‹ La synthèse en histoireChapitre 143 sur 224 · Millioud, art. cité, fé\T. 1908, p · texte numérisé non relu

Millioud, art. cité, fé\T. 1908, p

3. ^ oir. L. Febvre, Une question d'influence : Proudhon et le syndicalisme contemporain, in Rev. de Synth, hist., ocl. iy09, t. XIX, p. i85.

en gros la généalogie des idées et de faire ressortir ce qu'il y a d'autonome dans leur génération.

Bien délicat également est le problème qui consiste à déterminer leur influence extérieure. De ce qu'un novateur exprime des idées et que ces idées se trouvent ultérieurement réalisées, on ne saurait conclure a priori, ou sur des indices grossiers, qu'elles ont agi. Pour prouver qu'elles sont un levain, plus ou moins puissant, il faut suivre leur destinée ; il faut connaître les agents de transmission qui les répandent, les couches successives où elles s'infiltrent, les chemins par lesquels elles gagnent les masses.

Théoriquement, du reste, il y a deux cas très différents à distinguer. Tantôt les idées coïncident avec le pouvoir ou sont adoptées par le pouvoir, et elles se réalisent aisément, mais d'une façon plus ou moins superficielle : il y a donc lieu d'examiner jusqu'à quel point la société les assimile. Tantôt elles se difl'usent, elles entrent dans la circulation de telle partie du corps social, du corps social tout entier ; et leur action profonde, intimement combinée avec celle d'autres éléments de transformation sociale, peut être prouvée, appréciée approximativement, — plutôt sans doute qu'exactement mesurée'. « L'influence de la littérature sur la Révolution ne sera tant mal que bien perceptible que lorsqu'on aura observé patiemment de 1715, et même de 1680 à 1789, les échanges multiples qui se sont faits, sans interruption entre la littérature et la vie. Si la littérature a agi, ce n'est pas comme un bloc, ni sur le bloc des faits, c'est par une infinité de sollicitations sur une infinité d'âmes individuelles pendant plus d'un siècle, de telle sorte qu'à la fin, en 1789, un siècle de la littérature était infiltré, déposé à des étages divers en quantités diverses dans la conscience collective de la nation française, et se retrouvait dans sa manière de réagir aux faits ^. »

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