‹ La synthèse en histoireChapitre 5 sur 224 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Revae de Synthèse historique. Qu'elle répondît à un besoin, c'est ce qu'a prouvé l'accueil qui lui a été fait; qu'elle ait exercé quelque action, j'ai cru pouvoir le constater en établissant le bilan de ses dix premières années Ml n'est pas contestable, dans tous les cas, quel qu'ait pu être son rôle dans ce mouvement, qu'une tendance à la synthèse s'est manifestée parmi les historiens qui pensent. En France et à l'étranger, en Allemagne surtout, il s'est produit des discussions importantes, que la Revue a enregistrées, quand elle ne les a pas soulevées elle-même. Mais delà synthèse bien des historiens se font une idée étriquée et inadéquate, tandis que d'autres s'en font une idée encore vague ou fantaisiste. Ce que je voudrais, dans le présent ouvrage, c'est mettre à profit le travail des dix années récentes, coordonner les acquisitions positives qui sont dues à des théoriciens divers, condenser la doctrine diffuse dans la Revue de Synthèse historique, donner à l'histoire, si c'était possible, le statut dont elle a besoin.

Une première rédaction de ce livre, qui ne m'a point satisfait (je ne veux pas dire que celle-ci me donne entière satisfaction), était terminée en 1906. Elle contenait, dans un chapitre central, l'exposé et la discussion du mouvement théorique allemand. J'opposais ce mouvement qui, à le considérer dans son ensemble, me paraît avoir un caractère beaucoup trop philosophique encore, à notre préoccupation de synthèse véritablement scientifique. Bien entendu, je ne crois pas à des différences nationales irréductibles en ce qui con-

Page 1