est actif?

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