‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 82 sur 277 · Discours sur l'orig. de V’inéq., Lettre à M. de Beaumont · texte numérisé non relu

Discours sur l'orig. de V’inéq., Lettre à M. de Beaumont

4, Discours, T° partie.

les passions aussi croissent insensiblement : l'inégalité physique, d’abord insignifiante, est rendue par les circonstances plus grave et plus sensible; les intérêts s’entre-choquent, les rivalités et les conflits se déchaïinent. Alors les hommes « pour leur utilité », — les riches pour n’être point volés, les pauvres pour n'être point opprimés, — fondent la société par une « convention »; ils abandonnent une partie de leur liberté pour préserver l’autre ‘. Après la richesse, apparaît le pouvoir; les distinctions politiques s'ajoutent aux distinctions sociales ; l'ambition, la tyrannie, les révolutions, les guerres de peuple à peuple mettent le comble aux maux humains. Voilà la troisième période, la pire de toutes. — Mais Rousseau en conçoit, en désire, en prépare — avant une dernière, peutêtre, qui serait un retour à l’état de nature perfectionné — une quatrième où l'état de société, quoique artificiel, serait le plus possible conforme à cet état de nature. L'homme étant bon, les hommes deviennent méchants : Rousseau voudrait y remédier *. Tout dégénère entre les mains de l’homme : mais peut-être la raison doit tout régénérer ®. : C'est avec Turgot et Condorcet que l'idée de progrès apparait en pleine lumière. Turgot reconnait, lui aussi, que « nos institutions, trop arbitraires, ont trop souvent fait oublier la nature; que nous avons été dupes de notre propre ouvrage », et, lui aussi, il va jusqu’à dire « que le sauvage, qui ne sait

1. « Telle fut ou dut étre l'origine de la société et des lois. » Discours sur Porig. de l’inég., 1° partie.

Page 1