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Il peut y avoir concours des deux actions

2. G. Lanson, La méthode de l'hist. littéraire, in Bev. du mois, oct.

LA « VALEUa » EN HISTOIRE 22 1

C'est par la méthode expérimentale, par l'induction patiente qu'il doit apparaître si vraiment la logique consciente travaille et repétrit la société, si et comment la science fmit par transformer la vie. La synthèse a à étudier le nœud de la connaissance et de l'action dans l'histoire, et par là même elle étudie le problème de sa propre utilité pratique.

c) Si le rôle de la logique et celui de la pensée ont l'importance que nous supposons, — et il y a là, dans la synthèse, une question essentielle à résoudre, — on voit comment une définition de la civilisation et du progrès véritable en découle.

Le mot de civilisation est un de ces termes qu'on emploie constamment, sans toujours éprouver le besoin d'en préciser le concept ; et de même l'opposition courante des civilisés et des non civilisés n'implique pas que l'on ait une idée bien nette de Tessence de la civilisation'. La notion usuelle

1910, p. l\02. « La bibliograpliie des éditions et reimpressions fait apparaître la circulation d'un livre : on la saisit au point de départ chez le libraire. Les catalogues des bibliothèques privées, les inventaires après décès, les catalogues de cabinets de lecture, nous la montrent aux points d'arrivée : on voit quelles personnes, au moins quelles classes et quelles régions le livre a touchées dans sa diffusion. Enfin les comptes rendus de la presse, les correspondances particulières, les journaux intimes, parfois des annotations de lecteurs, parfois des débats législatifs, des polémiques de presse, ou des affaires judiciaires, apportent des renseignements sur la manière dont le livre a été lu, et sur les dépôts qu'il a laissés dans les esprits. « Ibid.. p. 4oo. — Sur la question de l'influence de la littérature dans la Révolution, voir H. Sée, Les idées philosophiques du xviiie siècle et la littérature pré révolutionnaire , in Rev. de Synth, hist., oct. et déc. 1908, t. VII, pp. 178 et 278 ; dans un autre sens, P. Lacombe, Une expérience sur l'influence des idées, in Kev. de Met. et de Mor., juillet igio, p. /i58. Sur l'hist. des idées, en général, voir une note de F. Simiand dans les Notes critiques, juillet igoS, p. igS, discutée par nous dans l'art, cité sur le problème des idées dans la synthèse historique. p. i/t7, et des remarques de G. Weulersse, dans la Reo. de Synth, hist.. fév. 191 1, De l'application de la mélh. hist. à l'hist. des doctrines économiques, not. pp. 17-23.

I. Le mot français de civilisation a un sens à la fois plus général et plus fixe que le mot allemand de Kultur. La Kulturgeschichte a été prise

de civilisation enferme, à coup sûr, des éléments divers et disparates'. Il est difficile de déterminer la valeur absolue de ces éléments, et, parmi les historiens ou les penseurs, ceux qui s'y sont essayés ne sont pas toujours tombés d'accord. Certains théoriciens de l'histoire, des Allemands surtout, font précisément de l'histoire l'étude des diverses valeurs humaines considérées en leur évolution: mais cette évolution, selon eux, devrait être appréciée du point de vue de la morale; et ils voient, par conséquent, dans la morale, la valeur par excellence de l'histoire. Or, c'est là une solution philosophique, imposée à l'histoire et non tirée de l'histoire expérimentalement ^

quelquefois dans un sens restreint qui en faisait à peu près l'équivalent de la Volkskimde ou Folk-lore. Le plus souvent, sous l'influence des philosophes idéalistes, la Kulturgeschichle a été opposée à l'histoire politique et a désigné particulièrement l'étude des éléments spirituels de l'histoire. Parce que la civihsation, pour les Français, est l'ensemble des cléments progressifs de l'histoire, certains Allemands leur ont reproché de ne pas mettre assez l'accent sur la vie de l'esprit. Cependant, il y a tendance, à l'heure présente, en Allemagne, à entendre par Kulturgeschichle l'histoire intégrale (Gesamtgeschichle). — Voir, sur l'histoire du mot et du concept de Kullur, Eucken, Les grands courants de la pensée cont., pp. 296 et suiv. ; sur la Kulturgeschichle : Bernheim, Lehrbuch, pp. 53-66; Gh. Andler, Nietzsche et Jacob Burckhardt, Leur philosophie de l'histoire, in Rev. de Synth, hist., avril 1909, t. XVIII, pp. 136-187; ^^ • Groetz, Geschichte und Kulturgeschicide, in Archiv fur Kulturgeschichle , mars 1910, t. VIII, I ; ma note, à propos d'un discours de rectorat de Lamprecht, Rev. de Synth, hist., oct. 1910, t. XXI, pp. laS et suiv.

1. Dans la civilisation, au sens vague, toute évolution n'est pas véritablement progressive. « L'évolution implique une filiation et une direction des changements. Elle ne préjuge ni la valeur de ces changements, ni la qualité de leur direction. « Voir, dans une discussion de la Soc. de Sociol. de Paris sur l'évolution et le progrès, une communication de P. Grimanelli (/îeu. int. de Soc, déc. 1910).

2. « L'histoire comme science, c'est-à-dire comme science de la culture, n'est... possible qu'en tant qu'il existe des valeurs ayant une portée générale et qui nous fournissent la raison du choix et de la synthèse des faits. Mais c'est la morale qui forme la science philosophique des valeurs générales et c'est ainsi que, comme l'avait déjà reconnu Schleiermacher, la morale constitue la théorie de la connaissance de l'histoire. » W. Windelband, La science et l'histoire devant la logique contemporaine, in Rev.

Acceptons ce mot de valeur. Il est à la mode, et il est heureux. Il traduit en histoire — comme dans la philosophie, en général, — une préoccupation d'intériorité, pour ainsi dire. Il y a là une renaissance de l'idéalisme, sous une forme relativement neuve, — qui fait ressortir l'unité des manifestations les plus subjectives et des manifestations les plus objectivées de la conscience, qui peut faire ressortir l'unité des manifestations les plus humbles et des manifestations les plus hautes de la vie'. Les valeurs sont toutes relatives à la vie, et toute vie a ses valeurs : la volonté de vivre, pour parler le langage nietzschéen, est une volonté de valeurs ^

Parmi les valeurs humaines, les nombreux théoriciens de la valeur se sont attachés à établir des distinctions et des

lie Synlli. hist., oct. 190A, t. IX, p. 187. Voir Xénopol, La notion de la « valeur » en histoire, ibid., oct. 1906, t. XI, pp. 129 et suiv. — J'ai publié dans la Rec. de Synth, hist diverses études sur des théoriciens allemands de l'histoire qui seront reprises et développées dans le second volume de cet ouvrage. Voir Préface, p. ix, n. i.

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