ERUDITION, PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE ET SYNTHESE
Ils se contentent de montrer en quelques pages « ce qui a empêché d'atteindre une solution scientifique » en histoire'. M. Bernheim, au contraire, dans le chapitre considérable qu'il consacre à la synthèse, fait une place à la philosophie de riiistoire^
Nous croyons que le travail des érudits aboutit normalement à des problèmes — qu'on ne saurait écarter. Nous croyons que ces problèmes relèvent essentiellement de la synthèse. Nous croyons qu'il faut distinguer des opérations constructives la synthèse véritable, ou, pour rendre plus exactement notre pensée, qu'il faut distinguer une synthèse érudite et une synthèse proprement scientifique. Et nous croyons, enfin, qu'il faut distinguer avec non moins de rigueur cette synthèse scientifique de la philosophie de l'histoire, — celle-ci étant contestable et celle-là légitime.
Marquer nettement les deux degrés de la synthèse ; préciser les problèmes de la synthèse scientifique et opposer cette synthèse à la philosophie de l'histoire : voilà les aspects divers de la tâche que nous nous sommes assignée. Pour conclure, nous essayerons de résoudre une question qui sortira de notre travail. Après avoir cherché quelles raisons profondes maintiennent vivantes des formes de l'histoire qui n'ont rien de scientifique, nous nous demanderons de quelle façon paraissent devoir les affecter les progrès de la synthèse, — en un mot, quels seront, dans l'avenir, les modes divers de l'histoire.
pp. 182 et suiv.), distinguent deux sortes de synthèses, la reconstitution des ensembles et l'établissement des faits généraux; et ils les distinguent toutes deux de la recherche des causes générales ou des lois à laquelle ils appliquent le vieux mot de philosophie de l'histoire (pp. i34, 1^2).