‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 224 sur 277 · Voir Stallo, op. cil., pp · texte numérisé non relu

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monde de l'expérience sensible, puisqu'elles sont d'origine visuelle et tactile.

Voici les simples remarques auxquelles nous nous bornerons. |

La multiplicité dans l’unilé n’est pas plus diffcile à comprendre que la dualité dans l'unité. Or l'opposition du moi et du non-moi, le rapport du sujet et de l'objet sont la donnée première — comme ils en sont le fondement même —- de la pensée. Peut-être ne réfléchit-on pas assez sur l'étrangeté de cette situation du moi : selon qu'on veut le considérer d’une façon ou d’une autre, il apparaît isolé et impénétrable, ou bien il semble communiquer et se confondre avec le tout. Qu'est-ce que cette faculté essentielle du moi, — la sensibilité, — sinon la propriété qu'il a, et par laquelle seule il existe, de s'opposer tout ensemble et de se relier au non-moi? La sensibilité est une limite et elle est un trait d'union; et le corps, nous l'avons déjà vu, c’est le moi S'apparaissant dans le non-moi. Il y a là un fait singulier — dont l'importance échappe à cause de son évidence même: et, s’il s'offre à nous un moyen de concevoir lg multiplicité dans l'unité, c’est bien par ce quelque chose d’incontestable et de contradictoire, — qui est l'expression intérieure, psychologique, de la division dans l'indivis, — Ja sensibilité.

Tout le réel est un : la multiplicité est relative, il ne faut pas dire à ces fragments, -— le mot est trop matériel, trop

- objectif; mais quel terme employer? — disons à cela qui

soutient des rapports, à cela que la sensibilité isole et relie cependant au tout. Et dès lors le changement se concilie peut-être avec l'identité. Le changement n'existe qu'au point de vue de ces divisions de l’indivis : dans le tout indivis, rien n'est changé jamais.

Essayons de nous faire comprendre par un moyen grossier. Soit le nombre 10. Que l'esprit considère ce nombre

Comme —= (4 HA +1 ALU LA HA LUTTE),

FE

ou comme — (1 + 2 + 3 + 4), ou comme — (AT pe op

ou comme — (4 + 6), etc., il a toujours affaire au même nombre 10; mais ce nombre 10 comporte en soi des combinaisons diverses, et les éléments de ces combinaisons n'ont pas tous les mèmes propriétés. Or la Mathématique précisé-

ment étudie le réel comme identique dans ses combinaisons:

— c'est-à-dire que les éléments des combinaisons ÿ maintiennent identiquement leur valeur en tant qu’éléments du tout identique; les propriétés quantilatives des combinaisons sont fondées sur l'identité même des éléments, c’est-à-dire du tout : la Mathématique est une science relative au tout, au

tout considéré comme un. L'Historique est une science rela-

tive aux éléments. Supposons que les éléments du nombre dix soient des réalités qui, s’apparaissant les unes aux autres, s’apparaissent à elles-mêmes: la qualité sera quelque chose d'intérieur aux éléments; le changement, ce sera la qualité modifiée dans les combinaisons diverses par les propriétés nouvelles qui s’y produiront; et les notions de progrès et de régression, de bien et de mal, — qui n’ont pas de sens en

Mathématique, — résulteront de l'unification sentie. Mais il:

faudrait effacer ces mots d'éléments, de combinaisons, tout ce

qui, encore une fois, accuse trop la séparation, tout ce qui

est, pour ainsi dire, trop extérieur.

Insistons, d’ailleurs, sur cette division dans l'indivis; tâchons à éclaircir davantage ce problème, en approfondissant certaines données de l'Empirique avec cette conception de la multiplicité comme quelque chose de subjectif et comme toute relative.

Nous avons dislingué trois règnes, en quelque sorte, dans l’objet qu'étudie l’Historique : le règne inorganique, le règne organique ou vivant, le règne moral. Or, des trois, le plus intéressant en un sens à considérer, celui qui conduit le mieux à l'intelligence du changement dans l'unité multiple, c'est le règne intermédiaire qui, moins fixe que le premier

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