Discours de la Méthode, V° partie, éd. Rabier, p
2. Diderot, Buffon, de Maillet, Bonnet, Robinet (+ 1820), Lamarck (+ 1829), Er. Darwin (+ 1802), Gæthe (+ 1832). — Rien n’est plus curieux que de voir s'élaborer la théorie de l’évolution parmi les timidilés ou les réserves prudentes. Bullon a varié : « Quand la Sorbonne m'a fait des chicanes, je nai
fait aucune difficulté de lui donner toutes les satisfactions qu’elle a pu désirer... Ceux qui en agissent autrement sont des fous. Il ne faut jamais
Le système du monde de Descartes, repris et corrigé par Newton, — puisque Newton lui-mêmé comprenait mécaniquement l'attraction, bien qu'il en ignorât la cause physique, et qu'il avait fallu, comme l'a dit d'Alembert, « passer par les tourbillons pour arriver au vrai système du monde », — complété par tant de savants, jusqu'au jour où Laplace en fit l’exposition en le perfectionnant encore; la conception : transformiste de la vie, que la science rendait toujours plus probable : tout cet effort devait se traduire philosophique ment par l'idée d’une Nature autonome, en quelque sorte, et de la créalion naturelle.
Il faut le remarquer d’ailleurs, en mème temps que celle de Newton, l'influence de Locke s'était répandue; grâce à Voltaire surtout, comme celle de Newton‘, d'Angleterre elle avait passé en France : « Locke seul, disait-il, a développé l'entendement humain daps un livre où il n’y a que des vérités, et, ce qui rend ce livre parfait, toutes ces vérités sont claires... Ce grand homme est dans la métaphysique ce que Newton est dans la connaissance de la nature ?. » Or, avec
heurter de front les croyances populaires comme faisaient Voltaire, Diderot, Helvétius. » (Héraut de Séchelles, Voyage à Montbard. Voir Giard, Histoire du transformisme, Rev. Scient., 11 octobre 1885.) Bonnet était un esprit religieux que ses croyances retenaient dans certaines limites : « Abuserais-je dé la liberté de conjecturer, si je disais que les plantes et les animaux qui existent aujourd’hui sont provenus par une sorte d’Évolution (souligné dans le texte) naturelle des êtres organisés qui peuplaient le premier monde sorti immédiatement des mains du Créateur? » (Voir Renouvier, Esquisse d'une classification des syst. phil., t. I, ITT° partie, pp. 145-157.) L’auteur du livre de la Nature, plus hardi, — il réduisait l’idée de Dieu à celle de cause enveloppante unique à laquelle l'effet est coéternel, — avait concu un ouvrage sur « la gradation naturelle de l'être, ou les Essais de la nature qui apprend à former l’homme » : Robinet ne put réaliser san dessein. (Voir les ouvrages connus de de Quatrefages et Edmond Perrier.)
A. Lettres ‘anglaises, Éléments de la philosophie de Neuton. « J'ai été a premier qui aie écrit en forme en faveur de la philosophie de l'attraction, et contre les grands tourbillons de Descartes, et contre les petits tourbil. lons de Malebranche; et je défie les plus ignorants, et jusqu’à Fréron luimême, de prouver que j'aie falsifié en rien la philosophie newtonienne. La Société de Londres à approuvé mon petit catéchisme d’attraction. » (Lettre à Palissot, du 4 juin 1760.)
2. Calaloque des écrivains du siècle de Louis XIV; cf. d'Alembert, Discours prélim. (« On peut dire qu'il créa la métaphysique à peu près comme
Locke et Hume, ne voir dans la métaphysique qu’une « physique expérimentale de l'âme » ét croire que nous devons
toutes nos idées à nos sensations ', c'est faciliter le passage de la nature à l'esprit, ou mieux l'absorption de l'esprit dans la nature même?. Le mécanisme devint donc matérialisme chez des penseurs qui associaient aux résultats des sciences la psychologie de Locke; tandis que chez d’autres, qui subissaient plutôt l'influence de Leibnitz et qui, au lieu de chercher surtout le mécanisme dans les phénomènes de la vie et de la pensée, s’attachaient à découvrir dans la nature entière les germes de la pensée et de la vie, la philosophie apparaissait comme un panthéisme ou un monisme dynamique. — Locke et Hume — Descartes lui-même, à l’origine — avaient étudié l'esprit pour savoir ce qu’il peut, ce que vaut la raison et, par suite, la science. Maïs les progrès de la science emportaient tous les doutes dans ce pays de Descartes où, malgré les apparences, son influence persistait*?, où le doute est provisoire et fondamentale la confiance en la raison et la science. De là, dans l'enthousiasme des découvertes scientifiques, ce renouveau de dogmatisme. Si toute connaissance vient des
Newton avait créé la physique... Il réduisit la métaphysique à ce qu'elle doit être en ellet, la physique expérimentale de l’âme... »); Turgot, cité par de Rémusat, Histoire de la philosophie anglaise de Bacon à Locke t. 11, p. 394 (2° éd.), et Condorcet, Esquisse d’un lableau hist. des progrès de l'esprit humain, IX° période. (Extrait de l’'Essai dans la Bibl. universelle de Leclerc dès 1687, plus tard analyse étendue; puis cinq éditions de la trad. de Coste.)