‹ La synthèse en histoireChapitre 155 sur 224 · Wilbois, art. cité, mai 1902, pp. 3^3, 34/i · texte numérisé non relu

Wilbois, art. cité, mai 1902, pp. 3^3, 34/i

2. Par ce « mélange » de l'histoire et de l'historien, dont a parlé Michelet, des valeurs de toutes sortes se trouvent introduites, plus ou moins arbitrairement, dans l'histoire. — Voir sur l'histoire comme « mémoire affective », F. Paulhan, Sur la mémoire affective, in Rev. Phil., janv. 1903, pp. 67 et suiv.

siècle et du peuple dont la naissance nous a faits des individus, quelle que soit la richesse de l'héritage qui nous échoit sans autre formalité, nous le possédons comme si nous ne le possédions pas, aussi longtemps que nous ne l'avons pas acquis par un travail personnel, ni reconnu pour ce qu'il est, pour le fruit du travail incessant de ceux qui ont été avant nous. Avoir retravaillé, avoir revécu en esprit conformément à la pensée, comme une continuité, ce qui a été élaboré dans l'histoire des temps, des peuples, de l'humanité, cela s'appelle culture'.... » Et Yillari encore, dans le travail dont nous avons déjà parlé, exprime, en d'autres termes, la même idée : « ... Toute l'histoire universelle nous apparaît comme notre monde propre, comme notre propriété intellectuelle : aucune de ses parties n'est étrangère à notre esprit. Qui n'a pas la faculté de se transporter dans le passé, ne peut rien entendre à l'histoire. En accomplissant ce voyage intellectuel, nous acquérons une nouvelle conscience de notre être propre, nous avons comme une plus profonde révélation de

nous-mêmes Le poète nous révèle les multiples éléments

idéaux de notre nature, l'historien nous révèle tous les éléments réels, dont notre esprit s'est vraiment formé peu à peu, à travers les siècles-. »

Ces déclarations sont particulièrement instructives parce qu'elles émanent d'historiens professionnels. Les vues des purs théoriciens ont moins de valeur. Pourtant, il est intéressant de constater que le sentiment d'une force intime qui pousse la vie en avant, la crainte de méconnaître la spontanéité créatrice, sont si vifs chez certains penseurs qu'ils vont jusqu'à leur rendre l'histoire suspecte et à leur en faire apparaître l'utilité comme restreinte. Un curieux esprit, à qui nous avons déjà emprunté quelques lignes, soutient que, de toutes parts, des sciences et de la vie, en particulier de la

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