‹ La synthèse en histoireChapitre 138 sur 224 · Art. cité, p. SSg · texte numérisé non relu

Art. cité, p. SSg

s'obstine vainement à juger transitoire et, somme toute,, insignifiant, et destiné à ne pas laisser de trace profonde'. » Quoi qu'en dise Tarde, on peut soutenir que c'est d'aprèsson « intermental » qu'il a conçu 1' « intramental ». Il n'attache aucune importance aux similitudes spontanées qui peuvent exister entre les individus. Il ne distingue pas, d'autre part, l'acceptation réfléchie d'une initiative étrangère, la collaboration rationnelle, de l'imitation véritable — par admiration, intimidation, suggestion — dont nous avons parlé précédemment". En somme, il est parti du dehors ; il ne s'est pas placé au cœur de la pensée ; il ne s'est pas inquiété de la formation des idées: il ne les a pas vu naître, dans l'individu, au contact de la réalité, dans les divers individus, au contact des mêmes réalités. Il n'a pas établi de rapport intime entre la raison et les données qu'elle harmonise mécaniquement. Dans l'individu, comme dans la société, c'est le hasard qui est « fournisseur de la Raison" ».

Ni Cournot ni Tarde ne sont remontés aux sources internes de la logique. Chez ces grands esprits, à la philosophie idéaliste de l'histoire a succédé une psychologie historique trop constructive encore et trop extérieure. Il faut que l'idéalisme

Page 1