‹ La synthèse en histoireChapitre 142 sur 224 · ACTION DE LA RAISON · texte numérisé non relu

ACTION DE LA RAISON

OU moins fondée sur des connaissances positives. Or, cette efficacité peut être, doit être précisée ; et c'est là, dans la synthèse, une recherche qui importe.

On n'a, en général, traité jusqu'ici ces questions d'influences que par à peu près et sur des vraisemblances. Or, l'étude de la transmission des idées et celle de la réalisation des idées doivent être menées toutes deux de la même façon — prudente et méthodique. — Jusqu'ici, dans la généalogie des idées, non seulement on ne faisait pas toujours la part des éléments extra-logiques ou de la poussée sociale*, mais on établissait la filiation intellectuelle d'après des données très décevantes. « Je trouve, dit un penseur qui s'est intéressé à cette question, le principe de la tolérance religieuse dans Castellion, puis chez Michel de l'Hôpital, chez Bodin, chez Bayle, chez les Encyclopédistes et en dernier lieu dans la Déclaration des droits de l'homme. Ai-je ledroit derelierces documents par le fil de la logique, d'imaginer que la fameuse torche du poète a circulé de main en main parmi ces auteurs et que la Constituante, enfin, s'est faite l'exécuteur testamentaire du premier, par l'intermédiaire de tous les autres? » « Une idée n'est pas la même en des esprits différents, fùt-elle énoncée dans les mêmes termes : la séparer de l'esprit qui la porte, c'est la fausser- », va jusqu'à dire cet auteur, et il y a là quelque exagération ; mais il est incontestable que l'étude des idées et de leur cheminement est d'une extrême difficulté. Même quand on a établi une relation directe entre des œuvres ou des pensées, il reste à savoir quelle est la nature et la mesure de l'influence exercée^. Mais, après tout, il faut reconnaître qu'il importe moins de préciser rigoureusement l'origine de chaque idée, de doser la participation de chaque penseur avec une rigueur absolue, que de fixer

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