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Kant, Crit. de la Raison pure, par

3. Voir J. Walter, Einle lung in die Geologie als hislorisch? Wixsenschaft, analysé par Thoulet, Rev. scient., 21 juillet 189%. Voir aussi L. Calderon y Arana, la Chimie descriptive et la chimie ralionnelle, Rev. scient.,1 janv. 1893, — qui constate la transformation de la chimie pendant si longtemps descriptive et qualitative, et fait diverses citations intéressantes. « Un jour viendra où l’on écrira les livres de chimie comme on écrit une algebre onu une géométrie » (Gerhardt, Introd. à la chimie, 1818). « Bientôt le caical mathématique

dur. M se ;

du principe de Lavoisier — dans toule réaction chimique la masse du composé est égale à la somme des masses des composants — ou la découverte de l'équivalent mécanique de la chaleur, prirent une portée singulière des spéculations mêmes qui les avaient précédés:

I y a dans la science actuelle des généralisations qui dépassent à coup sùr les certitudes strictes — et surtout les vérifications mathématiques; mais elles s’en dégagent: tout naturellement et elles se juslifient chaque jour davantage. Et il est frappant sans doute que les résultats acquis par l’Empirique répondent de plus en plus aux principes qui la fondent : conservation et transformation de l'énergie, indestructibilité et unité de la matière’, n’est-ce pas là l'expression objective de l’unité réelle de l’espace et du temps? « Toutes les parlies du monde inorganique étant unies dans la continuité la plus absolue, leur état actuel résulte non seulement de leur action réciproque, mais encore de leur état antérieur, et domine les états qui vont suivre... Certes, dans cette conception de l'univers, une grande part est faite à l'hypothèse. Bien des apparences sont peut-être prises pour des réalités, des ressemblances pour des identités. Mais quel plus beau spectacle que de voir, dans toutes les directions, les sciences physiques remonter par un perpétuel et puissant effort la chaîne des

sera aussi utile au chimiste que la balance » (Schuizenberger, Traité de chimie, préface).

1. La découverte des corps simples, sous les combinaisons infinies de malière, puis des rapports entre les corps simples, entraîne l'hypothèse d’une matière unique diversement modifiée. « La chimie tend vers l’unilé de la matière; elle n'y est point parvenue... Ceux qui s’en tiennent au présent peuvent dire : Je suis sûr que l’unité de la malière n’est pas démontrée. Ceux qui croient qu’elle le sera peuvent se fortifier dans leur opinion en contemplant le chemin parcouru depuis un siècle et demi et la pente insensible qui semble conduire à cette conclusion. Quoi qu’il en soit et quelque parti que l’on prenre dans un tel débat, pourquoi le fermer? ]1 ranime pour le chimiste l'intérêt qui s'attache à la découverte de chaque nouveau corps simple; il excite les physiciens à l'étude comparalive de leurs qualités les plus intimes; il convie les géomètres à appliquer, à tenter sur les molécules chimiques, véritables systèmes planétaires microscopiques, la puissance de ce calcul à qui les grands mouvements des corps célesles, assujettis par Newton et Laplace aux lois de la mécanique, semblent ne plus offrir désormais d'obstacles. » Dumas, cité par Papillon, op. cit, t. I, p. 344. :

causes, les ramener graduellement les unes aux autres, ne s'arrêter qu'après les avoir réduites à une seule, après avoir établi dans toute l'étendue de leur vaste domaine une admirable continuité! Comment ne pas accorder au moins la confiance de l'enthousiasme à ces hardies conquérantes de la Nature"? » Tous les phénomènes de la vie n’apparaissent-ils pas maintenant reliés, eux aussi, par une étroite continuité et entre eux et avec ceux du monde inorganique? « On est aujourd'hui assez avancé dans les études de chimie organique pour pouvoir affirmer que les réactions chimiques qui s’accomplissent dans les organismes sont de même nature, sont soumises aux mêmes lois que celles qui s’accomplissent au dehors... ; les composés les plus complexes produits par les corps vivants peuvent êlre reconslilués, en prenant pour point de départ les éléments eux-mêmes à l'état isolé : le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote »; pas plus qu’ils n’ont de chimie propre, les organismes n'ont de physique particulière. Et, d'autre part, toutes les espèces vivantes, animales et végétales, sont faites « d’une substance primitive qui les engendre toutes, mère de la vie et des organismes, le protoplasme ». Une chaîne de causalité relie ou tend à relier les diverses formes vivantes. « De toutes parts, les hommes voués à l’étude de la vie, quelle que soit la direction de leurs travaux, physiologisles, zoologistes, anatomistes, embryologistes, tous ceux qui cherchent à grouper les faits accumulés, tous arrivent à se trouver face à face, dans le monde vivant, avec les mêmes principes de continuité et de causalité qui, dès l’origine, se sont imposés aux physiciens et aux chimistes. »

Et ainsi, avec une autorité, une précision toutes nouvelles, le savant d'aujourd'hui redit après le philosophe hindou tout change et tout demeure. « Les mèmes atomes peuvent rester enfouis des milliers d'années dans une roche calcaire, èlre enfin exploités, se dégager dans le four à chaux, se

4, Voir la belle introduction de M. Edmond Perrier à ses Colonies animales.

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répandre dans l'air, être absorbés par les plantes, et par suite faire partie d'êtres vivants, jusqu'à ce que le même concours de circonstances les solidifie de nouveau et qu'un autre les

dégage‘. »

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