‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 178 sur 277 · CN RE · texte numérisé non relu

CN RE

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XIx° SIÈCLE. 279

il sera nécessairement étroit, s’il ne semble contradictoire. Un esprit ne s'exprime pas par une théorie analytique, où chaque point de la science est successivement élucidé. Ce n'est ni par ow ni Par 207 qu'il résout les problèmes délicats qu'il se pose‘, » Mais que l’on ne puisse à l'heure présente dire ni oui ni non, celane prouve pas que la connaissance ne progresse point. Il ne faut croire ni que ce qu’on cherche est trouvé ni que ce n’est point trouvable : il faut chercher toujours. Et comment, sinon à l'aide de la science? La philosophie est l'harmonie qui se dégage des sciences, elle est leur unité. — Avec une critique de la connaissance moins rigoureuse, Renan, comme Taine, fonde la philosophie sur l'expérience, et les sciences lui montrent un devenir perpétuel des phénomènes. Mais, lui aussi, il découvre un point fixe; et ce n'est pas la géométrie qui le lui montre : ce sont les sciences de la vie et de l’homme. L'unité des phénomènes ne consiste point vraiment dans la nécessité géométrique, mais dans l'effort, dans l’aspiralion au mieux : dès lors le devenir s'explique par une finalité, et le passage de l’inférieur au Supérieur par un idéal où tend le monde. « L'univers à un but idéal et sert à une fin divine; il n’est pas seulement une vaine agitation, dont la balance finale est zéro. Le but du monde est que la raison règne?. » Cela, Renan l'a affirmé sans cesse — et quil y a dans les chosesun travail, un instinct, un désir, « un immense nisus universel pour réaliser un dessein, remplir un moule vivant, produire une unité harmonique, une conscience » : à travers le temps un progrès s’accomplit*. Il ne faut pas distinguer deux substances, mais deux aspects de la réalité : sans la matière l'idée n’est pas, la matière est « la concrétion » de l'idée; mais c’est l'idée « qui anime fout, qui, en aspirant à se réaliser, pousse à l'être »,

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