‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 180 sur 277 · Du moins le fini a parle ante · texte numérisé non relu

Du moins le fini a parle ante

dictoire, et il faut fermer définitivement la porte par où les disciples de Kant ont pu revenir au panthéisme — lequel est inintelligible. — Voilà M. Renouvier établi dans le phénoménisme de ce Hume dont, lorsqu'il le connut, le génie devait le ravir : ou plutôt, comme Kant a corrigé Hume, Kant maintenant est corrigé par un retour incomplet vers Hume. Car les lois, dans ce nouveau phénoménisme, sont constatées à titre de faits dans la conscience et considérées comme des relations générales entre les phénomènes ‘; quant aux êtres eux-mêmes, avec leur identité et leur permanence relatives, ils consistent en rapports de phénomènes où la conservation tout à la fois et le changement sont réglés et ordonnés par des lois. Il faut remarquer, d’ailleurs, que si, dans la philosophie de Hume, la conscience était inexplicable, M. Renouvier, lui, considère tout phénomène comme formé d’un représenté et d'un représentatif, d'activité et de passivité. C’est une loi qui assure le lien de la cause et de l'effet, — c'est-àdire de phénomènes, en somme, indépendants, — mais il y a dans le phénomène-cause une action, un vouloir. Les atomes qui constituent le monde extérieur, notre représenté, sont réels, et eux-mêmes ils sont à quelque degré représenté ét représentant, ils sont de nature psychique. Il y a là un monadisme encore, mais, comme on l’a dit, sans monades, sans fond permanent, — en sorte qu’on ne s'explique guère la mémoire, la conscience, de la série phénoménale. — D'autre part, ces lois, — lois logiques, loi causale, loi finale, loi morale surtout, — M. Renouvier les veut affermir : « pour tenir lieu de l’ancienne spéculation transcendante », la croyance, éclairée par l'intelligence, postulera donc la liberté, l'immortalité, la divinité — la divinité, c’est-à-dire un ordre universel qui unifie la nature et qui fonde la morale. Ces postulats sont.des lois hypothétiques, où le penseur engage, en quelque sorle, sa propre responsabilité, que l’entendement autorise,

Page 1