‹ La synthèse en histoireChapitre 40 sur 224 · I. Ribot, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Ribot, op. cit., p

a. W. James, Psycholoijy ([8go), t. II, p. 6~i ; cilé par Ribot, ib'uL

LES ARTICULATIONS DE LA SYNTHESE Sr.IE.NTIFIQLE OO

produira pas identiquement et, par conséquent, le rapport de cause à effet n'apprend, ici, rien d'utile. Mais le fait contingent, s'il n'a pas une cause instructive, peut être une cause importante : s'il est, pour ainsi dire, sans passé, il n'est pas nécessairement sans avenir. Ce n'est que comme insîgnifiantqvion l'évincé de la plupart des sciences: encore est-il à la base même des lois, ou de presque toutes les lois. Or l'obstination des historiens à s'occuper des faits contingents témoigne du rùle important que joue la contingence parmi les faits humains. Les savants qui, là comme ailleurs, ne veulent voir que des lois, rendent un service tactique, en quelque sorte, à l'étude des faits humains en refoulant la contingence, — dont les autres exagèrent peut-être le rôle. Mais ce rôle reste à préciser.

Et c'est en cela que consiste le problème relatif à la contingence. Recueillir les faits contingents n'a rien à voir avec la science ; mais chercher quelle action exerce la contingence, dans quel rapport elle est avec les autres genres de causes, voilà qui est scientifique.

Par suite de la nature des choses, la causalité apparaît ici avec une complexité particulière, — dont l'étude peut être profitable à Tintelligence de la causalité universelle. Là est le caractère propre de la vraie science, en histoire, — de comporter, pour l'explication intégrale, la recherche de causalités diverses et du rapport que soutiennent entre elles ces causalités. Du discernement de ces causalités diverses résulte l'articulation naturelle, organique, de la synthèse historique. Dans le rapport de ces causalités consiste le problème capital delà synthèse historique. Faits continfjents, lois, raisons; rapports de la contingence, de la nécessité et de la logique : ces quelques mots ramènent l'histoire à ses éléments simples, illuminent le travail de l'historien qui veut faire œuvre de science.

Nous croyons que par cette façon de poser le problème historique, d'articuler la synthèse, les théories les plus op-

posées des philosophes et des logiciens vont se trouver justifiées, réconciliées, coordonnées'. On le verra dans les pages suivantes, mais sommairement. Ce n'est pas la théorie détaillée de la synthèse historique que nous faisons pour le moment, — il ne faut pas l'oublier : ce sont les grandes lignes de cette théorie que nous tentons de préciser.

I. Nous croyons, en particulier, recueillir et coordonner ici ce qu'il y a de meilleur et de complémentaire dans la pensée de quelques Français éminents : Taine, Gournot, Tarde, Lacombe, Durklieim.

Il convient, dans l'étude de la contingence, de distinguer le fait fortuit ou de hasard, opposé aux liaisons nécessaires de phénomènes, de l'accident qui individualise les groupements de phénomènes, et qui s'oppose à l'essence. Ce chapitre aura donc deux parties, consacrées, l'une au hasard, l'autre à V individualité.

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