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Espinas; Blondel, l’Action

8. En Allemagne, où un grand nombre de philosophes s’adonnent aux recherches de détail (psychologie, introduction aux sciences particulières, logique. Voir Ruyssen, Revue intern. de l'Enseignement, 15 avril 189%; Lévy- Bruhl, Revue des Deux Mondes, 15 mai 1895, {a Crise de la Mél. en Allemagne), la logique est très cultivée (Bergmann, Riehl, Schuppe, Sigwart, Volkelt, Rickert); on s’attache à montrer la valeur foncière du jugement (denken, erkennen, opposés à vorstellen, erfahren); Rickert (der Gegenstand, der Erkenniniss, 1892) rejoint le sollen moral et le sollen logique.

plus en plus le rôle de la volonté; et il est vrai encore que Fouillée a beau affirmer « l’indissolubilité de la pensée et de l'action, avec sa manifestation finale dans le mouvement hp, il fait à la volonté la première place et déclare que « la psychologie est l'étude de la volonté ». Il y a évidemment là un problème posé plutôt qu’entièrement résolu. Quoi qu'il en

soit, le progrès, que le vouloir-vivre aveugle de Schopenhauer

ne comportait point, ne semble plus incompatible avec la philosophie de la volonté : même Hartmann, aux yeux de qui le mal est radical et incurable, conçoit une évolution où le mal s’atténue.

Ce n’est pas tout. Depuis Leibnitz, qui avait signalé l'importance des petites perceptions, l'Inconscient — soit chez les métaphysiciens, Fichte, Sclielling, Hegel, Schopenhauer, soit chez les psychologues, Herbart, Maine de Biran, Hamilton, Maudsley, Wundt — a été reconnu, étudié, utilisé : Hartmann finit par le proclamer principe suprème et unique des choses. Pour lui, comme pour Schopenhauer, le passage de l’Inconscient à la conscience est précisément la cause de tout mal;

tandis que, pour les philosophes optimistes, c'est par les pro:

grès de la conscience que le monde progresse, et c'est dans l'inconscient que s’accomplissent obscurément les premières démarches de l'être. — Ici encore, d’ailleurs, une question est débattue : si le mot d’inconscient doit être pris à la lettre, et si c'est une lumière surajoutée, un « épiphénomène », que la conscience; ou si cette clarté bien plutôt, quelque affaiblie qu'on l’imagine, ne peut s’éteindre, si la conscience est constitutive des phénomènes psychiques, et que le mot d’inconscient doive être entendu, au sens exact, comme subconscient.

Enfin une préoccupation assez récente s’impose de plus en plus, surtout en France. Tandis que l'étude de l'inconscient aide à relier les divers étages des choses, l'étude positive de

4. Psychologie des Idées-forces, introd., p.xL.Cf. p. x: « Tout état de conscience est idée en tant qu’enveloppant un discernement quelconque, et il est force

en tant qu’enveloppant une préférence quelconque; si bien que toute force psychique est en dernière analyse un vouloir ».

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