‹ La symboliqueChapitre 16 sur 63 · II · texte numérisé non relu

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prêtres seuls , et non pas les simples fidèles , qui ont le droit de la conférer'. » Si en Angleterre, les réformés conservèrent l'institution des évéques, c'est dans la doctrine de Calvin que ce phénomène a les racines les plus profondes, encore bien qu'en cela d'autres considérations ne fussent pas sans influence. En effet , les principes de Lutîier sont incompatibles avec cet ordre hiérarchique ; et l'épiscopat de Suède et de Danemarck est essentiellement différent de celui d'Angleterre '. Cependant cette dernière église se mit en contradiction choquante avec elle-même : la foi protestante et la hiérarchie catholique dans la même communion, quel monstrueux assemblage! Les anglicans rompirent la chaîne de la tradition , firent divorce avec le passé ; et ils préconisent leur alliance intime avec la primitive Eglise , ils se vantent que leurs évêques remontent jusqu^à Jésus- Christ par l'ordination catholique !

Mais quel ne doit pas être notre étonnement,

"Loc. cit. 1. IV. c. 3.§ 11— IG. fol. 389 — 392. 1. IV. c. 14. § 20. fol. 41 8 : « Sacramenta duo instituta , quibus nunc christiana Ecclesia utitur. Loquor autem de iis, quœ in usum totius Ecclesiœ sunt instituta. Nam impositionem mammm, qua Ecclesiœ minisîri in suum munus initiantiir, ut non invitus patior vocari sacramentum, ita inter ordinaria sacramenta non numéro. » Si un sacrement ordinaire est celui quod in usum totius Eccle si œ (omnium MeMum) institutum est, Calvin est parfaitement d'accord avec la doctrine catholique.

'^ Confess. anglic. art. XXXVI.

quand nous voyons le Réformateur fonder la divinité des Ecritures sur le témoignage intérieur ? Comment rejette-t-il la proposition de saint Augustin : Je ne croirais pas à l'Ecriture sainte, si je n'y étais déterminé par l'autarité de l'Eglise '? Ici Calvin renverse l'édifice qu'il avoit élevé à si grands frais : il rend à la raison individuelle tout ce qu'il s'étoit efforcé de lui arraclier. Et quel Lut se propose-t-il dans cette doctrine? Il veut évidemment prévenir les conséquences du fait incontestable, que l'Eglise seule a préservé les monumens de notre foi d'une ruine certaine '.

' Calvin. Instit. 1. I. c. 7. § 3. fol. 16 : « Maneat ergo fixum, quos Spiiitus sanctus intus docuit, solide acquiescerc in Scriptura, ethanc quidem esse KÙTOTntrTov, nequedemonstralionibus et rationi subjici eam fas esse : quam tamen meretur apud nos certitudinem spiritus testimonio conscqui. — Talis ergo est persuasio, quœ rationes non requirat : lalis notitia , oui optima ratio constat , ncmpe in qua securius constant iusquc mens acquiescit, quam in uUis rationibus; talis denique sensus, qui nisi ex coelesti revelatione nasci nequeat. »

2 Loc. cit. § 1. fol. 14 : '( Sic enim magno cum ludibrio Spiritus sancti qnaerunt : ecquis nobis fidem faciat , haec a Deo prodiisse ? Ecquis salva ac intacta ad nostram usque setatem pervenisse certiores reddat? Ecquis persuadeat, librum hune reverenter excipiendum , alterum numéro expungendum : nisi certam istorum omnium regulam Ecclesia prœscriberet ? Pendet igitur, inquiunt, ab Ecclesia detcrminatione et quœ Scriptura; reverentia deheatur, et qui libri in ejus cataiogo censendi sint. Ita sacrilcgi homines , dum sub Ecclesia; prœtextu volunt effraenatam tyrannidem evehere , nihil curant , quibus se et alios absurditatibus illaqueent, modo hoc unum extorqueant apud simplices, Ecclesiam nibil non posse. » Il n'est pas vrai que, selon les ca-

Au reste , le docteur devoit nécessairement arriver à ces erreurs , dès qu'une fois il se fut engagé dans les voies du protestantisme. Cependant il ne suivit pas jusqu'au bout les principes de Luther; et si , dans la question présente , il s'écarte de ses propres enseignemens , il contredit bien plus encore la doctrine du réformateur saxon. Nous devons le dire à sa louange , il s'aperçut , ou mieux il sentit que par la critique nous ne pouvons nous assurer de l'authenticité des Livres saints. En effet, l'origine de plusieurs écrits canoniques se perd dans la nuit des temps; puis les ténèbres répandues sur les deux premiers siècles laissent beaucoup de doutes sur le canon , doutes qui ne peuvent être résolus que par une autorité supé-

tholiques, le respect dû à l'Ecriture dépende du jugement de l'Eglise, comme si c'étoit elle qui la fit parole de Dieu; mais elle rend témoignage de l'authenticité des Livres saints ; elle dit : Tel ouvrage appartient au canon.

Luther est encore plus injuste. Dans son commentaire sur l'Epître aux Galates, chap. L p. 30. b. ( Wittenb. 1556. I"' partie), il s'exprime ainsi : «Item, selon les papistes, l'Eghse a pouvoir et puissance sur la sainte Ecriture , comme les canonistes ont eu l'impudence de l'écrire contre Dieu. Nous n'en voulons point d'autre preuve que ces paroles : L'Eglise n'a reconnu que quatre évangiles, donc il n'y en a que quatre: si elle en eût reconnu huit, il y en aurait huit. ]\Iais si l'Eglise peut à son gré reconnoître ou rejeter tel évangile , si elle peut admettre ou repousser ceux qu'elle veut; il s'ensuit qu'elle a pouvoir sur l'Evangile. » Il n'étoit pas difficile de réfuter cette fiction; aussi Luther lui-même a-t-il, dans un autre endroit, fort bien rempli cette tâche.

rieure. Il cherclia Jonc un témoignage hors de l'examen particulier, et le Critérium trouvé par lui n'est pas faux , mais insuffisant.

Quant au père de la réforme , il ouvrit la porte aux plus graves désordres ; il menaça de détruire le sanctuaire. Aussitôt qu'il ne sentait pas l'Esprit dans un livre saint; c'est-à-dire , aussitôt qu'il n'y retrouvoit pas son esprit particulier , il s'empressoit de l'effacer du canon.

Mais si vous accordez à la raison le droit de retenir ou de rejeter tel livre de l'Ecriture, quand ce livre sera repoussé d'une part et défendu de l'autre, qui décidera? Des deux sentimens vous ne pouvez récuser ni l'un ni l'autre ; car ils sont tous deux la suprême raison , l'infaillible vérité. Et puis l'inspiration ne nous dit pas si Matthieu , Marc, Pierre, Paul , etc., ont écrit ce livre ou non : tout ce qu'elle nous apprend , c'est que tel ouvrage a été composé par un chrétien. Or cela ne suffit point pour former notre croyance , car nous ne tenons pas chaque fidèle pour infaillible '.

* Confess. gall. c. IV. 1. 1. p. m. est d'accord avec Calvin, lorsqu'elle dit : « Hos libros agnoscimus esse canonicos , id est , ut fidei nostrae normam et regulam habemus , atque non tantum ex communi Ecclesiœ consensu , sed etiam multo magis ex testimonio et intrinseca Spiritus sancti persuasione : quo suggerente docemur, illos ab aliis libris ecclesiasticis discernere, qui ut sint ules (utiles?) non sunt tamen ejusmodi , ut ex iis conslitui possit aliquis fidei articulus. »

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