‹ La synthèse en histoireChapitre 101 sur 224 · Kropotkine, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Kropotkine, op. cit., pp

2. \ oir, sur le darwinisme, des remarques très justes du D"" Jankelevitch dans une note delà Rev. de Synth. hist. (Un essai de sociologie objective), déc. 1905, p. 869.

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conservation de la vie, une autre voie est frayée à la logique : c'est Funion, qui, en amplifiant la vie, augmente, du même coup, les chances de survie. La logique va son train, par la lutte et par l'accord, — plus sûrement par celui-ci que par celle-là.

c) C'est la socialité — tendance confot-me au principe interne sur lequel repose toute logique — qui a créé la solidarité, l'organisation sociale, les sociétés. Ces êtres amplifiés tendent, à leur tour, à se conserver par la lutte ou à s'amplifier par de nouveaux progrès d'association. Or le dévelof)pement des sociétés coïncide avec celui de l'intelligence, de la logique réfléchie. Et nous arrivons à un problème qui met en conflit les purs sociologues et les purs psychologues, — problème dont on ne saurait exagérer l'intérêt, au point de vue théorique comme au point de vue pratique : celui du rapport de la société et de l'individu, de leur rôle réciproque dans la genèse de la conscience.

De mille façons, nous l'avons vu déjà, la psychologie est l'auxiliaire de l'histoire, et on a eu raison de déclarer que l'histoire est une « psychologie appliquée ». Mais il y a une relation plus profonde de la psychologie à l'histoire. L'histoire, en somme, c'est la psychologie même: c'est la naissance, et c'est le développement de la « psyché » . Il faut chercher à promouvoir une psychologie historique, génétique, qui justifiera les philosophies idéalistes de Thistoire, et qui, pourtant, en sera totalement différente, puisqu'elle sera expérimentale au lieu d'être constructive. Mais de cette psychologie génétique, dont nous montrons ici la place et l'importance, nous n'avons, dans le dessein de ce livre, d'autre question à traiter que celle, précisément, qui oppose psychologues et sociologues, et qui commande la méthode : à savoir, si elle est exclusivement sociale'.

I . On trouvera des réflexions intéressantes, et souvent conformes à

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En étudiant les rapports de la conscience sociale et de la conscience individuelle, nous obtiendrons, d'ailleurs, ce résultat, d'éclairer quelque peu les rapports mêmes de la nécessité et de la logique.

2. — La sociologie contemporaine a réagi avec raison contre cette conception de la société qui la faisait reposer sur un contrat explicite, sur l'aliénation réfléchie de l'indépendance individuelle. Personne ne défend plus les idées de Rousseau. On a repris, on a contrôlé, on a précisé la thèse d'Aristote : la société est un vivant ; par elle la vie se continue et s'accroît ; — par elle, ajoutons-nous, la logique progresse. La symbiose et les sociétés animales ont permis de rejoindre nature et société.

Peut être certains sociologues sont-ils allés trop loin et n'ont-ils pas su reconnaître que, si la société est dans la nature, la nature prend dans la société humaine des caractères tout nouveaux ; que non seulement la société prolonge la logique delà vie, mais qu'elle la transforme peu à peu. Ainsi s'explique la résistance de psychologues, et aussi d'historiens et de philosophes, aux théories de la sociologie naturaliste. Ils reprennent et exagèrent, par une sorte de contreréaction, l'opposition de « nature et société »'. C'est ainsi que, dans un ouvrage qui porte précisément ce titre, le D"" Jankelevitch ne se contente pas de dire que le point de vue téléologique — ou plutôt logique — est tout à fait légitime dans les études humaines, mais déclare qu'il convient de se placer franchement au point de vue « anthropomorphique' ». Il définit la société « une création humaine, une synthèse par laquelle les fins humaines s'afiirment en face

nos indications, dans l'opuscule récent de Bald\\-in, Psycholo<jie et sociologie (^L'individu et la société) (1910).

1 . C'est le cas de beaucoup de théoriciens allemands dont nous parlerons dans la seconde partie de cet ouvrage.

2. Nature et société. Essai d'une application du point de vue finaliste aux phénomènes sociaux (1906), pp. 8-10.

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des forces de la nature » ; c'est le vouloir de Thomme^ guidé par des idées, qui crée le milieu social. La vie sociale n'est pas un « fait naturel » : puisqu'elle « ne peut avoir son origine dans la nature, il faut qu'elle ait une source différente ; et cette source, c'est précisément l'homme, non l'homme biologique, le vertébré social, mais l'homme en tant qu'être conscient, capable d'opposer ses désirs et ses besoins à l'action des force? naturelles ' . »

En réalité, il faut, entre la pleine conscience et la nature, interposer la société, la nature sociale. Mais d'autre part, il faut se garder d'étendre outre mesure, en vertu d'une idée préconçue, le rôle de la conscience sociale, et surtout ne pas l'exagérer au point d'en dériver toute conscience. Il importe donc de préciser le rôle de l'individu dans la formation de la logique sociale et dans celle de la logique mentale.

§ 1 . — a) L'être social est un être d'une nature très particulière, puisqu'il est composé d'individus qui jouissent d'une relative mais incontestable autonomie. Au surplus, — nous l'avons déjà noté, — cette autonomie est variable : les rapports de l'individu à la société ne sont pas nécessairement les mêmes, ne sont pas les mêmes effectivement aux diverses phases de l'évolution sociale. Quiconque part d'une conception trop rigide de ces rapports méconnaîtra, en conséquence, le caractère de la société.

C'est une question qui a été très débattue que celle de la nature de la conscience sociale : il y a, à ce sujet, des nominalistes et des réalistes-. Que la société soit une réalité ob-

1. Op.ci7.,pp. 101 et suiv., iSy, i^o. C'est nous qui soulignons l'expression, en apparence contradictoire avec le contexte, de vertébré social. Mais par là même on voit que le D"" Jankelevitch, s'il oppose la conscience réfléchie à la « nature », enracine profondément la tendance sociale dans la nature humaine : il est donc loin de Rousseau et de son « contrat «.

2. Voir, par ex., dans la Rev. int. de Soc, oct. iQoS, pp. 689-701, un article de Fouillée, La société est-elle une réalité et une conscience ? où il discute les thèses d'Espinas, Durkheim et autres à ce sujet.

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