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3. Voir E. Levasseur, La place de l'hist. des faits économ. dans l'ensemble des et. d'écon. poL, in Rev. int. de l'Ens., fév. 191 1, p. io4-
fonde de Femploi de la mathématique en économie ' ; mais il a tort d'affirmer que cet emploi s'impose parce qu'il va dans le sens de la réalité. Si c'est aller à contre-sens de la réalité que de vouloir tout expliquer en économique par la psychologie individuelle, c'est peut-être commettre une faute moins grave, mais c'est commettre une faute encore, que de vouloir tout ramener à la psychologie sociale.
Toute l'organisation économique repose sur la différenciation, c'est-à-dire sur l'utilisation sociale de l'individu. Nous nous garderons bien de faire — pour reprendre notre expression — le roman des origines. Mais il semble que la société, quand elle naît de l'instinct social, du besoin d'entr'aide, tire parti, dans une sorte de demi-conscience, des différences naturelles et des diversités fortuites qui, si faibles soient-elles, différencient encore les unités sociales. La division du travail préexiste à la société et ne peut manquer de se produire dans la société. L'homme et la femme, l'adulte, le vieillard et l'enfant, le plus ou moins bien doué à tel ou tel point de vue ne joueront pas le même rôle économique, et la poussée sociale — tout comme elle fera le chef — donnera à chaque unité l'attribution qui lui conviendra dans l'intérêt commun. A ce moment, c'est bien tous pour chacun, chacun pour tous. La vie économique, qui repose sur une différenciation commençante, se poursuivra par une différenciation progressive. Que deviendront, dans le progrès de cette différenciation, les rôles respectifs de la société et de l'individu ?
Pour Durkheim, qui ne veut faire intervenir le besoin logique ni dans la société ni dans l'individu, la différenciation sociale ne naît pas spontanément des différences individuelles. Ces différences sont « peu de chose » , d'ailleurs ; « ce n'est qu'un germe à peine distinct » '-. Pour qu'elles soient utili-