Delage et Goldsmith, op. cit., pp. 5i
2. Voir J. Duclatix, La chimie de la matière vimnte (1910), chap. xi, La vie et la mort, not. pp. 243 et suiv.
3. ¥>spinasj Les sociétés animales (i8']8); Perrier, Les colonies animales (1881); Kropotkine, L'entraide (1902, trad. 1906). Cf. de Lanessan, La lutte pour l'existence et l'évolution des sociétés (1903) ; Novicow, op. cit. — Darwin, moins systématique que certains de ses disciples, n'a pas méconnu entièrement le rôle de l'entraide : voir sur ce point Delage et Goldsmith, Conclusion, pp. 354-356, et Kropotkine, Introd., p. xiii, et p. 3.
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vivre » sont des faits qui commencent seulement à recevoir des zoologistes l'attention qu'ils méritent » : Kropotkine, lui, a multiplié les observations pour prouver que les animaux trouvent des moyens d'éviter la concurrence trop âpre entre semblables, que « la vie en société est l'arme la plus puissante dans la lutte pour la vie, prise au sens large du terme », qu'elle se présente sous les formes les plus variées. « Tout en admettant pleinement que la force, la rapidité, les couleurs protectrices, la ruse, l'endurance de la faim et de la soif, mentionnées par Darwin et Wallace, sont autant de qualités qui avantagent l'individu ou l'espèce dans certaines circonstances ; nous affirmons, dit-il, que la sociabilité représente un grand avantage dans toutes les circonstances de la lutte pour la vie. Les espèces qui, volontairement ou non, abandonnent cet instinct d'association sont condamnées à disparaître ; tandis que les animaux qui savent le mieux s'unir ont les plus grandes chances de survivance et d'évolution plus complète, quoiqu'ils puissent être inférieurs à d'autres animaux en chacune des facultés énumérées par Darwin et \^allace, sauf l'intelligence... faculté éminemment sociale'. » A mesure qu'est mise davantage en lumière la « face altruiste » de la nature, il devient plus difficile de nier ou de réduire le rôle que joue l'entr'aide, Vunion pour la vie, dans l'histoire. Toutes corrections faites, il faut retenir quelque chose du darwinisme. Non seulement la lutte intervient dans l'évolution^ mais elle est, jusqu'à un certain point, facteur logique de cette évolution. La lutte repose sur un principe interne, le besoin de persévérer dans l'être ou l'intérêt égoïste de la vie ; et si le progrès ne sort pas nécessairement de la lutte, il peut sortir de la lutte par le triomphe de la supériorité absolue*. Mais quand l'antagonisme ne s'impose pas pour la