‹ La synthèse en histoireChapitre 154 sur 224 · Mai 1902, p. 353; sept. 1902, p · texte numérisé non relu

Mai 1902, p. 353; sept. 1902, p

2. Ibid. — Pour d'autres théories qui font à l'art une place plus ou moins grande, voir P. Hermant, La théorie de l'histoire dans les Uniuersités hollandaises (J. Hulzinga, Th. Bussemaker) et Un théoricien hollandais de l'histoire: M. G. Heyinans, in Reu. de Synth, hist., juin et oct. 190O, t. XII, p. 334, et XIII, p. 2^0; H. Berr, Un débat entre sociologues et historiens aux États-Unis, ibid., avril igo^-

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que génération pensante ajoutera son progrès propre aux progrès de la pensée, avec d'autant plus de liberté qu'elle en aura été chercher, dans des siècles plus reculés, des causes plus essentielles et de plus durables élans \ » Nous voyons ici nettement formulée la préoccupation qui, plus ou moins consciente, anime les historiens intuitifs.

L'histoire semble ne pas pouvoir être une connaissance comme les autres. Parmi les difficultés qu'elle trouve à se constituer en science, une des plus graves c'est qu'elle a peine à se déprendre de la pratique. La distinction de la théorie et de l'application, qui s'est faite aisément en d'autres domaines, est singulièrement dillicile à maintenir dans celui-ci. Aux historiens intuitifs la tentative apparaît comme chimérique. L'histoire a commencé par être de la vie ; la vie, c'est l'histoire qui se continue : dans la réalité, le passé et le présent sont indissolubles. Aussi l'homme ne comprend bien son présent que par son passé, son passé que d'après son présent. L'intérêt qu'il porte à l'histoire naît de l'intérêt qu'il se porte à lui-même. La tâche de l'historien est de nouer plus étroitement le présent au passé, l'avenir au présent : il doit vivre largement de la vie de son temps, et il ne ressuscite le passé à la chaleur de la vie présente que pour en rendre le présent plus fécond et mieux préparer l'avenir-.

(( Souvenez-vous ! » Cette recommandation « est le viatique, la loi dévie des nations, toute la raison d'être de leur histoire et tout l'enseignement qu'en puisse retirer l'historien pour ses concitoyens » , disait Albert Sorel à la suite de paroles que nous avons précédemment citées. Et Droysen commente ainsi ce dicton de Goethe, Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le pour le posséder : « Quelque élevée que soit la situation du

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