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Bulletin, mars 19 10, p

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que ce rôle fût commandé encore par la société. « L'individu peut se soustraire partiellement aux règles existantes, en tant qu'il veut la société telle qu'elle est et non telle qu'elle s'apparaît, en tant qu'il veut une morale adaptée à l'état actuel de la société et non à un état social historiquement périmé, etc. Le principe même de la rébellion est donc le même que le principe du conformisme. C'est à la nature vraie delà société qu'il se conforme quand il obéit à la morale traditionnelle ; c'est à la nature vraie de la société qu'il se conforme quand il se révolte contre cette même morale'. » Pourtant, s'il y a, comme Durkheim le reconnaît, une « spéculation morale », qui jamais « ne s'est donné pour but de traduire fidèlement, sans y rien ajouter, sans en rien retrancher, une réalité morale déterminée », si « l'ambition des philosophes a bien plutôt été de construire une morale nouvelle, différente, parfois sur des points essentiels, de celle que suivaient leurs contemporains ou qu'avaient suivie leurs devanciers » , s'ils ont été «plutôt des révolutionnaires et des iconoclastes^ », l'individu n'est donc pas dépourvu de toute puissance de création. A la représentation de la société, l'inventeur social ajoute du sien : et il faut entendre par là non pas seulement son sens propre, — qui peut-être interviendra pour une part, — mais un effort de rationalisation. Il ne saurait se conformer à la nature vraie de la société, à la fois quand il obéit à la tradition morale et quand il se révolte contre elle. Mais il oppose à la nature réelle de la société une nature vraie, — dont peut-être il entrevoit les linéaments dans la réalité, qu'il précise en sa pensée par une faculté d'anticipation logique.

La sociologie durkheimienne tend à méconnaître, dans l'action morale de l'individu, non seulement ce qui est individuel, mais ce qui provient du développement logique de la

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