‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 249 sur 277 · I. LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

I. LA PHILOSOPHIE

Voici donc une chaîne de propositions dont la certitude va décroissant parce que les derniers anneaux n’en ont pu être encore rivés par le temps.

1. Celui qui cherche la vérité doit mettre en doute tout le contenu de l'esprit, sans excepier ni Îles données de la science ni les dogmes de la religion:

2. Il y a une méthode pour savoir si l'esprit humain est capable de vérité, et cette méthode est historique. La vérité n'étant accessible à l'individu que si elle l'est à l'humanité, il

faut commencer par réfléchir la réflexion des philosophes, par ®

käk PROLÉGOMÈNES A TOUTE SPÉCULATION FUTURE. repenser la Pensée humaine et prendre conscience de son histoire.

3. Or l’histoire de la Pensée manifeste les progrès de la Pensée. C'est une erreur de croire à l'éternel conflit et à l'éternel recommencement des systèmes. Parmi les contingences, un travail logique s’est poursuivi dont les résultats finissent par éclater.

4. La pensée affirme l’unité du sujet et de l’objet et, dans son travail, cherche à la concevoir. Il apparaît que l’idéalisme et le matérialisme sont également absurdes, que le dogmatisme est aussi intenable que le scepticisme : seul d’entre les systèmes possibles, le monisme subsiste, —— mais comme hypothèse à prouver et non comme vérité établie.

5. Le progrès de la Pensée aboutit surtout à mettre en évidence l'agent de ce progrès même : et c’est la Science. La Science est une méthode de résolution des problèmes philosophiques : elle est la méthode active pour établir la vérité.

6. Pour comprendre le rôle de la Science, il faut se faire une juste idée du savoir positif : il faut avoir précisé la valeur foncière de la psychologie et son rapport avec la science vulgaire ou étude objective des phénomènes.

1. La psychologie découvre dans la conscience la réalité du moi et celle du non-moi : elle définit le moi comme unité sentante et, par suite, unifiante; elle pose le non-moi sans le définir. Mais le non-moi n’est concevable que d'après le moi. La science repose sur une hypothèse nécessaire, qu’elle prouve peu à peu : elle est une application, d’abord spontanée, du moi au non-moi, une extension de la psychologie.

8. L'esprit n’analyse les phénomènes que pour les mieux unifier. Dans la connaissance empirique, il constate leurs rapports; il en démêle de constants : ce sont les lois. Dans la connaissance mathématique et la connaissance historique, il approfondit les lois.

9. La mathématique affirme et prouve une unité qui est dans la causalité; l'historique affirme et prouve une unité qui

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