Cours de 1818, 1° édit., pp
2. Ibid., p. 11. Cette posture intermédiaire, Cousin plus tard la défendit
à la fois contre Hamilton et contre Schelling. Préf. de la 3° édit. des Fragments.
3. [1 a insisté avec force sur cetie méthode, expérimentale tout aie et éclectique, qui constituait, en somme, sa vraie originalité, en même temps qu’elle répondait au génie philosophique de la France ; voir en particulier les lecons 12°, 13° et 16° du cours de 1818, 1° édition. « La méthode qui commence par l'étude du primitif (lunité, Eapaoin) ne peut pas étudier cet état, puisqu'il n’est pas à sa portée et qu’il n’y a pas de commerce possible entre le présent et le passé. Que lui reste-t-il donc à faire? C’est de construire des hypothèses, de s'appuyer sur ces hypothèses comme sur quelque chose de réel, et d’en tirer des conséquences qui ne pourront être qu’hypothétiques... Mon but n’est pas seulement d’enseigner un système déterminé, mais encore de donner l’exemple d'une méthode sévère, qui s'appuie sur des bases solides, en un mot d’une méthode expérimentale. Car si l’on veut faire sortir la philosophie de l’état d'enfance où elle est encore aujourd’hui, si lon veut lélever au niveau des autres sciences, il faut la ranger sous le joug de lexpér ience.…. Il est temps qu’on se défie de ces procédés arbitraires qui ont mis la philosophie au service de l'esprit de système êt l'ont conduite à un but désiré el prévu d'avance. » Ibëd., pp. 112 et 119; cf. p. 148.
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chologie". Il faut distinguer entre la conscience réfléchie et la conscience spontanée. La conscience réfléchie, c’est comme l'affirmation calculée qui répond à un doute; la conscience
spontanée, c'est l'affirmation qui s’impose parce qu’elle est :
l'expression même de la réalité, de la vie, de l'être. Ce que
la conscience spontanée est à la conscience réfléchie, « l'huma-
nité en masse » l’est aux philosophes : « l'humanité est inspirée…. La philosophie, qui l'écoute avec aitention, recueille ses paroles, les note pour ainsi dire... La spontanéité est le génie de la nature humaine, la réflexion est le génie de
quelques hommes ?.... » Comme Maine de Biran, en somme,
Cousin craint la théorie des idées innées : mais, au lieu de dire que c’est l’activité du moi qui les crée, il déclare que c'est l'absolu qui les crée dans le moi; la raison, dans la conscience réfléchie, est « une table rase », elle est « vide » vs elle reçoit ses notions — que Cousin ramène à la substance et à la cause — de la spontanéité qui se connait elle-même comme substance et cause dans l'éclair de l’aperception pure; et il veut que cette aperception pure diffère de l'intuition intellectuelle des Allemands; que, tout en atteignant l’objet, elle soit un fait positif et non comme un coup d’audace métaphysique.
Il croyait avoir approfondi la psychologie au delà de Reid,
de Kant et de Fichte même, et pouvoir ainsi éviter l'hypothèse. Mais la méthode analytique devait le conduire au point d’où partait la synthèse de Schelling : dans la pensée, il ya un dualisme irréductible du sujet et de l'objet, et cependant
la substance et l’unité sont, alors, pour Cousin, sous toutes
choses, avant toutes choses. « Lorsque, dans le développement de ma philosophie, j'aurai épuisé cet univers, où la pensée comme pensée est enfermée, lorsque je serai sorti du cercle
1. « Si l’on trouve que partir de la nature humaine, c’est subjectiver la philosophie, il faut renoncer à toute ontologie : car 4! est impossible de partir d'autre chose que de la nature humaine. » Préf. des Fragments, 1° édit,