‹ La synthèse en histoireChapitre 43 sur 224 · Laplace, Essai philosophique sur h'S probabilités (i8i · texte numérisé non relu

Laplace, Essai philosophique sur h'S probabilités (i8i

2. Les déesses Tj/t), Fortuna ne sont pas tout à fait mortes.

3. Rev. des Deux Mondes, art. cité, et Calcul des Probabilités, pp. vi-l,

sance % et qu'on ne pourra jamais qu'approximer par le calcul des probabilités, mais qui à leur façon obéissent à des lois'.

Or, on se leurre, nous semble-t-il, lorsqu'on chercheà donner au hasard quelque objectivité par la considération du calcul des probabilités, lorsqu'on s'imagine soumettre à des lois le hasard, en tant que hasard. Il faut voir un paradoxe — pour n'y pas voir de l'illogisme — dans cette thèse de J. Bertrand : « Le hasard..., pour conduire les faits de nature à une fin assurée et précise,... est, au milieu des agitations et des variétés infinies, le meilleur et le plus simple des mécanismes. Les vapeurs s'élèvent, les vésicules se forment, les nuées s'épaississent, les vents les dispersent, les mêlent, les entrechoquent, engendrent la tempête et la pluie ; le Hasard conduit tout sans surveillance ni délibération aucune, et précisément parce qu'il est aveugle, il remplit le lit de tous les fleuves, arrose toutes les campagnes et donne à chaque brin d'herbe sa ration nécessaire de gouttes d'eau ^. » Quel' «empreinte du hasard » sur les phénomènes se trouvât être l'ordre, voilà qui serait singulièrement déconcertant. En réalité, c'est parce qu'il y a du général, dessimiUtudes, des lois dans

1. Art. cité, p. 259, H. Poincaré dit: « Une cause très petite, qui nous éctiappe, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dv> au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers à l'instant initial, nous pourrions prédire exactement la situation de ce même univers à un instant ultérieur. Mais, lors même que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions connaître la situation initiale qu'approximativement. Si cela nous permet de prévoir la situation ultérieure avec la même approximation, c'est tout ce qii'il nous faut, nous disons que le phénomène a été prévu, qu'il est régi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que de petites différences dans les conditions initiales en engendrent de très grandes dans les phénomènes finaux ; une petite erreur sur les premières produirait une erreur énorme sur les derniers. La prédiction devient impossible et nous avons le phénomène fortuit. » Dans ce passage, qui nous paraît un peu équivoque, il ne s'agit,, au fond, que d'une impossibilité prah'^ue de prévision.

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